Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

« Mademoiselle » de Park Chan-wook : splendeurs et vertiges, Prix (symbolique) du film post-Cannes à ne pas manquer

4 novembre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Personne n’attendait réellement Park Chan-wook, le réalisateur sud-coréen de Old Boy (Grand Prix à Cannes 2003) ou Thirst (2009), dans cette adaptation du roman noir Du bout des doigts de la Britannique Sarah Waters (publié en 2003) transposé ici en Corée, dans les années 30, en pleine occupation japonaise. Il suit l’histoire d’une riche Japonaise et de sa jeune servante coréenne, et, entre elles, un escroc se faisant passer pour un comte japonais, avec d’autres plans pour Hideko.

Tension sexuelle, petits secrets et trahisons : l’intrigue porte la patte de ce sens de la perversité qui fait de Park Chan-wook l’un des plus grands réalisateurs actuels au monde, mais la beauté qui irrigue Mademoiselle, loin de faire simple camaïeu satisfait, fournit un refus troublant de toute superficialité, pour y situer trois tableaux de manigances de maison de poupées.

Le spectateur est invité à prendre place à travers les trous de serrures, ou à la dérobée par des cloisons entrouvertes, pour nous embarquer dans un thriller jouissif, où le romantique l’emporte, parfois peut-être trop, sur la violence et à l’ivresse charnelle qui précèdent par bouche à oreille l’attente du film.

Sont interrogés ici les vertiges de la fiction, entre innocences démontées et labyrinthes des impulsions individuelles, dans la zone d’ombre du secret, du plaisir sensuel, de l’impact de la phrase prononcée, et de tout ce qui fait travailler l’imagination qui puisse se déployer en un réseau de pièges, de correspondances et de fausses pistes.

mademoiselle-Park Chan-Wook-cinema-6Il manque sans doute à « Mademoiselle » une ambition de concision (le film est très long, 2h25), pour nous maintenir à tout bout de champ dans l’attention inquiète de la partie du tableau dissimulée, pour nous sauter à la gorge au plan suivant ou, tout au moins, conserver la place du ver dans le fruit devenu vénéneux.

A sa manière de disposer les pions pour faire éclater les miroirs trompeurs d’une intrigue aussi vulgaire (l’argent) que saphique, Park Chan-wook cherche autant à manipuler les spectateurs que les personnages, là où l’on aurait accepté de nous laisser perdre avec gourmandise, par un geste déplacé, un plan moins propre que les autres, et nous laisser éperdus en totale empathie avec ces personnages tortueux.

mademoiselle-Park Chan-Wook-cinema-3Œuvre hypnotique et troublante, « Mademoiselle » n’est guère en concurrence avec d’autres propositions de cette hauteur en ce moment dans les salles de cinéma (notamment pour les deux interprétations féminines), récupérant de fait le Prix symbolique du film à ne pas rater, là où le palmarès de Cannes cette année ne lui a salement rien accordé.

mademoiselle-Park Chan-Wook-cinema-7


MADEMOISELLE_120.inddMademoiselle de Park Chan-wook

Corée du Sud, 2016, 2h25 – Avec Kim Min-Hee, Kim Tae-Ri, Jung-Woo Ha, … – Actuellement au Royal de Biarritz, au Cinéma L’Atalante de Bayonne –


Bande annonce de Mademoiselle


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.