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‘Marguerite’ de Giannoli, en chouchou des sorties ciné du 16 septembre

16 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le nouveau film de Xavier Giannoli, Marguerite, a provoqué l’émoi, les rires et l’admiration à la Mostra de Venise il y a quelques jours, avec le retour de Catherine Frot dans le rôle de cette Castafiore impensable (inécoutable surtout), et il est logiquement le chouchou de la critique ce mercredi matin.

A ses côtés, sur la côte basque, deux autres films attirent particulièrement l’attention, Much Loved du franco-marocain Nabil Ayouch sur le tabou de la prostitution au Maroc (où le film a été interdit), et puis ce The program de Stephen Frears qui remet en selle la face cachée et scandaleuse des victoires de Lance Armstrong (un film qu’on aurait pu voir en avant-première durant le festival, scandale lui aussi, de Kulture Sport à Bayonne).

On va essayer de vous en parler précisément dans les jours qui viennent,

bonnes toiles à tous.


MARGUERITE

sories-cine-1609-2Réalisé par Xavier Giannoli, avec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau  – 2h07 – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz et au Select de St Jean de Luz

Le Paris des années 20. Marguerite Dumont est une femme fortunée passionnée de musique et d’opéra. Depuis des années elle chante régulièrement devant son cercle d’habitués. Mais Marguerite chante tragiquement faux et personne ne le lui a jamais dit. Son mari et ses proches l’ont toujours entretenue dans ses illusions. Tout se complique le jour où elle se met en tête de se produire devant un vrai public à l’Opéra.

Florence_Foster_JenkinsLe film s’inspire librement de la vie de Florence Foster Jenkins (1868-1944), une riche américaine devenue célèbre pour chanter terriblement faux et n’avoir aucun sens du rythme.

Fortunée et issue de la haute société, l’apprenti-cantatrice se produisait pour un cercle d’intimes qui n’ont jamais osé lui dire que ses prestations scéniques dépassaient l’entendement.

Un sujet en or, pour ce réalisateur dont la filmographie oscille entre la chanson (Quand J’étais Chanteur, 2006) et les magnifiques aveuglés (A l’origine, 2008).

Et c’est l’irrésistible Catherine Frot, par son grand retour au cinéma après trois années sabbatiques), qui s’y colle, avec, dans ses bagages talentueux, ce qu’elle a su démontrer d’ingénuité et de force.

sories-cine-1609-1Elle a donc à charge d’incarner cette Castafiore, dans cette histoire pittoresque, incongrue.

Foncièrement drôle tout en étant in fine tragique, comme l’ont montrées les critiques qui ont désigné ce film à la dernière Mostra de Venise comme l’un des favoris de la compétition cette année.

sories-cine-1609-3Longtemps désignée comme la chouchou pour le Prix d’Interprétation, Catherine Frot semble bien être arrivée à apporter une réelle tendresse et une vérité au personnage.

Et au-delà de la comédie, l’histoire d’une femme, de ses désirs, de ses pertes, de ses désillusions.


MUCH LOVED

sories-cine-1609-5Réalisé par Nabil Ayouch, avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane – 1h44 en VO – Au Royal de Biarritz

Marrakech, aujourd’hui. Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent d’amours tarifées. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Vivantes et complices, dignes et émancipées, elles surmontent au quotidien la violence d’une société qui les utilise tout en les condamnant.

Nabil Ayouch est considéré comme un provocateur dans son pays, où ce film a été interdit par les autorités qui l’ont considéré comme un « outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du Maroc ».

Un incident de parcours habituel d’une filmographie politique clairement assumée, dès la révélation de la pauvreté de la jeunesse marocaine de son bouleversant Ali Zaoua, Prince de la rue (en 2000), suivi de la radicalisation religieuse dans les bas quartiers de Casablanca à travers Les Chevaux de Dieu, en 2012.

Ailleurs, cela ne se passe de la même façon : en mai dernier, le film avait fait sensation au Festival de Cannes, où il était présenté à la Quinzaine des réalisateurs.

sories-cine-1609-6Marrakech y fut révélée comme une Babylone noctambule structurée par un tourisme sexuel débridé alors qu’au grand jour la ville offre le visage livide d’une cité en vrac, parcourue de pauvres gens se pressant dans la grisaille d’un quotidien sans joie ni perspectives.

Nabil Ayouch raconte avoir rencontré plusieurs centaines de prostituées pour nourrir l’écriture de son scénario d’expériences et de sentiments qui ne soient pas superficiels. L’accent de vérité qui traverse Much Loved vient un peu de là, sans doute.

Et de cette bipolarisation de la femme, « maman ou putain », comme le filmait déjà Jean Eustache : sobre et vibrant, son film semble bien s’être affranchi de la difficulté d’un tel sujet tabou.


THE PROGRAM

sories-cine-1609-4Réalisé par Stephen Frears, avec Ben Foster, Chris O’Dowd, Guillaume Canet – 1h43 en VO – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz et au Select de St Jean de Luz

« Le plus grand scandale de l’Histoire du sport », indique le pitch du film, « avec le démantèlement du programme de dopage qui a fait de Lance Armstrong une légende ».

Un passage en deux heures de la gloire à l’humiliation, quand les faits se sont déroulés sur 20 ans : difficile sans doute de tout embrasser dans sa complexité.

Habitué des biopics, Stephen Frears a suivi la suit la trame du roman Sept pêchés capitaux, écrit par le journaliste David Walsh, retraçant la carrière de Lance Armstrong, corrélée à la propagation du dopage dans ce milieu.

Il faut en espérer autre chose qu’une seule synthèse, pour le décryptage des motivations qui, au-delà de ce seul homme, a gangréné la course aux performances du Tour de France.


NOUS VENONS EN AMIS

sories-cine-1609-7Documentaire réalisé par Hubert Sauper – 1h50 –

Après Le cauchemar de Darwin, Hubert Sauper nous embarque dans une vertigineuse aventure au coeur du plus grand pays d’Afrique.

Divisé en deux nations, le Soudan est devenu une proie de choix que se disputent avidement les plus grandes puissances: la Chine et les Etats-Unis. Et sous couvert d’amitié, les vieux démons du colonialisme et de la domination étrangère ressurgissent.

Il n’est programmé dans aucune salle de la côte basque, et au vu de la bande annonce de ce féroce réalisateur, on espère bien le voir rapidement sur un écran ici.


 


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