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Le ‘No-Show’ au Théâtre de Bayonne : comment rentrer gratos (et y réfléchir pendant)

4 novembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Ce mercredi et jeudi au Théâtre de Bayonne, le No-Show proposé est l’occasion idéale de ne pas payer son entrée au spectacle, un choix sur lequel on n’est pas obligé d’avoir à se justifier, à moins que…

Ils sont fous, ces Québecquois, du collectif Nous Sommes Ici. Ce mercredi 4 et jeudi 5 novembre, ils présentent de façon originale leur spectacle au Théâtre de Bayonne, dès la billetterie où « le choix » du tarif est proposé aux spectateurs.

no-show-bayonne-9Un isoloir est mis à disposition, pour fixer soi-même le prix d’entrée au No-Show du soir, cette petite zone intime qui, en d’autres circonstances, permet de glisser un bulletin Marine Le Pen et ressortir en jurant avoir voté démocrate.

Un accès « gratos » à zéro euro, ou une somme « normale » ? La confidentialité de la procédure autorisera des sourires entendus, avant que ne vous soit indiqué le chemin vers la salle, où les comédiens vous attendent.

Votre choix n’est pas plus irresponsable ou respectueux que votre conviction profonde de ce que doit être le théâtre, et son accès.

no-show-bayonne-2Il est normal, et quasi-communiste, que ce genre de proposition ne soit pas toujours réservé aux « mêmes », quand « tout le monde » paie pour ces intermittents, ou chômeurs de luxe, comme vous pouvez l’imaginer sans rougir, et que notre avis ne nous est pas demandé quand tombent de nos impôts des tombereaux de subventions pour la culture.

Ce mercredi soir (et jeudi soir), il est donc possible de récupérer gratuitement un accès sur ces fauteuils qui nous appartiennent aussi.

Au moins pour ces soirs-là.

no-show-bayonne-1Ils seront sept sur scène à accueillir les spectateurs, et, avant même que cela commence, on sent que ces comédiens-là portent des rêves de théâtre, sans doute depuis longtemps, mais pas plus légitimes que les nôtres, d’une nouvelle voiture à des fins de mois moins difficiles.

Eux jouent. Ce sont des grands gamins, en fin de compte, qui peuvent admettre que leur métier est « plutôt inconsistant et pathétique » au regard de bien d’autres impératifs (et la planète, hein ? Ils en pensent quoi, de la planète, eux ?).

no-show-bayonne-4Oui, tout le monde a envie d’être entendu, écouté, et « tout le monde » n’a pas forcément comme eux le loisir de « prendre des cafés toute la journée, en écrivant et en lisant » comme le reconnait un des comédiens.

Sans doute que le fait de rentrer tous gratos au Théâtre de Bayonne pourrait avoir des conséquences sur leurs vies, leurs revenus, etc.

Mais, du haut de leurs parcours artistiques, ils ne peuvent pas ne pas avoir lu Darwin, qui a consacré la loi du plus fort comme gouvernance la plus sûre pour rester en vie.

no-show-bayonne-7Alors ? Alors quoi ? Du théâtre pour tous, c’est important, ça ! Et il ne sera pas acceptable de se faire traiter de jambonneaux (de Bayonne) pour autant.

Ce mercredi soir (et jeudi), on peut enfin choisir. On ne paie plus. On refuse. on n’adhère plus, et la Scène Nationale de Bayonne n’en crèvera pas ce soir.

Il faut le répéter : on choisit de ne plus payer. Et show must go on.

no-show-bayonne-6Et pour ce mercredi soir (et jeudi soir), on oubliera « le reste », en particulier le fait que, pour « le reste », on ne choisit pas.

On ne choisit pas de voir versés 4 millions d’euros de subventions publiques pour le film Camping 2. Ou 6 millions d’euros pour une saison de Plus Belle la vie.

Ou les 47 milliards d’euros pour le budget militaire, avec nos porte-avions nucléaires (excusez du peu) à 4 milliards d’euros pièce, actuellement près de l’Irak pour combattre Daesh.

Donc, ce mercredi soir (et jeudi soir), que ces comédiens puissent ne pas tous jouer, ou alors pas correctement payés, ce n’est pas grave.

Juste surveiller qu’il en reste pour les séries-télé. Des gars beaux et inoxydables, même si présents depuis 30 ans dans le petit écran. Ou ces actrices, qui doivent admettre que, à 35 ans, ben, c’est plus pareil dans les logiques de machines à fantasmer.

no-show-bayonne-8Même quand les comédiens se mettent en grève, de toute façon, ils ne peuvent pas s’empêcher de faire du spectacle : on n’est jamais totalement perdants, donc.

Ce soir, on choisit. On ne paie plus, et on rentre gratos.

Demain sera une autre porte vers l’enfer.


 


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