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« Neruda » et « Manchester by the sea » : deux des plus beaux films de 2016 enfin sur les écrans de 2017

4 janvier 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Ce mercredi 4 janvier 2017 est déjà à marquer d’une croix blanche sur vos agendas cinéphiles, avec la sortie officielle de « Neruda », oeuvre majeure et virtuose du grand réalisateur chilien Pablo Larrain, et de la sortie en décalé du magnifique film indépendant de Kenneth Lonergan, « Manchester by the sea », qui affole logiquement tous les pronostics avant les Oscars.

Le seul scandale qui doit accompagner la sortie de Neruda de Pablo Larrain, s’il en fallait un, serait son absence du palmarès du dernier Festival de Biarritz, où le jury l’a blackboulé de la récompense suprême logiquement taillée pour cette oeuvre majeure du réalisateur chilien, déjà auteur du tellurique El Club l’an passé, et aux commandes de Jackie, la veuve de JFK, qui sortira le 1er février prochain.

Présenté lors de l’ouverture de ce rendez-vous des cinémas et cultures d’Amérique latine le 26 septembre dernier, il aura finalement tenu qu’à la sulfureuse appréciation d’un Président franco-argentin, Alfredo Arias, pour prolonger le rejet que subit le film par ses compatriotes latinos-américains.

Montrant un Pablo Neruda obsédé par sa flagornerie satisfaite et égocentrique, et très éloigné de cette figure d’ami du peuple tel qu’il est immortalisé aujourd’hui, ce vrai-faux biopic en tire son éclat exceptionnel : Neruda n’est pas un film sur Neruda, c’est…. du Neruda.

La prouesse est de taille, qui ne convoque pas une description chronologique du sénateur et poète communiste (1904-1973), mais bien l’incarnation scène après scène de son univers littéraire et fantasmagorique.

La traversée du Chili est moins géographique que poétique, au moment où un policier obstiné (remarquablement interprété par Gael Garcia Bernal) mène la traque, jusqu’à un ultime rebondissement final propre à inscrire ce film dans ce qui s’est intensément pensé de mieux au cinéma dans le genre, avant même d’être filmé.

Chili – 2016 – 1h48 en VO – Réalisé par Pablo Larrain avec Luis Gnecco, Gael Garcia Bernal, Mercedes Moran, Diego Munoz, Alfredo Castro…

Programmé en sortie nationale à partir de ce mercredi 4 janvier 2017 au Cinéma L’Atalante de Bayonne

 


A retrouver la critique du 26 septembre 2016 : 


« Neruda » de Pablo Larrain : une traque insolente dont le poète ressort à poil, et sa poésie, triomphante

« La vision de Neruda du Chilien Pablo Larrain s’offre comme une course effrénée et extralucide dans l’imaginaire d’un monstre sacré, venu d’un temps où les mots des poètes, plus grands que la vie, devenaient la vie-même », par


Manchester by the Sea, enfin dans les salles VO de la côte basque


Sorti le 14 décembre dernier en France, et exclusivement en VF dans le circuit CGR de la côte basque, le troisième long-métrage de Kenneth Lonergan nous parvient quatre ans après Margaret, et a bien failli nous refaire le coup d’une simple sortie technique dans les salles françaises, comme à l’été 2012, après avoir été l’objet d’une amère querelle avec la Fox, qui n’eut de cesse de renvoyer le réalisateur en salle de montage.

Ce destin funeste est aujourd’hui écarté tant le film est porté par un bouche à oreille absolument mérité, qui affole désormais jusqu’aux prévisions des Oscars.

Cette chronique d’une famille de Manchester (aux Etats Unis), aux prises avec le décès soudain du grand frère Joe (Kyle Chandler), suit le parcours intérieur du frère cadet Lee (Casey Affleck), désigné à son corps défendant comme tuteur de son jeune neveu Patrick (Lucas Hedges).

Et il n’est guère plus souhaitable de dévoiler plus avant un retour impossible dans ce village quitté des années auparavant, qu’il ne pensait devoir retrouver un jour, pas tout de suite en tout cas.

On est dans la figure du pur mélodrame, genre cinématographique souvent exploité, mais rarement en mesure de se détacher des qualificatifs de « sirupeux » ou de « ampoulé ».

Rien de cela ici, où le réalisateur et le scénariste sont tous deux à féliciter chapeau bas et mouchoir à la main, au service d’un récit aux multiples aspérités et accidents quotidiens, aux silences aussi parlants que les dialogues échangés entre les personnages comme on le ferait sur un ring familial.

Il est bien difficile de ne pas les accompagner dans cette dynamique de récits qui ne cède jamais à la facilité, par un montage de séquences en flash-backs sans nul besoin d’avertissement aux spectateurs, ou qui s’incarne dans des séquences dévastatrices, toujours en décalage élégant par rapport à ce qui a été trop montré ailleurs.

Pour arriver à ce niveau d’excellence cinématographique, il faut adjoindre à un écheveau élégant et puissant une distribution d’acteurs portant une exigence identique, et Manchester by the sea en hérite, Casey Affleck incarnant probablement son rôle le plus impressionnant au cinéma, tout en retenue puis en violence déchainée, contre lui-même en particulier.

Le reste de la distribution est à l’unisson, le tout jeune Lucas Hedge s’affirmant déjà comme l’un des très grands acteurs à suivre, et la présence de Michelle Williams s’ajoutant à la puissance de l’émotion que dégage le film.

Programmé en VO au Select de St Jean de Luz à compter de ce mercredi 4 janvier 2017, le film sera également programmé à partir du 17 janvier prochain au cinéma L’Atalante de Bayonne.

Il est donc possible de vous rapprocher de ce récit magnifique d’un fantôme revenu prendre sa place parmi les vivants, puis de nous rejoindre (très probablement) dans le ton superlatif du titre de cet article.


USA – Réalisé par Kenneth Lonergan – 2016 – 2h18 en VO

Avec Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges…


 


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