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‘Les femmes et une nuit’ : occuper l’espace théâtral de la proposition féminine

11 février 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Jeudi 12 et vendredi 13 février, la pièce écrite par Faïza Kaddour est proposée à Bayonne, un conte léger pour un sujet grave, « tout ce qui me reste de ces femmes que j’ai rencontrées ».

« L’outil moderne de la contestation, c’est la proposition ». Une conclusion possible pour entretien d’une heure et demie avec Faïza Kaddour, cette franco-algérienne qui a apposé son nom sous la pièce de théâtre Les femmes et une nuit, qu’elle interprète jeudi et vendredi à Bayonne avec les autres comédiens de la compagnie « Tombés du Ciel ».

Le nom de cette troupe basée à Bordeaux n’aurait rien à voir spécifiquement avec son trajet à elle, autodidacte nourrie de réflexes, en particulier « celui de mettre le bazar en mouvement, de recevoir puis de redonner ».

frichti

‘Le Frichti de Fatou’

Depuis cette pièce qui l’a distinguée à partir de 2006, Le Frichti de Fatou, de sa tournée toujours en cours aux prix d’écriture qu’elle a reçus encore depuis, Faïza a déterminé « son » théâtre qui s’est imposé à elle.

Sa forme et son fond sont nés comme cela, avec lucidité mais sans revendiquer autre chose que son envie d’écrire « des contes d’aujourd’hui sur les femmes d’aujourd’hui ».

La couleur persiste avec sa nouvelle création, ce récit de trois prisonnières livrées à leur geôlier, elle garde ses mains plongées dans la terre hostile de leurs places dans notre société, et chez ses voisines méditerranéennes, où elle reste « la Française », traduire celle qui ne comprendrait pas bien les changements en cours.

Faiza-Kaddour-5Après bien des réactions entendues et des rencontres avec des femmes et des hommes de double nationalité sur Bordeaux, ce nouveau sujet lui est tombé entre les mains, sous forme d’une question, « Ça serait quoi, d’être libre ? » qu’elle a eu envie de travailler avec ses mots à elle, et avec la mise en scène de son fidèle comparse, Jean-François Toulouse.

Et elle a éprouvé la justesse de ses pressentiments en se rendant au Liban, en Algérie, et surtout en Tunisie, ce volcan qu’elle espérait, sans le savoir à l’avance.

« Ce pays est peut-être le vrai pays des droits de la femme », par cette capacité qu’elles auraient de mettre les problématiques privées sur la place publique, même rugissantes de la défaite de Ben Ali pendant le Printemps arabe.

« Elles sont allées voir les journalistes contre l’avis des hommes, pour tenter de faire bouger la conscience politique du pays », affirmant ensemble qu’elles ne pouvaient libérer leurs corps, leurs sexualités, sans retrouver une conscience propre comme réaction aux archétypes de barbaries ordinaires.

tunisieFaïza Kaddour s’interrompt, pour être sûre de ne pas être prise pour une illuminée ou une rêveuse.

« Tout ce qu’elles m’ont transmis comme témoignages, elles l’ont fait avec beaucoup d’humour, et d’énergie, en me racontant toutes les initiatives prises pour gagner l’espace public de la proposition », complète-t-elle.

L’écriture des « Femmes et une nuit » s’en est trouvée allégée, qu’elle a fait fleurir dans le jardin de ses « contes de Shéhérazade », ce socle littéraire qu’elle a dépoussiéré en en rappelant au besoin les scories douteuses oubliées.

« Il fallait de l’humour pour un sujet grave », continue-t-elle, elle qui ne « comprend pas forcément le théâtre poético-militant », mais attend juste que le rideau se lève.

Faiza-Kaddour-3« Je fais ce que je peux depuis là où je suis », c’est sa proposition à elle, humble et sincère, à l’évidence.

Cela ne garantit rien, même si elle a cru comprendre que les deux représentations à Bayonne avaient été prises d’assaut par les spectateurs, cela peut ne pas être suffisant.

Faïza Kaddour veut continuer à creuser la question de la liberté, son travail était pensé avant Daesh ou Boko Haram, elle frissonne.

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