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Les Beaux Jours #2 de Biarritz ont trouvé leur formule gagnante, et son public

20 avril 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Du 12 au 16 avril dernier, la 2ème édition du festival a accueilli 2.450 spectateurs, un pari gagné également sur sa programmation éclectique : petit passage en revue des Beaux Jours, Biarritz annonçant déjà une 3ème édition du 15 au 22 avril 2018.

La seconde édition du Festival des Beaux Jours de Biarritz a brillamment tourné la page de l’hiver et ouvert le chapitre du printemps. par un florilège de partitions et métissages acoustiques, par cinq récitals dans un quatuor de salles hôtesses d’artistes du monde entier : du 12 au 16 avril 2017, de la Gare du Midi au Fronton Plaza Berri en passant par le Casino et l’Eglise Sainte-Eugénie, un large public a massivement souscrit à la belle saison de ces rencontres orchestrées par son directeur Thomas Valverde.

Pianistes de renom au moins autant que Bayonnaises, les soeurs Katia et Marielle Labeque ont inauguré le festival à la Gare du Midi avec leur nouveau spectacle, Love Stories, le duo interprétant en première partie le West Side Story de Berstein, par une orchestration électrisante sans voix et accompagnée de percussions, hommage urbain et contemporain rendu à la version new-yorkaise de Roméo et Juliette.

Pour Fanny Coulmance, en duo presse ce soir-là pour Eklektika, ce fut un moment de parfaite harmonie entre leurs deux pianos accompagnant une chorégraphie pour 7 break-danseurs signée Yaman Okur, et racontant l’histoire condensée des amants de Vérone, Roméo et Juliette.

Le choix de la danse hip hop et break dance trouve naturellement sa place pour les affrontements battle entre les bandes Capulet et Montaigu : sur des moments de performance intenses et spectaculaires, surgit clairement l’authenticité d’interprétation des danseurs pour revisiter le classique shakespearien, pour une démarche osée et assumée, à saluer tant sur le plan musical que chorégraphique.

La présence humble et discrète des deux soeurs pianistes, accompagnant les danses dans des tableaux tourbillonnant par une richesse et une générosité musicale sans faille, acheva de partager avec le public le plaisir pris par tous sur et devant la scène.

Devant une salle pleine, Katia et Marielle ont prolongé la soirée en offrant une longue séance de dédicaces à un public ravi de pouvoir échanger quelques paroles avec les deux enfants du pays.

Après cette ouverture flamboyante, c’est à l’Amérique de débarquer sur la grande plage, avec l’arrivée du James Carter Organ Trio au Casino.

L’immense saxophoniste de Détroit vint accompagné de Gerald Gibbs à l’orgue et d’Alex White à la batterie, pour rendre hommage au répertoire de son musicien favori, Django Reinhardt.

Impeccable costume trois pièces sur scène, plein de malice et de mimiques espiègles, ce saxophoniste frustré de ne pouvoir jouer de la guitare (sic) s’est lancé avec ce trio dans une blue night soul et funky,  nourrie de dérapages contrôlés (ou non) et des rires d’une enfant amusée par les sons étranges qui sortent de cet instrument brillant.

Le public prend alors le temps du plaisir de la découverte d’un univers à l’image de son interprète, talentueux, moderne et original, en particulier dans les versions offertes de Diminishing ou Nuages.

Après que le vendredi ait offerte une standing ovation au contre-ténor Max Emanuel Cencic à l’église Sainte-Eugénie, pour ses airs de Mozart et Rossini dans une forte interprétation émotionnelle au côté du jeune pianiste Rhonan Khalil, le samedi pouvait laisser place à une balade imaginée sous le soleil du Mali.

Le Maître de la Kora, Ballaké Sissoko, et le Maitre du Violoncelle, Vincent Ségal, se sont avancés face au public avec quelques titres de leur album nommé aux victoires de la musique 2016, Musique de Nuit : enregistrée sur un toit de Bamako, cette conversation instrumentale tissée à quatre mains mêlant deux instruments traditionnels se révéla comme espéré un véritable chant universel, un hymne à la tendresse et un appel à la curiosité vers l’Autre.

Si une pluie d’étoile avait un son, cela serait certainement celui de la kora et de ses 21 cordes, aiguë et douce, portant en elle ses sonorités naturelles, aquatiques, terrestres et célestes, que le violoncelle accompagna d’une tonalité plus grave, éléments d’une magique alchimie nourrie de l’amitié depuis 2009 des deux comparses, répandant dans les esprits des musiques mandingues, baroques, jazz, gitanes.

Puis, le dimanche, il revint au guitariste prodige Thibault Cauvin et à l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque, sous la direction de Jonathan Respiengas, de donner les dernières notes de cette seconde édition.

Dans une salle habituellement réservée à la pelote basque, un savant dosage de musique baroque et classique vint rendre honneur à Vivaldi, avec, pour commencer, le Concerto pour orchestre alla rustica RV 151, puis le Concerto pour luth, cordes et basse continue en ré majeur RV93.

Le jeune Bordelais y apporte sa touche personnelle et moderne, embraya sur Mallorca y Cadiz d’ Isaak Albéniz en solo puis la Milonga del Aangel et Muerte del Angel d’Astor Piazzola, avant de terminer par le Concerto pour mandoline corde et basse continue en ut majeur de Vivaldi.

Les applaudissements qui s’en suivirent sonnèrent alors comme la confirmation que la 3ème édition, déjà prévue du 15 au 22 avril 2018, bénéficierait de l’impatience de festivaliers enfin conquis, après une première édition qui n’avait pas produit un tel élan : à Biarritz, les Beaux Jours sont bel et bien là, et devraient le rester pour longtemps.


 


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