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Les Tindersticks à Donostia : des retrouvailles malgré ce qui fut mieux, hier et ailleurs

18 avril 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Samedi dernier, dans le cadre de Donostia 2016, les Tindersticks ont fait le boulot de retrouvailles avec un public qui les a applaudis avec ferveur par le passé, avec plus de retenue cette fois-ci.

La venue des Anglais de Tindersticks samedi dernier à San Sebastian dans le cadre de Donostia 2016 méritait sans conteste possible les qualificatifs lus dans la presse locale du jour : ce sont bien des étoiles de la pop mélodique qui se sont avancées vers le Patio de l’espace d’art contemporain de la Tabakalera, aménagé pour l’occasion en salle de concert pour accueillir Stuart Staples et les autres membres du groupe.

Cinq bandes originales de films de Claire Denis et onze albums en 25 ans ont solidement installé la magnificence d’un univers ambient soul jazz porté par la voix de crooner de son leader, entre émotion et poésie constante.

Sorti en tout début d’année, leur dernier opus, Waiting Room, est guidé sans mauvaise surprise par cette même invitation de voyages magnétiques, parfois sombres, toujours élégants, sans qu’il soit tout de même possible de penser qu’il puisse s’agir là d’un album capable de rivaliser avec leur Hungry Saw en 2008, le Curtains de 1997 ou leur tout premier Tindersticks en 1995.

tindersticks-donostia-6Le nouveau morceau Second Chance en tête de playlist, l’entrée sur scène de Stuart Staples confirme deux craintes.

Dans les conditions scéniques de ce soir, entre pauvreté d’habillages lumière de la scène et une sonorisation qui a annoncé dès les premières notes qu’elle ne survivra à aucun accès de fièvre, l’interprétation des titres de Waiting Room sera à vivre « à plat », morceau après morceau.

L’absence de cordes classiques et de cuivres se rajoute à la problématique de cette salle où est impossible tout autre enveloppement que l’ensemble orgue-guitare-basse-batterie, à la recherche d’équilibres avec la voix tremolo et retenue du meilleur ambassadeur de Nottingham.

La deuxième crainte n’est pas là, Stuart Staples est au métier, sa voix n’a pas subi les attaques qu’ont subies ses épaules, portant carcasse alourdie et souvenirs de ces temps où la chemise était plus flamboyante et trouvait arrangement possible dans un impeccable costume trois pièces.

Non, ce qui se révèle en creux pendant le concert, c’est l’émotion intacte à l’écoute d’anciens titres comme She’s gone, My Oblivion ou Boobar, vous rappelant vos larmes d’émotions versées il y a peu, dans d’autres lieux : là, sur la scène de ce Patio, seule remonte l’évidence que ce qui fut intense et l’est toujours est infiniment plus savoureux et émouvant que les chansonnettes sans réelles envolées de ce dernier album Waiting Room.

tindersticks-donostia-3Il aurait fallu sans doute une mise en scène plus gloomy pour donner plus d’ampleur à cette mélancolie racée mais affaiblie des Tindersticks aujourd’hui.

Les retrouvailles avec le public de Donostia restèrent sages et polies, le groupe étant l’invité régulier du Victoria Eugenia de Donostia tout proche, comme en 2008 et 2012.

Ce théâtre à l’italienne leur convient infiniment mieux, quand peut s’exprimer la dimension tragique de toutes leurs compositions depuis leurs débuts.

Du risque pris de dévoiler des tripes torturées par l’angoisse de la fin de l’amour à ces univers de boxeurs refusant de quitter les cordes, ou encore de ceux-là qui avancent en sachant qu’un pas de plus pourrait être leur dernier.

une-tinder2Les potes de Stuart Staples auront cette ultime élégance d’accepter de jouer, , et de faire le job: lui s’avance pour le rappel, agrippe le micro, et entonne You’re wasting your time (« vous perdez votre temps »).

Foutu humour anglais.

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