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Miossec à L’Atabal de Biarritz : « tout vivre ici, sans attendre de paradis ailleurs »

2 février 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Jeudi 5 février, le chanteur français Miossec présentera son nouvel album sur la scène de l’Atabal Biarritz, cet entretien avec Eklektika vaut avertissement, l’impatience est partagée.

Il a toujours beaucoup d’émotion à saluer le retour le retour de Miossec dans une salle près de chez vous, pour nous présenter son nouvel album.

Comme un ami pour lequel nos bras vont s’ouvrir, sans pouvoir se départir de cette crainte, connue et aimée.

miossec-atabal-biarritz-7Avec ses textes à fleur de peau et ses mélodies comme des caresses, on sait que ce qui est demandé à l’homme, c’est de nous offrir ses tripes, son sang et son âme, il admet que « c’est chiant, pesant », mais il le sait, il réconforte les nôtres.

Dès son premier album, il y a presque 20 ans, il avait confié accepter cela, déjà, dans Recouvrance : Nom de dieu, que la pluie cesse/Ceci n’est pas un manifeste, pas même un sermon, encore moins une messe  – Mais il fallait bien qu’un jour je disparaisse.

Miossec_IciBasIciMeme_CoverAlors, avec son Ici bas, ici même, on ne peut pas s’empêcher de repenser à son talent solitaire, à ceux qu’il invoque dans ses chansons et qui nous manquent, de Ferré à Léotard.

On guette dans ses nouveaux textes que l’amour a fait reculer la mort du verbe et de la voix, et l’on retrouve tout ce qui nous enchante chez Christophe Miossec qui jure vouloir ‘tout vivre ici bas, ici même, sans attendre un Paradis quelconque ».

La pochette ne nous avait pas complètement rassuré, il a le visage dans l’eau, comme sortant d’une longue plongée en apnée.

Mais une interview permet de faire le point, fugace, d’une trajectoire qui refuse de s’interrompre.

miossec-atabal-biarritz-2« Je vis comme un Alexandre le bienheureux qui bosserait à fond, ça déborde de partout », confie-t-il à Eklektika, et les paroles de sa « Chanson des touristes » qui terminera son set, jeudi à L’Atabal de Biarritz, résonneront d’un rire chaleureux.

Nous sommes des touristes
Nous ne faisons que passer
C’est pour ça qu’on a l’air triste
Quand il s’agit de payer
On est un peu comme les cyclistes
On a tous peur un jour de crever
De sortir de la piste
Ou de se mettre à dérailler
Embrasse tout le monde de ma part
Porte toi bien et à plus tard
Dis leur qu’ici tout va bien
Dis leur bien qu’ici tout baigne
Tout baigne, tout baigne, tout baigne, tout baigne

Sur scène comme sur une corde raide

miossec-atabal-biarritz-5La description de l’image du film de Bertsulari d’Asier Altuna, sur le prise de risques à se produire devant un public, le fait rire, mais l’intéresse, oui, explique-t-il, être sur scène, c’est comme être sur une corde raide, « tu dois prendre de l’assurance, et puis te lancer ».

Il complète, « la guérison du vide, c’est une escroquerie. Même si on se fait baiser, c’est normal, faut refuser le remède ».

miossec-atabal-biarritz-6Alors il a dimensionné les risques pris, lui qui revendique n’avoir jamais fait un Zénith, sa tournée emprunte des villes choisies en toute conscience, « des lieux de vie, comme à Biarritz, ça a toujours été le cas, c’est le pied, tu as le temps de découvrir le bled, avec nos deux fourgons, c’est une chance inouïe ».

La lucidité est une bâtarde qui l’accompagne avec amour, le spectacle n’est pas son Rosebud, « il y a un devoir d’écrire, ça résonne, on ne peut pas monter simplement sur scène pour faire ton truc, quand tu as compris que c’est un métier où le prochain disque est peut-être ton arrêt de mort ».

Lui qui a vu le Front national remporter les Municipales dans son port d’attache breton le répète autrement, « on n’est plus innocent, ce n’est pas possible de se cacher ».

bashungSa gueule sur la pochette, c’est donc sa façon de reprendre le flambeau là où Bashung l’a déposé, « t’es exposé, il faut assumer ton statut de chanteur, on n’a pas à se planquer derrière son micro, au dernier moment ».

miossec-atabal-biarritz-4Il l’a dit hier, et l’assume aujourd’hui encore, « La France est un pays atrocement moral et hypocrite, où les cocaïnés se moquent des pochetrons… Trouver la paix, ce n’est pas une fin en soi. Je ne veux pas guérir ».

Ne pas guérir des mots, ni de la rage

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Il ne l’avait pas remarqué, mais, oui, son chapeau sur scène le fait ressembler à Philippe Léotard, frère d’armes disparu amèrement, « il a découvert la vérité qui lui manquait dans sa vie, c’était la cocaïne, ça l’a emporté ».

Lui-même a failli l’être, emporté, en 2009, par d’autres sirènes, peut-on lire sur Wikipedia, il s’esclaffe couteau entre les dents, « c’est n’importe quoi, mais bon, ça m’amuserait d’avoir le temps de pondre un truc marrant sur moi, plus funky ».

Ceux qui ont cessé de chanter, à jamais, il vit avec, il sait ce qu’il leur doit, et salue avec joie ceux qu’il a encore la possibilité d’évoquer, sans larmes et sans serrer les dents.

dominique-a« Dominique A, c’est lui, le vrai déclencheur. Il va sortir son nouvel album, une super nouvelle », quand tant d’autres groupes qui lui ont été accolés peuvent bien faire ce qu’ils veulent de leurs peaux.

Une pensée chaleureuse vers Tom Waits, « ça me passionne de le décortiquer, au fil des années, le nombre d’accords se réduit, on parvient au minimalisme absolu ».

Mais pour l’heure, ce qui le porte, c’est de sentir une tribu près de lui, sur scène avec ses musiciens, dans l’ombre aussi, et puis face à lui, éclairés par les projecteurs des scènes sur lesquelles il se produit.

miossec 1« Quand je me produis à Brest, c’est tripal, ça sent toujours un peu comme une soirée hommage à nos copains, nos chanteurs, disparus. Ils m’accueillent comme une fonction sociale, je suis une ethnie, je ressens que mes chansons sont un lien avec les miens là-bas, qui les entonnent à leur tour ».

La tribu, il répète ce mot, un truc grégaire, il n’a pas besoin de Freud pour analyser cela, « un escroc sans nom, heureux que Michel Onfray a fait le boulot, avec son bouquin En finir avec Freud ».

« C’est quoi cette connerie de scientifiser l’humain, nous on est et on doit rester animal », il s’esclaffe, rappelle avoir choisi son label actuel parce qu’ils avaient signé les fous furieux des Young Gods, « c’est ça qui m’a fait les rejoindre, avant que, dans la foulée, tout le monde ne déboule pour en faire un Hôtel des coeurs brisés de la chanson française », il éclate de rire une nouvelle fois.

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