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Malandain Ballet Biarritz hors ses murs [1] : avec l’Opéra de Bilbao pour ‘Don Carlos’

22 octobre 2015 > > Un commentaire

L’Opéra de Bilbao ouvre sa saison ce samedi 24 octobre avec une version du Don Carlos de Verdi, rarement mise en scène, et, fait exceptionnel, accompagné par une chorégraphie de Thierry Malandain, point de départ d’un dossier Eklektika sur « le Ballet Biarritz hors ses murs ».

Pour lancer sa saison de 2015-2016, l’Association des Amis de l’Opéra de Bilbao (ABAO-OLBE) a récupéré la version originale en français du Don Carlos de Giuseppe Verdi (1813-1901), soit la version que le compositeur italien avait conçue, à partir d’une pièce du même nom de Schiller, pour être représentée à Paris dans le cadre des festivités de l’Exposition Universelle de 1867.

Un opéra à la française écrit par un Italien à partir d’une pièce d’un écrivain allemand sur un sujet espagnol : des années plus tard, le compositeur en fera une version italienne, après d’importantes transformations, dont la suppression du premier acte et du ballet.

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Crédit photo : ABAO

À Bilbao a donc été choisie la version originale, en français, qui ré-intègre non seulement le premier acte, se déroulant dans la forêt de Fontainebleau et offrant une plus grande cohérence au scénario, mais aussi le Ballet de la Reine ou la Peregrina, suivant la tradition de “la grande boutique” (surnom donné par Verdi à l’Opéra de Paris) selon laquelle l’opéra devait comporter au moins un ballet.

Mêlant géo-politique, tension religieuse, intrigue amoureuse et drame familial, il s’agit d’une oeuvre éminemment complexe, difficile à interpréter et très rarement mise en scène, dont les cinq rôles réclament cinq personnalités d’exception.

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Crédit photo : ABAO

Pour l’occasion se produiront ainsi Giuseppe Gipali (Don Carlos), Maria José Siri (Elisabeth de Valois), Daniela Barcellona (la princesse Eboli), Juan Jesús Rodríguez (Rodrigue) et Orlin Anastassov (Philippe II), avec une mise en scène de Giancarlo del Monaco, le chef d’orchestre Massimo Zanetti prenant les rênes de l’Orchestre Symphonique de Bilbao.


Intervenant dans ce cadre, le chorégraphe Thierry Malandain du Ballet Biarritz qui porte son nom a mis en scène un Ballet de la Reine pour 8 de ses danseurs.

don-carlos-abao-malandain-0« A l’origine, le Ballet de la Reine ou La Peregrina, réglé en 1867 à l’Opéra de Paris par Lucien Petipa, s’appuyait sur un livret mettant en scène un pêcheur qui, pour le roi d’Espagne, cherche au fond des mers la plus belle des perles. Ce qui justifie le sous-titre du ballet. En effet, La Peregrina reste la plus grosse perle jamais trouvée et longtemps, elle appartint à la Couronne d’Espagne. A l’époque de la création de Don Carlos de Verdi, c’est Napoléon III qui la possédait, il la revendra en Angleterre lors de son exil.

Dans la mise en scène de Giancarlo del Monaco, il ne m’a pas été demandé de faire référence au livret d’origine, mais de régler un bal Renaissance, ce qui correspond davantage au contexte et à l’action. La musique de Verdi ne s’y prête guère, mais ce fut plaisant de faire comme si de rien n’était.”

Ballet, répétition. Crédit photo : Frederik Verbeke

Si Verdi a ajouté un ballet à son opéra, c’était surtout pour respecter une tradition française du XIXème siècle.

Contrairement à l’opéra-ballet, genre lyrique pratiqué en France au XVII, où « le prétexte des intermèdes dansés était fourni par l’action dramatique », au XIXème siècle, à l’Opéra de Paris, le motif n’est plus l’action, ni l’amour de l’art, mais il est primordial d’enflammer les yeux des abonnés qui représentaient une manne financière essentielle », explique Thierry Malandain

« Après, la Révolution de juillet 1830 qui vit la bourgeoisie détourner à son profit les aspirations républicaines, l’Opéra devint une entreprise privée subventionnée, confiée à un directeur-entrepreneur.

Comme c’est celui qui paye les violons qui donne le ton, il fallut satisfaire un public peu expert, composé de rentiers, de carriéristes politiques, de banquiers, d’industriels qui allaient à l’Opéra par bon ton et attendaient surtout de ne pas y mourir d’ennui.

En clair, un public plus intéressé par les danseuses que par l’opéra”.

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Ballet, répétition. Crédit photo : Frederik Verbeke

C’est donc pour se plier à cet usage que Verdi a ajouté le ballet à la version française de Don Carlos, un ballet qui « n’apporte pas à l’action », mais qui est simplement « une sorte de respiration », selon Thierry Malandain.

La participation du Malandain Ballet Biarritz au Don Carlos de l’ABAO-OLBE a été « une très belle expérience, car la collaboration avec l’équipe de production, avec le chef d’orchestre, Massimo Zanetti, avec Sarah Schinasi, assistante de Giancarlo del Monaco a été exemplaire », a souligné le chorégraphe.

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Ballet, répétition. Crédit photo : Frederik Verbeke

Bien que ça ne soit pas sa première incursion dans le monde lyrique – avant d’être nommé à Biarritz, il a maintes fois collaboré à des ouvrages lyriques et, en 2006, il a même réalisé la mise en scène d’Orphée et Eurydice de Gluck -, Thierry Malandain reconnaît que « c’est un genre avec ses contraintes, ses exigences propres, des metteurs en scènes, des chorégraphes s’attèlent à le renouveler. Pour bien faire, il faut s’y dévouer pleinement, mais ce n’est pas mon désir ».


Voir Don Carlos à Bilbao…
depuis Biarritz et St Jean de Luz

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Crédit photo : ABAO

L’opéra est à l’affiche du Palais Euskalduna de Bilbao le samedi 24, le mardi 27, le vendredi 30 octobre et le lundi 2 novembre à 19h00, soit une heure plus tôt que d’habitude à cause de la durée (environ 4h45 min, entractes compris).

Un départ en autocar est prévu au départ de Biarritz (et St Jean de Luz) pour assister à la représentation du 27 octobre. Le livret français est disponible sur le site de l’ABAO.

Après Don Carlos de Giuseppe Verdi, l’Opéra de Bilbao a programmé Roberto Devereux de Gaetano Donizetti, La Somnambule de Vicenzo Bellini, Manon Lescaut de Giacomo Puccini, Il Barbiere di Siviglia de Gioachino Rossini et la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi.


La vidéo de présentation de ‘Don Carlos’ à l’Opéra de Bilbao


La semaine prochaine dans Eklektika :

cendrillon-carrosseMalandain Ballet Biarritz  hors ses murs [2] : ‘Cendrillon’ à Angoulême,
chronique par Murielle Barthe


 


Commentaires

Une réponse à Malandain Ballet Biarritz hors ses murs [1] : avec l’Opéra de Bilbao pour ‘Don Carlos’

  1. […] L’Opéra de Bilbao ouvre sa saison ce samedi 24 octobre avec une version du Don Carlos de Verdi, rarement mise en scène, et, fait exceptionnel, accompagné par une chorégraphie de Thierry Malandain, point de départ d’un dossier Eklektika sur « le Ballet Biarritz hors ses murs ».  […]

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