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‘Madame Butterfly’ séduit Bilbao (et convie les spectateurs depuis Biarritz)

18 février 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Bilbao ouvre sa production de l’opéra du Madame Butterfly de Puccini aux curieux depuis Biarritz qui, dimanche, peuvent prendre un bus pour assister à la représentation à moitié prix.

L’ABAO, l’Association des Amis de l’Opéra de Bilbao, a présenté samedi 14 février une nouvelle production de Madame Butterfly, le célèbre opéra de Giacomo Puccini, marquée surtout par la présence de la soprano italienne Fiorenza Cedolins dans le rôle-titre, la mise-en-scène de Renzo Giacchieri et la chorégraphie de Hal Yamanouchi.

Donné pour la première fois à Milan le 17 février 1904, Madame Butterfly est devenu l’un des plus célèbres opéras de l’histoire. Avec sa musique teintée de sonorités japonisantes et ses somptueuses mélodies comme le duo d’amour (« Viene la sera »), l’air de Butterfly (« Un bel di vedremo ») ou celui de sa mort (« Con onor muore”), l’opéra figure dans le Top 10 des opéras les plus joués dans le monde.

L’argument :

affiche butterflyEn trois actes, le sixième opéra de Puccini rend avec lucidité et empathie le cheminement psychologique de la jeune geisha Cio-Cio San (“papillon” en japonais), aussi connue comme Madame Butterfly, tour à tour jeune fille innocente, femme passionnée, et amoureuse désespérée, abusée par un lâche impérialiste américain.

Après avoir épousé Cio-Cio San et lui avoir fait un enfant, l’officier de la marine B.F. Pinkerton repart aux États-Unis. Follement amoureuse de lui, Butterfly attend fidèlement son retour. Trois ans plus tard, Pinkerton revient enfin au Japon, accompagné par son épouse américaine, pour s’emmener l’enfant.

Poussée au suicide par le désespoir, Madame Butterfly se plante une lame dans la poitrine.

La production à l’affiche à Bilbao porte la signature de l’un des principaux protagonistes de l’opéra italien, Renzo Giacchieri, chargé de la mise en scène, des décors, des costumes et de l’éclairage.

butterfly-bilbao-5Sa superbe mise en scène minimaliste évite toute distraction et pousse le public à se concentrer pleinement sur la musique et le chant, les vrais et principaux protagonistes de cette production, alors que le style atemporel des décors renforce l’universalité de l’histoire tragique de Cio-Cio San.

En évitant une esthétique petite-bourgeoise rassurante et consolatrice, Renzo Giacchieri a voulu faire émerger les aspects plus intensément dramatiques de l’opéra, le sens de désolation d’une histoire d’amour unilatérale et d’une mort représentée dans toute sa nudité. Tout comme la partition de Puccini, la mise en scène de Giacchieri offre à la fragile Butterfly la dimension d’une héroïne de tragédie antique.

butterfly-bilbao-3Assurant l’assistance à la mise en scène, le chorégraphe japonais Hal Yamanouchi a familiarisé les acteurs avec le langage gestuel japonais et donné une authenticité impeccable à l’ambiance nippone, aussi bien du point de vue visuel que chorégraphique.

Madame Butterfly n’est pas seulement une histoire d’amour, mais aussi une tragédie d’amour entre Orient et Occident. “Puccini a vu l’essence des cultures japonaise et américaine. Le conflit, la façon dont les deux cultures se rencontrent est le thème de l’opéra”, a précisé Hal Yamanouchi.

butterfly-bilbao-1N’oublions pas que Puccini a contribué aussi à “inventer” l’Orient, à construire le système de représentation dans lequel l’Occident a enfermé l’Orient, soit cet “orientalisme” magistralement analysé par Edward W. Said.

Au lieu de représenter la réalité, Madame Butterfly de Puccini offre une image stéréotypée de l’Orient et des Orientaux. Son opéra rend populaire l’image(rie) de la femme orientale comme l’amante soumise et auto-sacrificielle de l’homme blanc.

Une image créée par l’Occident pour réaffirmer la supériorité sexuelle et raciale de l’homme blanc, la soumission de Cio-Cio San devenant à la fois la soumission de l’Orient à l’Occident et de la femme à l’homme.

Pour de nombreux spectateurs occidentaux, tellement enthousiasmés par l’opéra de Puccini, la beauté et la tragédie de Madame Butterfly se trouve dans le fait que la femme asiatique sacrifie tout et se donne finalement la mort pour son amant blanc cruel…

Une image(rie) stéréotypée qui n’est pas mise en question par l’actuelle production, ni mentionnée dans la brochure offerte au public.

butterfly-bilbao-8La réussite sur le plan esthétique s’est vue accompagnée d’une très belle distribution au niveau vocal et d’une excellente interprétation de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi sous la direction de Massimo Zanetti.

Avec une maîtrise du chant admirable, les chanteurs protagonistes ont rendu pleinement justice à leurs personnages.

On aura remarqué surtout la puissance vocale et dramatique de la soprano italienne Fiorenza Cedolins, qui a interprété avec brio les grands moments de bravoures et les nombreuses facettes psychologiques et vocales de Cio-Cio San.

butterfly-bilbao-9Le ténor Piero Pretti a livré une très bonne interprétation de Pinkerton, bien que le souvenir de Roberto Alagna et de son Werther d’anthologie le faisait briller plus difficilement. On aura remarqué aussi l’excellent Consul américain Sharpless incarné par le baryton Luis Cansino, ainsi que la Suzuki de Gemma Coma Alabert, qui est apparue tout à fait convaincante.


D’autres dates à Bilbao, et un départ organisé depuis Biarritz

Après sa première du samedi 14 février, l’opéra est encore à l’affiche le vendredi 20, le dimanche 22 et le lundi 23 février.

busPour la représentation du dimanche 22 février, un service de bus est prévu depuis Biarritz et tous les billets sont vendus à moitié prix à l’occasion du programme Opera Berri, conçu par l’ABAO pour attirer un nouveau public.

Tous les renseignements sur le site de l’ABAO

tarifs


 

 


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