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Opéra de Bilbao : un magnifique Don Carlos, et la surprise de Malandain

30 octobre 2015 > > Un commentaire

La soirée d’ouverture de la saison lyrique de Bilbao, samedi dernier, a été une belle réussite avec le “Don Carlos” de Verdi, “La Peregrina” du Malandain Ballet Biarritz en formant une parenthèse enchanteresse.

En programmant la version intégrale en français du Don Carlos de Giuseppe Verdi, avec ses cinq actes, un ballet et cinq rôles principaux réclamant autant de personnalités d’exception, le pari n’était pas gagné d’avance, mais c’est fait : au bout de cinq heures de spectacle, le public présent à l’Euskalduna de Bilbao a applaudi longuement et avec enthousiasme une magnifique soirée d’ouverture de la saison lyrique de Bilbao.

Sur les cinq solistes principaux, quatre ont été largement à la hauteur des attentes.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel

La voix chaude et voluptueuse de la mezzo italienne Daniela Barcellona, interprétant le rôle de la princesse Eboli, la voix clairement verdienne, puissante et douée d’une vaste tessiture du baryton espagnol Juan Jesus Rodriguez, dans le rôle de Rodrigue, étaient sans doute les plus remarquables.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel

La soprano uruguayenne Maria José Siri a fait ses débuts dans le rôle d’Elisabeth de Valois avec brio, en dominant le plateau avec une voix aussi belle qu’expressive. Et, en quatrième lieu, l’incroyable basse finlandaise Mika Kares dans le rôle du Grand Inquisiteur.

Le soliste le moins convaincant de la distribution était le ténor albanais Giuseppe Gipali, dans le rôle de Don Carlos : malgré l’indéniable qualité de sa voix, il donna le sentiment de chanter en sourdine, de se trouver hors scène…

L’Orchestre Symphonique de Bilbao, placé sous la houlette du maestro Massimo Zanetti, à juste titre l’un des chefs d’orchestre les plus recherchés de sa génération, a fait une interprétation formidable du “Don Carlos”.

Et enfin fut donné à voir le “Ballet de la Reine” ou La Peregrina, sans doute LA surprise de la soirée.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel

Le Malandain Ballet Biarritz a profondément séduit le public, comme en témoignèrent les applaudissement chaleureux et, surtout, les commentaires spontanés entendus dans la salle et dans le foyer lors du deuxième entracte: “¡Qué bonito!”.

Contrairement à ce qu’avait tenté de minimiser le chorégraphe Thierry Malandain, le Ballet de la Reine n’est qu’un simple divertissement qui n’apporterait pu ou peu de choses au livret, comme il le confia à Eklektika.

Le ballet se produit au début du troisième acte à l’occasion de la fête en l’honneur du mariage entre Philippe II et Elisabeth de Valois.

Malgré les contraintes et les exigences que le genre de l’opéra lui impose, Thierry Malandain a su se libérer des limites, en créant une chorégraphie magnifique et minutieuse qui a ébloui les spectateurs.

Avec Malandain, la perle exceptionnelle à laquelle fait référence “La Peregrina” n’est plus la reine mais le ballet lui-même, la beauté de la danse

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel

Un moment de gaieté qui se produit après la finale beaucoup plus tendue et dramatique à la fin de l’acte précédent, quand Rodrigue s’entretient avec le roi Philippe II pour plaider la cause des Flamands et critiquer la cruauté du roi en Flandre : “Ô Roi! J’arrive de Flandre, / Ce pays jadis si beau! / Ce n’est plus qu’un désert de cendre, / Un lieu d’horreur, un tombeau! […] Le sang rougit l’eau des fleuves, / Ils roulent, de morts chargés…”.

Le ballet fut à même de fournir une parenthèse, un moment de légèreté au milieu du drame. À première vue tout au moins, puisque le violet et le pourpre des costumes des danseurs pourraient être vus comme une marque de deuil, ou faire penser au sang qui rougit l’eau des fleuves de Flandre.

Ému devant tant de beauté, le public attend vivement de revoir le Malandain Ballet Biarritz se produire à Bilbao hors des limites de l’opéra.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel


Commentaires

Une réponse à Opéra de Bilbao : un magnifique Don Carlos, et la surprise de Malandain

  1. […] La soirée d’ouverture de la saison lyrique de Bilbao, samedi dernier, a été une belle réussite avec le “Don Carlos” de Verdi, “La Peregrina” du Malandain Ballet Biarritz en formant une parenthèse enchanteresse.  […]

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