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« No land’s song » et ce que peuvent les femmes, dans quelques sorties de films à ne pas rater

7 avril 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Au moment d’effeuiller les programmes cinémas des principales salles de la côte basque peut revenir une phrase enjouée de François Truffaut, s’exclamant « Tristesse sans fin des films sans femmes ».

Sur les écrans aujourd’hui, devant ou derrière la caméra, cette pensée peut prendre tout son sens où enthousiasme et fascination se rejoignent devant les films que l’on aurait dû voir plus tôt, ou se promettre de ne pas rater, du poignant No land’s song de l’Iranien Ayat Najafi au libérateur L’Avenir de Mia Hansen-Love avec Isabelle Huppert, et ainsi de suite, du Téchiné à ce documentaire iconoclaste, La sociologue et l’Ourson, dont Eklektika vous parlera bientôt.

sorties-cinema-6-avril-7Un regret en forme d’étonnement : où et quand aura-t-on la possibilité de se retrouver devant le film argentin Eva no Duerme de Pablo Agüero, du nom de Eva Peron, icone autant haïe qu’aimée, même bien après sa mort en 1952 ?

testamentNombreuses restent donc toutes ces toiles qui penchent dans le même sens d’un women power loin, loin des propositions blockbustériennes qui les préfèrent sanglées et accessoires, loin aussi des Visiteries qui pensent pouvoir nous le faire à l’envers (« mais si, mais si, c’est bien ! »).

Il faudrait aussi ramener à soi ce cri du coeur du héros de Jonathan Coe dans son roman Testament à l’anglaise : « quant à moi, je restai sur mon siège. Je ne voulais pas partir avant que Fiona n’ait quitté l’image. Il n’y avait aucune raison de sortir du cinéma, cette fois ».

Nous sommes d’accord, bonne(s) séance(s) à tous.


NO LAND’S SONG

sorties-cinema-6-avril-2France, Allemagne – 2014 – 1h31 en VOSTF – Réalisé par Ayat Najafi – Au Cinéma L’Atalante de Bayonne et à Itsas Mendi Urrugne (soirée spéciale le vendredi 8 avril, voir ci-dessous)

En Iran, depuis la révolution de 1979, les chanteuses ne sont plus autorisées à se produire en solo, tout au moins devant des hommes.

Soit ce que cherche à contester ce film entre Téhéran et Paris, avec un tournage entamé au printemps 2013.

Face à ce travail de longue haleine, on pourrait s’aventurer à classer en deux grands genres le documentaire militant, de ceux qui filment le courage, à ceux qui le font avec courage : No land’s song réunit les deux pôles.

La réalité odieuse du sort réservé aux chanteuses dans la République islamique d’Iran, contraintes de ne pas chanter en public, du moins en soliste et pas devant un parterre « mixte » : rien de nouveau chez les mollahs.

Mais de cette solution ridicule et humiliante, une compositrice de Téhéran, Sara Najafi, a décidé d’en prendre le contre-pied, en confiant à son frangin Ayat le soin de filmer au quotidien un projet insensé (ce qui l’est aussi, dans un pays où les images sont dans la cible des religieux).

rencontres-no-land-songOrganiser un concert officiel pour femmes solistes en faisant monter sur scène non seulement des Iraniennes (Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi) mais aussi deux Françaises (Elise Caron, Jeanne Cherhal) et une Tunisienne (Emel Mathlouthi).

Qu’elle y arrive ou pas, vous le constaterez, n’est pas la seule finalité du projet, qui met en lumière le mal des mâles, prêts à enfermer les femmes pour « résister » aux charmes auxquels ces grands frustrés à barbe semblent incapables de retenir en eux.

La voix, les chants, les prises de paroles de ces femmes sont une belle claque.

sorties-cinema-6-avril-1Pas à destination de ceux qui, même depuis leurs fauteuils de cinéma, poussent avec elles.

Mais en creux apparaît nettement la lâcheté diplomatique de nos dirigeants politiques qui, pour vendre des centrales nucléaires au nouveau président iranien, enlèvent les statues féminines des jardins de l’Elysée avant de tendre leurs mains.

A ne jamais perdre de vue son véritable centre – la voix des femmes -, No land’s song est à la fois un thriller politique, un émouvant voyage musical, et un documentaire lumineux.


L’AVENIR

sorties-cinema-6-avril-6France – 2015 – 1h40 – Réalisé par Mia Hansen-Love avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka – Au Cinéma L’Atalante de Bayonne et au Royal Biarritz

Interprétée avec superbe par Isabelle Huppert, une prof de philo voit son existence paisible imploser quand son mari lui annonce qu’il part pour une autre. S’ouvrent alors devant elle le vertige du désamour, mais aussi la possibilité inattendue d’une liberté nouvelle.

A 35 ans et déjà 5 films, Mia Hansen-Love a prouvé qu’elle sait trouver la bonne distance entre son personnage principal et ceux qui gravitent autour d’elle.

sorties-cinema-6-avril-4L’une des rares cinéastes françaises à avoir compris combien les silences sont des échappatoires déséquilibrés de ces moments où se cache un mal-être, que les mots doivent crever, sans jamais oublier toute la matière filmique du temps suspendu.

Personne n’a souhaité proférer que la cinéaste aurait volé son Prix de la Mise en scène au dernier Festival de Berlin.


QUAND ON A 17 ANS

sorties-cinema-6-avril-5France – 2015 – 1h55 – Réalisé par André Téchiné avec Sandrine Kiberlain, Kacey Mottet Klein, Corentin Fila, Alexis Loret – Au Cinéma L’Atalante de Bayonne et au Royal Biarritz

Damien, 17 ans, fils de militaire, vit avec sa mère médecin, pendant que son père est en mission. Au lycée, il est malmené par un garçon, Tom. La violence dont Damien et Tom font preuve l’un envers l’autre va évoluer quand la mère de Damien décide de recueillir Tom sous leur toit…

La première surprise est de trouver un Téchiné revenu (par les Pyrénées) au moins aussi inspiré qu’à l’époque (bénie et sensuelle) de ses Roseaux Sauvages (1994).

La participation au scénario de Céline Sciamma (la réalisatrice de TOMBOY et de BANDE DE FILLES) et l’interprétation lumineuse (décidément) de Kiberlain ne sont pas pas étrangères à cette charmante réussite.


LA SOCIOLOGUE ET L’OURSON

sorties-cinema-6-avril-3France – 2015 – 1h17 – Réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry –  Au Cinéma L’Atalante de Bayonne, et rencontre avec l’un des réalisateurs, Mathias Théry, ce jeudi 7 avril.

De septembre 2012 à mai 2013, la France s’enflamme sur le projet de loi du Mariage pour tous. Pendant ces neuf mois de gestation législative, Ia sociologue Irène Théry raconte à son fils les enjeux du débat. De ces récits nait un cinéma d’ours en peluches, de jouets, de bouts de cartons.

Même La Croix a aimé ce portrait en trompe l’oeil d’enfant, qui revient sur un an d’empoignades sur le Mariage pour tous.

Le mérite est de poser les chronologies et les faits sans s’emmêler dans les partis pris et surtout de donner de la place à maman-sociologue, dans un temps bien plus long et nourri que ses multiples interventions télévisées.


 


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