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‘Miles ou le coucou de Montreux’ au Théâtre de Bayonne : de l’avantage de pouvoir échapper à cela de son vivant

19 janvier 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Ce mardi et mercredi, la compagnie Blue Parade donne « Miles ou le coucou de Montreux » à Bayonne, un spectacle censé ressusciter le génial trompettiste, qui préférera rester plus paisiblement dans sa tombe plutôt que de se retrouver sur les fauteuils du Théâtre.

Sur le papier, l’invitation semble séduisante de se rapprocher de ce Miles ou le coucou de Montreux, donné ce mardi et mercredi au Théâtre de Bayonne, dans le cadre de la programmation de la Scène Nationale Sud Aquitain (SNSA), initialement programmé au cours de la saison 2014-2015 puis reporté à ce mois de janvier.

coucou-montreux-bayonne-2Le pitch annonce l’improbable, la rencontre entre Steinar, un propriétaire d’une casse de voitures en Belgique, et Miles Davis, la légende du jazz, au Festival de Montreux en 1986, cinq ans avant la mort du maitre, mais crédité par la plume d’un maitre des mots, Henning Mankell, le romancier et dramaturge suédois père de l’inspecteur Kurt Wallander.

« Une pièce sur la musique, sur ce qu’elle est capable d’ouvrir en chacun de nous ; un hommage à la musique en général et au jazz en particulier », à l’occasion d’un concert resté mythique, Quincy Jones ayant été de la partie, pour le plus grand plaisir des spectateurs de ce soir-là, puis de ceux, bien plus tard, qui en acquirent le disque résultant.

La pièce est devenue un standard, moult fois reprise sur scène, et pour ce coucou là, c’est un ancien comédien du Théâtre du Soleil, Jean-Claude Bourbault, qui s’avance pour l’exercice, en metteur en scène désigné de la compagnie Blue Parade.

coucou-montreux-bayonne-3Lui n’a pas fait le déplacement pour rien (depuis la proche Mont de Marsan), mais cela ne sera pas forcément le cas de ceux qui se rendront face au spectacle de ces deux soirs.

Le monologue introductif a la particularité d’étendre son quart d’heure en une durée saisissante de lassitude, rien sur scène dans le jeu de l’acteur ni le décor minimaliste proposé (quatre photographies, dont celui de Juliette Greco, un peu étonnée d’être là, et un phare gauche de voiture) ne permettant de sortir d’une impression d’un spectacle de patronage, et d’une franche camaraderie initiale.

Le texte tombe à plat (penser à corriger son impression sur l’auteur suédois, qui n’a donc pas écrit que des fulgurances), « l’évocation, musicale et théâtrale, à la fois originale et sensible, du grand Miles Davis » brinquebale sur un exercice mal maitrisé, qu’un mort, certes célèbre, doit être bien embêté de devoir conforter.

coucou-montreux-bayonne-4D’un tomber de voile, Jean-Claude Bourbault découvre heureusement le groupe chargé d’interpréter des phrases (musicales) plus inspirées, prenant lui-même en charge sa clarinette.

Le set musical est donc bien l’argument d’un spectacle claudiquant, où le théâtre est convoqué là où, sans lui, une arrière-salle de concert jazz aurait largement suffi.

Il n’y trouvera pas sa place avec l’élégance recherchée, le spectacle donnant l’impression d’un sosie de Buffalo Bill lançant son cheval ferré sur une patinoire pour rejoindre le show de Holiday on Ice.

Certes, les morceaux sont correctement enchainés avec ce sentiment acquis avant l’entrée que Miles Davis est un immense trompettiste.

coucou-montreux-bayonne-5Mais le retour du jeu de scène, par la tentative d’aller chercher une demoiselle dans les travées pour une danse avec le comédien, est un nouveau frisson dans le dos.

Le malaise grandit encore lorsque les musiciens du groupe sont convoqués dans la mise en scène, une double casquette portant argument sans autre utilité que de faire spectacle. Soit à peu près l’idée saugrenue de demander à des danseurs classiques de jouer du violon avec des moufles.

La pluie un peu nerveuse à l’extérieur du Théâtre de Bayonne semble apporter plus d’incertitude que ce Coucou-là : il est probablement temps de partir.


 


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