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Musée Basque de Bayonne : derrière une fréquentation record en 2016, « il s’est passé un déclic culturel »

13 janvier 2017 > > 3 commentaires

Jamais le Musée Basque de Bayonne n’avait connu une telle affluence dans ses murs, avec une fréquentation de plus de 60.000 visiteurs en 2016, un niveau jamais atteint depuis son ouverture en 1924 : rencontre avec son directeur Rafael Zulaika pour en trouver les raisons, et dessiner un nouvel avenir au lieu.

Il y a forcément un aspect entêtant, dans les chiffres, qui ont ce pouvoir de vous faire tirer sombre mine ou de vous conforter dans votre élan, sans pour autant être la seule mesure du travail entrepris depuis des années et qui fixe encore un horizon lointain, et incertain.

En l’espèce, l’heure est aux réjouissances, au Musée Basque et de l’histoire de Bayonne, qui, en 2016, a accueilli 61.275 visiteurs, soit la plus forte fréquentation depuis son ouverture en février 1924.

Une progression spectaculaire par rapport à l’année 2015 qui avait elle même augmenté de 24%, savoure son directeur Rafael Zulaika, « mais il faut encore tester de nouvelles choses », rajoute-t-il aussi rapidement.

L’année Donostia Capitale Culturelle Européenne 2016 a fixé une ambition supérieure, en termes de contenus et de moyens de communication, en resserrant des liens de coopérations transfrontaliers existants dès la volonté des bâtisseurs du Musée : l’exposition 1660 La Paix des Pyrénées, du 1er juin au 30 septembre dernier, a prouvé avec près de 35.000 spectateurs à elle seule que le pari d’une exposition temporaire de grande classe pouvait gagner sa place dans un lieu parfois trop vite résumé à son fonds ethnographique local.

Exposition « 1660 La Paix des Pyrénées »

« Il s’est passé quelque chose, on a senti comme un petit déclic culturel », commente-t-il, et les mois qui ont suivi l’ont confirmé : près de 10.000 visiteurs supplémentaires ont poussé la porte de la maison Dagourette pour prendre place devant l’exposition photographique Bayonne Avant/Après, ou devant la très belle installation de Charles Fréger, La Suite Basque, encore visible jusqu’au 5 février 2017.

Exposition de Charles Fréger, « La Suite Basque »

On imagine aisément la coupe de champagne frappée en interne, pour une petite équipe qui ne s’en est pas tenue là, avec plus de 80 animations qui ont émaillé la vie culturelle du musée, « conférences, concerts, débats, projections, table-rondes, rencontres, présentations de livres, etc., soit 40 % de plus qu’en 2015 ».

Ces chiffres entêtants, Rafael souhaite le rappeler, ne définissent pas l’horizon à atteindre et dépasser l’an prochain, « la question pour nous aujourd’hui est d’amplifier nos activités de médiations, de recherches, et de communications, relayées très fortement par la Ville de Bayonne en 2016 ».

Une visite guidée transmedia est à l’étude aujourd’hui au Musée Basque, et le calendrier des prochaines expos garde l’objectif de « continuer à habiter ces beaux espaces ».

Une rétrospective du peintre navarrais Juan Carlos Pikabea, né en 1964 du côté de Lesaka, va trouver sa place du 17 janvier au 16 février prochain.

L’expérience photographique du Avant/Après, testée pour Bayonne, va se poursuivre mais pour le Pays basque intérieur, qui mettra de nouveau à contribution les talents de photographes et de dénicheurs du musée.

Exposition « Bayonne, Avant/Après » 2016

Exposition « Pays basque, Avant/Après » 2017

Et il faudra attendre le 15 juin 2017 pour voir ce qui sortira de ce projet d’exposition nationale accueillie à Bayonne autour de ce bateau basque parti de Bayonne avec ses marins du cru vers Madagascar, « Les esclaves oubliés de Tromelin ».

Avec l’aide des Musées de France de Lorient, Nantes et Bordeaux, retour sera fait sur ce fait historique de 1761 où, embarqués comme cargaison illicite, des esclaves malgaches furent abandonnés sur l’île de Tromelin, à l’est de Madagascar, après le naufrage de L’Utile, l’embarcation de la Compagnie française des Indes orientales partie du port de Bayonne.

Ile de Tromelin

Les rescapés survécurent sur ce bout de caillou traversé par les tempêtes, peuplé de tortues et d’un point d’eau potable miraculeux, jusqu’à ce que, quinze ans après le naufrage, soient récupérés les huit esclaves survivants (sept femmes et un enfant de huit mois).

Les coups de fil et multiples collaborations sont en cours, le champagne a été remis au frais pour que tout le monde puisse recommencer à se cracher sur les mains, l’engagement de toute l’équipe reste la clé de voûte de la réussite espérée, qui sera visible jusqu’au 5 novembre 2017.

Musée basque, Bayonne

« Si nous parvenions à faire venir 50 ou 60.000 visiteurs cette année encore, ce serait bien », rajoute Rafael Zulaika, mais, encore une fois, l’horizon a été poussé plus loin encore : « en 2022, ça serait bien de pouvoir préparer une grande commémoration du centenaire de la décision d’ouvrir ce Musée de Bayonne, puis continuer jusqu’à 2024, et le centenaire de son ouverture ».

Rafael Zulaika sourit intérieurement, à s’entendre comme cela mettre des « s » à tous ces « bonne année » échangés en bord de Nive.


 


Commentaires

3 réponses à Musée Basque de Bayonne : derrière une fréquentation record en 2016, « il s’est passé un déclic culturel »

  1. binia dit :

    il faut quand même signaler que le Musée Bonnat est fermé, et qu’à part le Musée du chocolat ou celui de la chaise empaillée, y a pas grande concurrence.

    • Bonjour,

      et tout en vous remerciant de votre commentaire, je vous trouve bien sévère avec le Musée Basque sur le coup : pour avoir été spectateur de ses 3 expos principales (1660 Traité des Pyrénées, Freger et Bayonne Avant/Après), je crois que l’on peut logiquement conclure sur une belle année très qualitative.
      Freger est exposé jusqu’au 5 février : n’hésitez pas à y aller faire un tour, vous ne le regretterez pas.

      Bien à vous,

  2. binia dit :

    Il n’y a aucune méchanceté pour le Musée Basque – fréquenté depuis des lustres – mais un regard sur les musées ici – sans oublier Arnaga.
    Alors saluons le travail de MM Zulaika et Ribeton! Ongi segi!

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