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L’ode turque à la liberté de ‘Mustang’, et les sorties ciné du 24 juin

25 juin 2015 > > Soyez le premier à réagir !

La semaine du 24 juin dans les salles est une période stratégique dans le calendrier des exploitants, avec la Fête du Cinéma, du dimanche 28 juin au mercredi 1er juillet inclus.

4 euros la place sans passeport ni bracelet, pour terminer l’exploitation de films déjà sortis, ou lancer dans le bain des films plus fragiles.

Sorti la semaine passée, le film turc ‘Mustang‘, de la réalisatrice Deniz Gamze Ergüven, pourrait ne pas avoir besoin de ce coup de pouce, tant il semble bien parti pour être porté par un vif bouche à oreilles, absolument mérité.

Dans les livraisons fraîches de ce mercredi, Ubu Roi a placé deux films très différents, la détestation de ‘Une mère’ de Christine Carrière, et l’amour de ‘Une seconde mère’ de la brésilienne Anna Muylaert.

Un premier film italien, ‘Mezzanotte’, prend le pari de nous diriger vers un « homme blessé » qu’affectionnait Patrice Chéreau, tandis que le premier volet des ‘Mille et une nuits’ du Portugais Miguel Gomes adopte celui de nous plonger dans un récit libéré de toute contrainte, mais également de repères.

Une suggestion pour les cinéphiles : la programmation du nouveau Mad Max en version originale à L’Autre Cinéma de Bayonne n’est pas une histoire d’opportunité, mais bel et bien une ouverture à ne pas bouder.

sorties-24-juin-8Bonnes séances.


 

MUSTANG

sorties-24-juin-3Réalisé par B, avec Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Elit İşcan – 1h37 en VO – A L’Atalante de Bayonne.

C’est le début de l’été. Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.

Un premier film qui a impressionné à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes cette année, devenu le chouchou des exploitants du réseau Europa Cinémas, et qui a déjà la Palmette d’Or du film le plus acheté sur la planète cinéma.

sorties-24-juin-5La raison en tient autant à la détermination de ce « Virgin Suicides » turc, qu’aux promesses d’un cinéma de liberté qui fait indéniablement du bien.

L’histoire suit donc ces 5 soeurs, laissées à l’autorité de leur grand-mère et au bon vouloir intransigeant d’un oncle que l’on déteste dès la première scène. Dans un faux « Château de la pureté » qu’apprécierait le réalisateur mexicain Arturo Ripstein, la gageure de rendre intéressante la privation de liberté dont elles font l’objet.

Le système patriarcal décrit est un piège, dont la sortie semble devoir passer par une bague au doigt, ou une balle dans la tête.

sorties-24-juin-4Une dualité que le plus jeune personnage de Lale va transcender, pour apporter entre ces murs une nouvelle perception de la féminité.

L’entraide et l’ode à la scolarité, à même d’apporter le refuge contre les violences tues ne doivent rien au hasard, quand portées par la fougue de la jeunesse et la liberté.

‘Mustang’ regarde droit devant le soleil couchant et et dresse le portrait de ce qui est possible contre l’inacceptable. Les défauts d’un premier film sont vite oubliés, on ressort de ce film avec l’envie d’en parler autour de soi, et de surveiller également de notre côté les promesses d’avenirs meilleurs.


MEZZANOTTE

sorties-24-juin-6Réalisé par Sebastiano Riso, avec Pippo Delbono, Vincenzo Amato, Micaela Ramazzotti – 1h34 en VO – Au Royal de Biarritz.

Parce qu’il est différent, Davide, adolescent androgyne de 14 ans, est persécuté par son père. Il décide de quitter le foyer familial pour trouver refuge à la Villa Bellini, un parc de Catane. Ce parc est un monde en soi, habité par des marginalisés que la ville préfère ignorer. Au moment où son passé le rattrape, Davide va devoir prendre seul la décision la plus dure de sa vie, sans aucune échappatoire.

Un premier film qui s’inscrit dans la veine d’un cinéma malade de la normalité ambiance, quand le monde des déviants devient le refuge. Si son affiliation au cinéma de Chéreau et de Pasolini est revendiquée, l’identification par le spectateur n’entre pas facilement dans le projet d’un naturalisme d’oiseaux de nuit.


UNE MÈRE

sorties-24-juin-1Réalisé par Christine Carrière, avec Mathilde Seigner, Kacey Mottet Klein, Pierfrancesco Favino – 1h40 – Au Royal de Biarritz.

Marie vit seule avec son fils de 16 ans. Elle se bat pour rester debout, pour le sortir des mauvais coups dans lesquels il s’enfonce. Trop usée et contrariée pour vivre sa vie de femme, Marie est coincée entre son ex toujours amoureux et son adolescent irrécupérable. Entre eux, les mots passent de plus en plus mal, l’amour s’exprime de moins en moins bien.

Les cinéphiles ont toujours eu les yeux de Chimène pour le cinéma de Christine Carrière, depuis son premier Rosine (déjà avec Mathilde Seigner), le beau et poétique Qui plume la lune ?, ou la terrible adaptation de Darling.

Ses premiers critiques semblent quand même avoir un peu baissé les bras devant ce drame de la détestation, et une question simple, « c’est quoi, être mère ? », dont le vent de tendresse soufflerait difficilement sur un drame de trop caricatural.


UNE SECONDE MÈRE

sorties-24-juin-2Réalisé par Anna Muylaert, avec Regina Casé, Michel Joelsas, Camila Márdila – 1h52 en VO – A L’Atalante de Bayonne.

Depuis plusieurs années, Val travaille avec dévouement pour une famille aisée de Sao Paulo, devenant une seconde mère pour le fils. L’irruption de Jessica, sa fille qu’elle n’a pas pu élever, va bouleverser le quotidien tranquille de la maisonnée…

Parfaitement porté par la grande actrice brésilienne Régina Casé, voilà un film qui orne avec détermination les pages de couverture des meilleurs Gazettes de France et de Navarre. La faute à ce mélange tout de tendresse entre la maternité et les rapports de classes, très présents dans un pays émergeant comme le Brésil, pour une universalité qui touche au coeur.


LES MILLE ET UNE NUIT – L’INQUIET

sorties-24-juin-7Réalisé par Miguel Gomes, avec Crista Alfaiate, Adriano Luz, Rogerio Samora – 2h05 en VO – A L’Atalante de Bayonne.

Où Schéhérazade raconte les inquiétudes qui s’abattent sur le pays : « Ô Roi bienheureux…/…/ ». Et le jour venant à paraître, Schéhérazade se tait.

Même le pitch du nouveau film de Miguel « Taboo » Gomes est ennuyant, et aucun cinéphile qui a payé sa place au dernier Festival de Cannes pour voir la 1ère partie de ce tryptique n’est sorti de ce film foutraque avec l’impatience de le recommander à ses voisins.

Les tumultes cannois sont passés, la programmation de ce nouvel opus de l’un des extra-terrestres du cinéma européen est une forme d’engagement certain, cela serait bien qu’il pleuve vraiment beaucoup sur la côte basque pour lui donner une vraie chance, même à 4 euros.


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