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Le théâtre, pour un autre état des lieux du Mexique

20 novembre 2013 > > Soyez le premier à réagir !

Acteur et metteur en scène de théâtre mexicain, Guillermo Navarro sera l’invité jeudi soir de la Scène nationale de Bayonne pour la représentation de la pièce collective « La Troisième Racine », à l’occasion du Chantier Sud Nord porté par le Théâtre du Versant.

Un grand moment de joie, pour le co-auteur de cette pièce sur le thème de l’immigration et de la recherche de ses racines, co-produite par le Mexique, Haïti, le Mali et le Versant. Mais également une respiration essentielle, quand, pas plus dans son pays que dans les autres, la culture n’échappe à une mise à l’écart financière, « elle passe au dernier plan, bien entendu ».

« Le Mexique est devenu en quelque sorte une farce permanente, où les politiciens répètent à tout bout de champ que tout va bien, quand le peuple ressent qu’il est en train de se noyer », développe-t-il, « aujourd’hui nous assistons à une émigration venue d’Espagne, quand, par le passé, les flux migratoires étaient inversés : là-bas aussi, l’eau est monté jusqu’à leurs bouches, asphyxiées, on se retrouve tous face aux mêmes dangers, partout ».

Dans le contexte, le théâtre reste un sport de combat, extrêmement pratiqué dans ses couches populaires, face à un adversaire de taille : le groupe TelMex, et, à sa tête, l’homme le plus riche de la planète, Carlos Slim, près de 7% du PIB du pays à lui tout seul.

guillermo navarro« Le théâtre est devenu peu à peu le moyen de contrebalancer la communication permanente qui est faite via ses filiales presse et audiovisuelles, par le contre-pied d’un état des lieux bien plus réel », un constat qui ne contente pas d’être brandi comme un étendard désuet, mais se partage réellement sur l’ensemble du pays selon Guillermo.

« Dans la pièce que nous avons écrite entre plusieurs pays, ce qui est évoqué ici, c’est le thème de l’exil qui s’impose à tous, de façon planétaire, et cette nécessité forte de faire comprendre que nous sommes tous historiquement des peuples déjà issus de diverses migrations, qui nous ont constitués et renforcés », comme « cette troisième source de notre sang mexicain, indien et espagnol, mais également noir, après l’arrivée de nombreux esclaves africains au Mexique ».

Au-delà de la difficulté technique qui fut la leur (« nous échangions nos constructions de mise en scène par mail, ou par Skype, beaucoup »), l’évidence s’est faite jour de s’appuyer sur la mythologie grecque, avec, en particulier l’Odyssée d’Homère dans un coin de la tête, « par la modernité toujours forte de sa description de l’exil, et de la non-certitude du retour, au coeur de notre pièce ».

« Nous pensons que, partout où sera jouée cette pièce, sera ressentie l’essence d’une grande tragédie contemporaine, universelle et tout à fait actuelle, qui ne trouve pas son dénouement satisfaisant », conclut-il.

Sitôt la représentation achevée, Guillermo entreprendra des discussions avec les diffuseurs d’Aquitaine présents au Chantier Sud Nord, selon la volonté de son maitre d’œuvre, Gael Rabas, du Théâtre du Versant.

Et à son retour, les échos entendus ici au Pays Basque seront particulièrement déterminants pour ouvrir des portes dans son propre pays.

troisième racineLa Troisième Racine,
jeudi 21 novembre, 20h30 au Théâtre de Bayonne.


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