Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Les Ambassadeurs du Mali : chanter la fraternité contre les armes [Chantier Sud-Nord]

20 novembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Invités par le Théâtre du Versant et la Scène Nationale Sud Aquitain, les chanteurs et musiciens maliens des Ambassadeurs seront samedi soir à Quintaou Anglet, au moment où, dans leur pays, la capitale est secouée par une prise d’otages d’Al Qaeda.

Le timing est assez épouvantable mais également riche de sens dans le même temps : ce samedi soir, le groupe malien des Ambassadeurs, rassemblant entre autres Salif Keïta, Ousmane Kouyaté, Cheick Tidiane Seck et Amadou Bagayoko, sera en concert samedi soir à Quintaou, alors que, dans leur pays, des forces d’assaut maliennes et françaises entourent l’hôtel Radisson de Bamako ce vendredi, où se déroule une prise d’otages d’Al Qaeda.

Ousmane-Kouyate

Ousmane Kouyate

La collision des dates et les peurs échangées entre Paris et la capitale malienne renvoie donc à une convergence des sociétés, dont la peur est combattue par la culture, sans que cela n’ait jamais rien à voir avec de la superficialité.

Invités dans le cadre du 7ème colloque international Chantier Nord-Sud de Biarritz porté par le Théâtre du Versant, l’événement déborde sur Anglet et la salle Quintaou et ira donc cette année au-delà de son ambition de « sensibiliser, échanger, apprendre, ouvrir des horizons autour de la diversité culturelle, de sa réalité, de sa prégnance dans notre vie quotidienne et de sa reconnaissance ».

mali-versant-2Il y a deux ans de cela, le metteur en scène Adama Traoré, le poète Ibrahima Aya et Ibrahima Kampo, chef du village de Konna, étaient venus expliquer leurs combats quotidiens pour vaincre la peur des islamistes armés venus dévaster leurs villages et considérer la culture comme contraire à la charia imposée par violence.

Il avait été possible d’entendre qu’il faudrait « enjamber la tragédie, parce que la fin des fins, c’est que l’être humain soit, ou redevienne, un être intégral ». Cet avenir désiré s’inscrivait dans une altérité sincère : cette année, elle sera marquée par une colère et une peine indifférenciables.

Dès la samedi à 17h au Chapiteau spectacle de Baroja d’Anglet, un conte joué à la kora (Le fromager, par le Togolais Kodjo Roger Atikpo) évoquera « les petits feux » qui nourrissent et réchauffent, et le soir, ils rentreront sur scène avec leurs instruments de là-bas, pour enchanter ici.

les-ambassadeursPuis le soir, pour ce concert organisé par la Scène Nationale du Sud Aquitain, prendront place les Ambassadeurs, du nom de cette formation regroupant les plus grands noms actuels d’un blues malien qui a gagné ses lettres de noblesse depuis plusieurs décennies, dans le sillage notamment du chanteur et musicien Salif Keita, qui l’a initié à la fin des années 70.

Dans la chanson Mandjou qui le rendit alors célèbre, il exhortait les maux de son pays à s’effacer devant sa prière.

Mon espoir est avec toi
Le temps de pleurer n’est pas encore venu, Mandjou
Qu’Allah récompense Mandjou avec de l’or
Tout le monde croit en toi
Mandjou, la vérité est source de fierté.

salif-ambassadeur

Salif Keita

Les musiciens qui l’entourent ont ensemble posé les bases d’une fusion entre musique africaine et production occidentale, donnant naissance à l’un des actes de naissance majeurs de la world music propre à l’époque.

Aux premières odes à la dignité et à la résistance dans les combats difficiles menés par les immigrés africains pour s’insérer, socialement, économiquement et politiquement en France et en Occident, se sont rajoutées des témoignages de douleurs et de peurs, dont l’éloquence a désormais franchi les limites d’une simple écoute musicale.

Cheick Tidiane

La France et l’Afrique ne font pas que combattre ensemble, pour des raisons que l’on nous explique historiques (et pas économiques) : ce que la culture a entrepris, grâce cette généreuse idée du colloque Sud-Nord, c’est cette phrase, « mon espoir est avec toi », que l’on peut chanter une main (noire ou blanche) sur un même emplacement du corps, près du coeur, les yeux refusant de se baisser dans une détermination fraternelle.


logo SNSAPlus de renseignements sur le site de la Scène Nationale Sud Aquitain


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.