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Michel Iturria au Musée basque de Bayonne, bien au-delà d’une petite histoire du dessin de presse

23 avril 2015 > > Un commentaire

La sélection faite au Musée Basque de Bayonne des dessins de presse de Michel Iturria, parmi ses quarante ans d’observation de l’actualité politique du Pays Basque, ne rend pas seulement hommage à l’homme.

C’est bien plus que cela, pour les visiteurs qui s’y presseront, quand apparait l’un des plus importants apports éditoriaux de notre propre histoire, à l’évidence la première bonne surprise de cette exposition, du 18 avril au 14 juin 2015.

De 1974, où il vend ses premiers crobards au journal Sud Ouest, à 2014, où son trait s’adoucit vers une patte plus Sempé, ce Basque de la diaspora a permis par ses petites histoires de relater la grande. Avec une précision incisive qui fait renaître l’importance de ce qui fut la première expérience ici du dessin de presse.

iturria-musee-basque-4Du jacobinisme centralisateur où Pompidou, VGE, Chirac puis Mitterrand sont tour à tour moqués pour leur incompréhension des spécificités culturelles et linguistiques de cette terre, Iturria n’a pas freiné non plus sa plume quand il s’est agi de frapper les esprits quand l’étaient les corps.

iturria-musee-basque-8Dans une courte vidéo visible au milieu de l’expo, Michel Iturria revient sur son engagement, qui n’avait pas tant à être qualifié de politique que de pouvoir revendiquer une ligne éditoriale.

L’exercice exige la convocation des signes graphiques folkloristes classiques, dont le béret, mais ce vocabulaire impossible à contourner pour le dessin de presse est à dépasser, afec à son engagement évident.

« Au début, forcément, j’étais admiratif de ce que faisait l’ETA », y confie-t-il, lui qui commença presque au même moment historique où le dauphin désigné de Franco, Carrero Blanco, trouvait sous sa voiture la quantité d’explosifs suffisante pour valdinguer au 5ème étage et entrevoir la fin de la dictature espagnole, « un coup fabuleux », avoue-t-il avec un grand sourire.

Iturria réserve ses coups de griffes aux années de guerre sales du GAL, des tractations entre Paris et Madrid pour extrader les militants basques, dans un quotidien régional dont on n’imagine pas aujourd’hui le voir soutenir une telle férocité gantée.

Son virage à lui interviendra à partir du 19 juin 1987, quand l’ETA fait exploser une bombe dans le supermarché Hipercor de Barcelone. L’organisation armée présentera ses excuses, mais sans pouvoir convaincre le dessinateur, face aux 21 morts et 45 blessés recensés, « j’ai alors dessiné avec colère », confie-t-il.

Et celui qui n’eut de cesse de porter sur ses dessins la question d’un Pays Basque qui appartiendrait à son peuple, griffe alors avec encore plus de férocité, dans une époque où l’ETA s’en prenait aussi aux journalistes et aux intellectuels qui s’opposaient à elle.

Renvoyer dos à dos la violence de l’ETA et celle des franquistes ou de ces militaires allemands qui ont bombardé Gernika : impossible de résumer l’oeuvre d’Iturria à un simple humour un peu malin.

L’arrivée des cagoules blanches sur le visage des etarras, à partir de 2011, ouvre une ère plus douce, où Iturria attend comme les autres que « le silence d’après les bombes puisse permettre de s’entendre ».

Le temps apportera des réponses à cette question, mais Iturria, qui s’est rangé du dessin de presse, ne les croquera sans doute que pour son seul plaisir, et pour ce « Ama Euskal Herria » (Mon Pays Basque), cette expression qu’il a choisie avec simplicité pour sous-titrer cette exposition.

iturria-musee-basque-3La déambulation attentive dans les salles qui lui sont ouvertes au Musée basque lui rendent la place qu’il a porté dans la compréhension politique et historique de la terre de ses parents, quand bien même son chemin personnel n’avait pas fixé cette ambition comme objectif.

D’autres réponses, plus personnelles, sont à découvrir dans le libre édité par Elkar, où Michel Iturria s’est laissé aller à la confidence devant l’oreille attentive d’Anne-Marie Bordes, cette journaliste politique de Sud Ouest qui fut sa collègue précieuse.

iturria-musee-basque-13Pour l’heure, à l’évidence, au plaisir ressenti (parfois nostalgique) devant ses dessins se rajoute l’admiration devant un travail éditorialiste précieux, loin de la seule idée de caricaturer l’actualité mais de la nourrir.

D’une main sûre et déterminée.


iturria-musee-basque-12Exposition « Michel Iturria : mon Pays Basque »

Musée basque de Bayonne, en collaboration avec la commune de St Jean Pied de Port

Du 18 avril au 14 juin 2015


 


Commentaires

Une réponse à Michel Iturria au Musée basque de Bayonne, bien au-delà d’une petite histoire du dessin de presse

  1. […] admirada web Eklektika informó de la exposición que hacía el dibujante en el Museo Vasco de Baiona a principios de año. En esa información podemos ver algunas de sus […]

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