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L’Orchestre Symphonique d’Euskadi rend hommage à l’esprit d’Eresoinka

21 octobre 2014 > > Soyez le premier à réagir !

Soixante-quinze ans après la dissolution de la formation musicale Eresoinka, l’Orchestre Symphonique d’Euskadi a voulu rendre hommage à ce grand ambassadeur de la culture basque en présentant à Bilbao en première mondiale une œuvre pour orchestre et txistu intitulée Eresoinka.

Après une première à Bilbao et à San Sebastian-Donostia, d’autres présentations sont prévues à Pampelune (mardi 21 octobre), à Vitoria-Gasteiz (mercredi 22 octobre) et au Kursaal de San Sebastian-Donostia (jeudi 23 octobre), à même de soulever l’émotion forte de tous ceux pour qui cette formation musicale née de la guerre civile espagnole s’est profondément nichée dans le cœur du peuple d’Euskadi.

Soixante-quinze ans après la dissolution d’Eresoinka, l’Orchestre Symphonique d’Euskadi a voulu lui rendre hommage.

eresoinka-2Fidèle au principe qui a présidé sa fondation, qui n’est autre que d’être l’ambassadeur de la culture basque, s’inspirant de l’esprit d’Eresoinka, l’Orchestre s’est d’abord rendu en Italie pour participer à la 58e édition du Festival de musique contemporaine de la Biennale de Venise, le festival de musique contemporaine le plus important d’Europe. Et ils y ont interprété des oeuvres d’auteurs basques.

Eresoinka, la première mondiale à Bilbao

De retour au Pays Basque, ils ont repris leur saison de concerts en présentant en première mondiale ce samedi dernier à Bilbao et ce lundi au Kursaal de San Sebastian une oeuvre pour txistu et orchestre intitulée “Eresoinka” et composée par la biscayenne Isabel Urrutia.

Le concert pour txistu et orchestre d’Isabel Urrutia est une oeuvre de musique contemporaine, même si la compositeure a puisé une partie de son inspiration dans la tradition folklorique et laisse de temps en temps percevoir les traces d’une mélodie traditionnelle basque.

Crédit photo : Juantxo Egaña

“Le premier des trois mouvements s’articule autour du contraste entre un mélodisme posé, extrait d’une berceuse populaire, et des groupes de notes rapides qui rappellent parfois le rythme du zortziko. Ces deux éléments sont développés avec plus d’ampleur dans les deuxième et troisième mouvements, en générant un dialogue entre le soliste et l’orchestre semblable à celui d’un concerto grosso,” selon le compositeur et journaliste Mikel Chamizo.

À certains moments, on avait tout de même l’impression que le txistu avait du mal à faire face à la puissance de l’orchestre, le son de la petite flûte étant souvent noyé par l’orchestre.

Après la première mondiale d’“Eresoinka”, l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, sous la direction de Carlo Rizzi, a régalé le public avec Mozart et Brahms, offrant ainsi dans une même soirée de la musique contemporaine et de la musique classique.

crédit photo: Juantxo Egaña

Les pianistes Marta Zabaleta et Miguel Borges Coelho ont d’abord interprété le concerto pour deux pianos et orchestre K.365 de Mozart. Les deux pianistes, unis dans un dialogue de toute beauté, ont fait preuve dans leur jeu d’une grande complicité. Pour terminer la soirée, l’Orchestre Symphonique d’Euskadi a interprété la symphonie nº1 de Johannes Brahms.

Si la salle a accueilli avec un enthousiasme réservé la musique contemporaine d’Eresoinka, les interprétations de Mozart et de Brahms ont soulevé de longs applaudissements chaleureux.

Eresoinka, l’histoire de ce chœur des Basques pendant la guerre d’Espagne

EresoinkaL’ensemble instrumental, vocal et chorégraphique Eresoinka fut formé à l’initiative du président basque (lehendakari) José Antonio Aguirre en 1937, lors de la Guerre civile espagnole. Trois jours après la chute de Bilbao, le 22 août 1937, au moment où tout semblait perdu pour les Basques d’Euskadi, le président Aguirre convoqua le célèbre musicien basque Gabriel Olaizola et lui dit:

jose-antonio-aguirreIl est possible que nous ne puissions sortir d’ici. Mais ce n’est pas pour cela que la lutte doit se terminer; au contraire, je veux qu’elle se porte aussi sur le plan artistique. Je vous charge de partir immédiatement pour la France et de former parmi nos réfugiés, le choeur le meilleur possible; qu’il porte de par le monde avec nos mélodies, le souvenir d’un peuple qui meurt pour la liberté parce qu’on ne sait pas encore à l’étranger qu’on lutte pour elle. Si nous tombons, qu’il nous dédie un souvenir et qu’il continue de chanter”.

Formée par une centaine de réfugiés basques, la troupe s’installa d’abord à Sare pour les répétitions avant de se lancer dans des tournées internationales.

Entre novembre 1937 et 1939, les artistes d’Eresoinka feront découvrir la richesse des traditions du Pays Basque dans de nombreuses villes en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Si Gabriel Olaizola était en charge du choeur, le donostiar Enrique Jordá, qui sera plus tard en 1982 le premier directeur de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, s’occupait des musiciens.

Les meilleurs peintres basques du moment, dont Antonio de Guezala, les frères Arrue, Jose Mari Uzelai ou Julian de Tellaeche, réalisèrent les décors du spectacle.

Deux tableaux d’Antonio de Guezala représentant des moments de la tournée d’Eresoinka étaient exposés ce samedi soir dans le Palais Euskalduna de Bilbao pour accompagner le concert-hommage de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi.

tableaux d’Antonio de Guezala exposés dans l’Euskalduna de Bilbao à l’occasion de la première mondiale d’Eresoinka. Photo Frederik Verbeke

tableaux d’Antonio de Guezala exposés dans l’Euskalduna de Bilbao à l’occasion de la première mondiale d’Eresoinka. Photo Frederik Verbeke

Le premier tableau montre un moment matinal où les décors du spectacle arrivent au théâtre. Le deuxième, d’une meilleure qualité, montre la scène du théâtre juste avant le début du spectacle. Gabriel Olaizola et Enrique Jordá y apparaissent représentés.

Eresoinka-de-Sara-a-ParisEn 1939 Eresoinka s’apprêtait à entamer une tournée aux États-Unis, mais la déclaration de la Deuxième Guerre mondiale obligea le transatlantique qui les transportait à faire demi-tour vers la France.

C’est là où pris fin l’aventure d’Eresoinka

(pour en savoir plus, lisez le livre de Philippe Régnier, “Eresoinka, de Sara a Paris”, publié chez les Éditions Iru Errege en 2013)

Le Txistu et un orchestre, une combinaison rare

txistuBien que le txistu, s’il faut en croire Jorge Oteiza dans son “Quousque Tandem…!”, soit « l’instrument musical le plus ancien du monde » (des flûtes en os datant du paléolithique supérieur ont été découvertes dans les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya en Basse-Navarre), il existe encore très peu de concerts pour txistu et orchestre.

Maurice Ravel, originaire de Ciboure, s’inspira du duo que forment le txistu et l’atabal du Pays Basque lorsqu’il composait les premières notes de son célèbre Boléro, mais il n’osa pas utiliser ces instruments traditionnels.

En 1984, Tomás Aragües composa un concert pour txistu et orchestre et depuis quelques années le txistulari Garikoitz Mendizabal mène le projet Txistu Symphonic afin de promouvoir le txistu comme instrument soliste (c’est d’ailleurs ce dernier qui a interprété le txistu pendant l’hommage de l’OSE à Eresoinka)


OSE-1Retrouvez tous les détails de la saison de concerts de l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, qui se tiendront à San Sebastian, Bilbao, Vitoria et Pampelune, sur leur site Internet.



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