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‘Les luminaires’, d’Eleanor Catton : porter fièrement les couleurs de la Nouvelle-Zélande

17 avril 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Lire des romans modernes amène parfois à chercher quelque chose d’autre. Et de choisir avec curiosité, le deuxième roman d’une neo-zélandaise Eleanor Catton dont le roman Les luminaires a reçu le très convoité Booker Prize.

L’histoire :

luminairesNouvelle-Zélande, 1866. En pleine ruée vers l’or, l’île voit débarquer sur ses côtes les ambitieux et les désespérés. Parmi eux, le jeune Britannique Walter Moody se retrouve à son insu au cœur d’une réunion secrète tenue dans son hôtel.
Là, douze hommes que tout oppose essaient d’élucider des faits étranges qui ont récemment agité la communauté : dans la même nuit, un riche chercheur d’or a disparu, une prostituée a tenté de mettre fin à ses jours et un pauvre ivrogne est mort chez lui en possession d’une immense fortune. Moody succombe alors à l’irrésistible attrait d’un mystère aux mille et un arcanes, aussi vertigineusement envoûtant qu’un ciel étoilé.

La fiction historique invite à la variation souhaitée.

Les périodes du passé sont revisitées et explorées en utilisant les instruments et les techniques littéraires du présent, habituellement avec une légère formalité de ton ou un style de narration qui donne au texte une qualité doucement archaïque et nous aide à ignorer que nous vivons dans un nouveau siècle.

Mais dans Les luminaires, Catton offre un type de fiction historique qui est en dehors de ce mode d’écriture.

Son roman n’est pas seulement situé au XIXe siècle : il semble être du XIXe siècle, ou aussi près que possible.

Il a la portée et la durée d’un roman de l’époque, et ses mystères centraux sont établis et explorés dans ce style.

Son narrateur glisse entre de nombreux personnages du roman, parfois avec une pause pour commenter directement sur l’action telle qu’elle se déroule à un rythme tranquille, alerter le lecteur sur un  détail négligé précédemment, présenter des excuses, ou faire une digression.

Des détails mineurs s’ajoutent aux fioritures du roman : chaque chapitre commence par un bref résumé de son contenu en italique ; les jurons sont pudiquement dissimulés par des points  de suspension (« Un vieux b….. comme Crosbie Wells, que pouvait-il avoir à offrir… même, disons le mot, à une femme laide, sans parler d’une beauté ?  »); les points d’exclamation sont tactiquement déployés à des moments de drame ou de surprise.

Où Emery Staines, abîmé dans ses pensées, doute de ses propres intentions, sa franchise naturelle ayant accepté sans peine le fait de son désir et le fait de ses délices, et jusqu’à la facilité avec laquelle il pourrait obtenir la jouissance de celle qui le charme.

Certains ont comparé la voix narrative de Catton  à celle de George Eliot ou Charles Dickens.

D’autres, peut-être plus particulièrement C.K. Stead, un des romanciers et des principaux critiques de la Nouvelle-Zélande, ont rejeté son travail comme un pastiche, une «imitation précoce» du réalisme littéraire victorien.

Il n’en est rien.

En tant que roman « policier », il porte fièrement ses couleurs, sans avoir peur de renverser les traditions et les conventions de son genre. Tout ceci en maintenant une conscience de soi ironique sur ses emprunts, mais sans être cynique.

Enfin, à certains moments, il peut être romantique, à la fois dans son contenu narratif et son attitude envers la tradition littéraire qu’il émule.

Quoi qu’il en soit, une fois l’excitation entourant le Booker Prize prête à s’estomper, les questions qui semblent désormais périphériques s’aligneront au centre.

À savoir que la Nouvelle-Zélande a besoin de s’ouvrir au monde, de rayonner et de faire connaître ses auteurs.

Eleanor-Catton-1


luminairesLes Luminaires, d’Eleanor Catton

Editions Buchet-Chastel

992 pages, 27 euros,
paru le 1er janvier 2015


 


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