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Orchestre de Bayonne : Brahms, le violon de Tai, et les yeux de Laura

31 mars 2015 > > 2 commentaires

« Et vous, aimez-vous Brahms ? ». A la lecture de cette question posée sur une affiche de l’ORBCB, je me suis demandé si j’aimais Brahms. A vrai dire, je me suis surtout demandé si je connaissais Brahms.

Une première raison ce week-end pour trouver une réponse avec ce concert, Passionnément Romantique, organisé en co-réalisation entre l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque et la Scène Nationale du Sud-Aquitain, au Théâtre de Bayonne, pour faire connaissance avec lui.

Et la grande musique, pour ma première fois.

brahms-orbcb-bayonne-4Calée entre mon sacro-saint poulet/salade dominical et le résultat des Départementales, la représentation du dimanche 17h00 me convient, mais comment s’habiller : classe ? en mode dandy ? chic décontracté ?

Premier étonnement à mon arrivée, il y a des enfants, des parents, des grands-parents. Je découvre ce théâtre avec des yeux d’enfants, salue poliment les personnes m’entourant comme des proches.

La salle est pleine, le rideau rouge est tiré, les chuchotements se mêlent aux gammes des musiciens, l’impatience prend également place en moi.

orbcb-photoLe maître de cérémonie nous souhaite la bienvenue, la lumière s’adoucit, le rideau s’ouvre, la représentation va se dérouler en trois parties :
Nänie op.82 pour coeur mixte et orchestre
Symphonie N°3 en fa majeur op.90
et concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.77

Le premier Opus s’ouvre sur un prélude orchestral dominé par un solo de hautbois, suivi rapidement par un coeur mixte.

Deux minutes se sont écoulées, ma vision se trouble, impossible de contenir une forte émotion. J’absorbe doucement ce choc, afin de profiter pleinement de ce bonheur. J’ai entendu dire que la première fois était difficile, je le confirme, mais j’en veux plus encore.

brahms-orbcb-bayonne-3Première salve d’applaudissements pour les artistes.

Quelques repositionnements, et mouvements de décontraction, la salle replonge dans les chuchotements de satisfaction.

La harpe disparait, le chœur s’efface doucement, de nouveaux participants prennent place de l’autre côté de la scène. Mon voisin en faisait partie, il embrasse ses trois enfants, s’assied et attend la suite de ce spectacle.

La Symphonie n°3 commence, même émotion, même ressenti, je m’accroche, je profite et me laisse emporter une seconde fois.

L’entracte me fait un bien fou.

Je regarde un peu partout dans la salle, je perçois dans tous les regards que je croise cette même expression :  la joie, ou bien le bonheur, tandis que s’efface le doute que j’avais avant de venir ici, qui me faisait penser que la musique classique était un bonheur personnel, restrictif, alors que, non, elle est partagée.

La dernière partie approche, le concerto en ré majeur op.77, à la fois l’une des œuvres la plus populaire et la plus technique de Brahms, indique le carnet remis à l’entrée dans la salle. Ce genre musical qui fait dialoguer un soliste avec son orchestre, et le moment que j’attends.

Tai Murray entre en scène.

brahms-orbcb-bayonne-1Elle est chaleureusement accueillie par l’orchestre et le public. Elle porte une robe drapée rouge. Cette jeune femme n’a pas encore joué une seule note, mais elle dégage une émotion intense.

Une petite souris de l’ORBCB me l’avait dit  à l’entracte : « elle est habitée par la musique, son regard et ses expressions sont francs, elle nous emporte avec elle ». Confirmation dès les premiers mouvements. Tai captive, elle capture.

Elle n’a pas joué une seule note, mais tout le monde l’entend déjà jouer.

Je vais vous faire rigoler, ou ricaner…

brahms-orbcb-bayonne-7Je n’ai aucune référence dans la musique classique, j’ai cependant perçu des similitudes avec des expressions d’athlètes de haut niveau. C’est une performance technique, physique, et psychique de produire une telle impression d’excellence…

Tai Murray, dans son regard tout de détermination, dans cette façon d’aller chercher une force dans le public…

Je vais sans doute être le seul à oser cette comparaison, mais le visage qui m’est parvenu est celui de Laura Flessel, notre championne d’escrime.

Dans sa conscience de devoir être au moment présent, de restituer tant d’années d’efforts en masquant son propre trouble, ses craintes éventuelles, qui n’ont pas leurs places devant le public qui l’attend.

Et de murmurer : « c’est là… c’est maintenant… cet instant est le tien »

Je sais aujourd’hui que je n’écouterai plus cette musique de la même façon.

brahms-orbcb-bayonne-8


Commentaires

2 réponses à Orchestre de Bayonne : Brahms, le violon de Tai, et les yeux de Laura

  1. marie dit :

    Bel article…
    ..
    Mais faites-vous des œillades aux organisateurs de Kulture sport ?

    … souris à l’ ORBCB
    … rat à l’Opéra

    Après « la Ferme des animaux »,
    Le Théâtre des rongeurs..

    Cordialement,

    • Merci Marie pour votre petit mot…
      C’est vrai qu’on pourrait le prendre comme cela, oui, ce lien entre culture et sport…
      Merci pour le grand sourire que vous nous avez offert dans l’équipe (aussi bien que le soleil qui nous manque)
      Et à très vite pour de nouvelles infos sur Kulture Sport, en mode « petite souris » 🙂

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