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Bilbao : l’Otello de Verdi clôture en beauté la saison d’opéra

21 mai 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Ce vendredi 22 et lundi 25 mai seront données deux nouvelles représentations de cet Otello de Verdi par l’Opéra de Bilbao, qui clôt en beauté sa saison comme ont pu le constater les spectateurs samedi dernier.

En programmant l’Otello de Verdi avec Marco Berti, Lianna Haroutounian et Juan Jesus Rodriguez en tête d’affiche, l’Opéra de Bilbao a rajouté une jolie cerise au gâteau déja somptueux d’une belle année, tout en offrant l’amuse-gueule d’une nouvelle saison qui sera dominée à 100% par des compositeurs italiens (Verdi, Donizetti, Bellini, Puccini et Rossini).

Opéra en quatre actes sur un livret du poète-musicien Arrigo Boito, Otello de Giuseppe Verdi est une adaptation de la célèbre tragédie de William Shakespeare.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

Un drame intemporel, l’histoire d’une jalousie qui pousse un mari à étrangler sa femme adorée avant de se suicider, l’histoire d’une rivalité mimétique aveuglante qui efface le réel pour y imprimer la noirceur de ses visions illusoires.

Un chef-d’oeuvre absolu, tant au niveau du livret, où Arrigo Boito a su saisir l’esprit de la tragédie shakespearienne et en restituer en italien la complexité et la profondeur, qu’au niveau de la musique, où Verdi a renouvelé l’art lyrique en substituant aux numéros isolés du bel canto traditionnel une musique coulée, créant de sublimes atmosphères psychologiques.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

Toute une série d’émotions profondément humaines y sont magistralement mises en musique : la tempête orchestrale et chorale étourdissante qui ouvre l’opéra ; le magnifique duo d’amour entre Otello et Desdemona à la fin du premier acte ; le crédo “Je crois en un Dieu cruel qui m’a créé à son image” où Iago clame sa profession de foi d’être malfaisant ; ou la déchirante chanson du saule que Desdemona interprète peu avant sa mort, se préparant à sa fin comme à une nuit d’amour.

Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

Dans le rôle d’Otello, le ténor italien Marco Berti éblouit dès son entrée sur scène, avec une voix puissante et pleine de nuances, dominant avec aisance les difficultés vocales, même s’il souffrait d’un manque de lyrisme dans le duo d’amour.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

Au même niveau d’excellence, la soprano Lianna Haroutounian dans le rôle de Desdemona, considérée à juste titre comme l’une des plus prometteuses sopranos verdiennes de sa génération.

Le baryton Juan Jesús Rodríguez, avec une voix clairement verdienne, chaude, prenante et douée d’une vaste tessiture, a interprété avec brio Iago, cet esprit diabolique, incarnation du mal, prêt à tout pour détruire son maître.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

Malgré la dimension intemporelle de l’oeuvre, la mise en scène d’Ignacio García et la scénographie de Gabriele Moreschi nous transportent vers le passé, les vêtements conçus par Lorenzo Caprile s’étant inspirés de la peinture préraphaélite du 19e siècle et de sa vision idéalisée du Moyen Âge.

La symbole y fut forte, dévoilant la dimension mimétique que René Girard a si bien analysée dans Shakespeare, ces feux de l’envie.

Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

En vêtant Otello de blanc et Iago de noir, Lorenzo Caprile a mis en relief la rivalité mimétique entre les deux protagonistes. En sa qualité de double mimétique, Iago est le côté obscur d’Otello, “un miroir dont le rôle consiste essentiellement à expliciter les pensées qu’Othello s’efforce en vain de refouler”.

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Crédit photo : Enrique Moreno Esquibel, pour Abao

De même, le grand miroir dominant la scène pendant le dernier acte symbolise lui aussi le mimétisme conflictuel, qui atteint son paroxysme à la fin de l’opéra quand le désir s’achemine vers l’anéantissement de soi (suicide d’Otello) et de l’autre (meurtre de Desdemona).

L’Orchestre Symphonique de Bilbao, placé sous la direction de Riccardo Frizza, a de fait parfaitement mis en valeur l’écriture symphonique de l’Otello de Verdi, sous les applaudissements d’une salle conquise.

La saison lyrique de l’ABAO a donc été conclue en toute beauté, au sein de laquelle la performance du ténor Roberto Alagna fut sans doute le moment le plus mémorable.

La prochaine saison, 2015-1016, les compositeurs italiens domineront la programmation: Don Carlos de Giuseppe Verdi, Roberto Devereux de Gaetano Donizetti, La Somnambule de Vicenzo Bellini, Manon Lescaut de Giacomo Puccini, Il Barbiere di Siviglia de Gioachino Rossini et la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi.

Les places seront mises en vente dès le 1er juin.


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