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Miossec à l’Atabal : recouvrance réussie avec le Breton mélancolique

11 février 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le concert de Christophe Miossec jeudi 5 février dernier à L’Atabal de Biarritz a permis de mesurer combien la ferveur du public est loin de s’atténuer, durant les deux heures d’une soirée émouvante.

Cinq cent trente personnes plus une avaient fait le déplacement pour se retrouver devant la scène de l’Atabal, dans l’attente du concert de Christophe Miossec.

Un déplacement plus en termes d’années qu’en kilomètres, tant la figure du Breton mélancolique en a fait perdre une bonne dizaine à chacun des spectateurs, qui lui sont restés fidèles, sans toujours savoir ce qu’il devenait.miossec-atabal-5Certains termineront le concert donné de deux heures en chantant ses paroles sans s’interroger sur cet élan, personne n’y trouvant rien à redire.

Lui pouvait sourire, qui n’a pas cherché à cacher ce poids qui lui pèse sur les épaules, ou plutôt sur cette hanche qui le contraint dans ses déplacements, depuis cette année 2009 où il a cru devoir lâcher la barre.

miossec-atabal-6En bonne place dans le set proposé, son nouveau album, Ici-bas, ici même, pouvait dérouler ses textes impeccables au public, et l’homme s’accrocher à son micro, les yeux fermés, la voix en place, entouré par ses compagnons de route, combo rock classique complété par un violoncelle et des notes de clavier, celui d’un synthé Moog ou d’un piano de bar, cet endroit où « Les bières s’ouvrent toutes seules » sans qu’il ne tremble plus devant cela.

miossec-atabal-4A force de nous avoir chanté qu’il partirait « avant de nous décevoir, avant de nous trahir », l’occasion était belle de murmurer avec lui « je n’ai aimé que toi ».

Christophe Miossec n’est dupe de rien, il a quitté « Brest et ce qui en reste » pour des moments comme cela, une allusion à un ami qui lui a fait aimer le Pays Basque à distance.

Il ne complète pas, ceux qui l’ont accompagné dans ces 20 ans de carrière ne sont plus tous fichés, « On les voit on les entend/Comme si ils étaient toujours là dehors », assure-t-il dans son nouveau Nos morts.

Il ne chantera pas On vient à peine de commencer, il n’a pas envie ce soir de confesser « qu’est-ce qu’on n’a pas fait, qu’on aurait peut-être dû, prendre le temps de souffler », il embraye sur A l’attaque, et ces sonorités des Caraïbes, son chapeau sur les yeux.

miossec-atabal-1Il termine courbé sur son micro, et aboie, longuement, dans le halo des jeux de lumière on le voit Tom Waits, « même en vrilles, même en vrac », il se relève, replonge, répète le refrain, « c’est la vie pendant que je veux me taper, j’y tiens tellement ».

Les spectateurs accueillent son « touché, mais pas coulé » avec des frissons sur la peau, la fin de du concert arrive trop tôt, le public gronde de plaisir, Miossec reviendra deux fois, « la mélancolie qui vient qui cogne à la porte si souvent, de nos meilleures années, de nos compagnes, nos conneries, ne doit pas un jour s’oublier », il devient impossible d’imaginer rentrer maintenant.

miossec-atabal-3Il nous manque Brest, et tant pis pour ce tout dernier morceau, sa cover de Too drunk to fuck des Dead Kennedys, prévue et qu’il ne donnera pas, finalement.

« Est-ce que tu désormais tu me détestes » peut se faire entendre dans le tonnerre qui le libère, Miossec n’est plus la valeur de référence de nos époques Doré, hors de question pour autant de délaisser cette Recouvrance qu’il nous offre comme un dernier manifeste.miossec-atabal-9La lumière s’éteindra avec le souvenir de ses mots, « ceci n’est pas un manifeste, pas même pas un sermon, encore moins une messe, mais il fallait bien un jour que je disparaisse ».

Cette nuit à l’Atabal a menacé les Pythies qui nous l’enlèverait.


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