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Le FIPA 2015, et tout le bien que l’on pense de son Palmarès

26 janvier 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Deux Prix mérités pour le film Sanctuaire sur la guerre sale au Pays Basque, des films de qualité aux toutes premières places, pour une belle édition du FIPA, vivement (déjà) l’an prochain.

La 28ème édition du FIPA de Biarritz a rendu son verdit samedi 24 janvier dans une replica watch salle de la Gare du Midi archi-comble, après un crû 2015 qui a élégamment distillé aux Festivaliers la satisfaction de faire de ce Festival un incontournable de notre début d’année sur la côte basque.

happy-valleyLes équilibres n’ont pas été rompus, avec la prédominance des oeuvres européennes (ARTE repart avec quatre films primés) que seule la très bonne série australienne The Code aura réussi à infiltrer, les créations anglaises comme Happy Valley (lire ci-dessous) et Broadchurch marquant un territoire que les Scandinaves n’ont pu lui contester cette année.

sanctuaire-fipa-uneSans doute l’émotion ressentie devant les deux Prix décernés à Sanctuaire aura encore plus ancré le souvenir de ce film puissant dans le coeur de ceux qui, ici, ont applaudi une fiction au moins aussi fort d’un pamphlet documentaire sur ces années de guerre sale au Pays Basque.

sanctuaire-fipa-molia-1Ce Prix pour son scénario, auquel le Bayonnais Xabi Molia a donné son ADN, et le Prix d’interprétation féminine pour la belle Juana « Yoyes » Acosta, pourraient changer la donne de sa diffusion, prévue initialement en mars prochain : séduit par la qualité de cette oeuvre, le Festival International de Cinéma de Donostia/San Sebastian pourrait obtenir de Canal+ le report de son passage sur le petit écran pour lui ouvrir celui, immense, de Zinemaldia en septembre prochain.

marvellous-uneLa plus grande marche a récompensé l’un des plus « petits » personnages de la compétition, le film britannique Marvellous continuant son beau chemin Forrest-Gump like.

simoneCette semaine encore, Eklektika continuera de vous proposer des chroniques sur les films vus ici, de The Amazing Nina Simone par Murielle à Shoah, les Oubliés de l’Histoire par Michèle.

remineOu encore cet OVNI télévisuel salutaire, passé sous trop grand silence, Remine ou les années de lutte des mineurs des Asturies.

Le FIPA est parti, il faudra guetter le petit écran pour y voir passer les repères de ces petits joyaux audiovisuels, et adopter la même attitude de curiosité et d’ouverture au monde de ce qui a prévalu durant ces 5 jours.

Crédit photo Une : Agence Photomobile

Article écrit à quatre mains par Murielle Barthe et Ramuntxo Garbisu


Palmarès complet FIPA 2015 :

Fiction :
Fipa d’or : Marvellous de Julian Farino (Royaume-Uni)
Fipa d’or interprétation masculine : Tobey Jones dans Marvellous de Julian Farino (Royaume-Uni)
Fipa d’or interprétation féminine : Juana Acosta dans Sanctuaire d’Olivier Masset-Depasse (France)
Fipa d’or scénario : Pierre Erwan Guillaume, Olivier Masset-Depasse, Quitterie Duhurt-Gaussères, Xabi Molia pour Sanctuaire d’Olivier Masset-Depasse (France)
Fipa d’or musique originale : Matthias Weber et Paul Galister pour Beautiful Girl de Dominik Hartl (Autriche)

Séries :
Fipa d’or : Happy Valley de Sally Wainwright, Euros Lyn et Tim Fywell (Royaume-Uni)
Fipa d’or interprétation masculine : Jurgen Delnaet dans Marsman de Mathias Sercu (Belgique)
Fipa d’or interprétation féminine : Marie Dompnier dans Les Témoins d’Hervé Hadmar (France)
Fipa d’or scénario : Shelley Birse pour The Code (Australie)
Fipa d’or musique originale : Kristian Selin Eidnes Andersen pour Kampen Om Tungtvannet (La Bataille de l’eau lourde) de Peter Olav Sorensen (Norvège)

Les autres catégories des Fipa d’or :
Fipa d’or Documentaire de création : Pekka d’Alexander Oey (Pays-Bas)
Fipa d’or Grand reportage et investigation : Taïga d’Hamid Sardar (France)
Fipa d’or Musique et spectacle : Mia Oikgeniaki Ypothesi d’Angeliki Aristomenopoulou (Grèce)
Fipa d’or Smart Fip@ : Sounhunters de Marion Guth, François Le Gall, Stéphane Hueber-Blies (Luxembourg)

Prix Télérama et prix du Publix : Rwanda, la vie après – Paroles de mères de Benoît Dervaux et André Versaille (Belgique)


‘Happy Valley’, tout d’un Fargo (en plus sombre)

Réalisé par Sally Wainwright, Tim Fywell, Euros Lyn
Royaume Uni 2014, 6 épisodes de 58 mn

Happy ValleyIl y a du Fargo dans cette série. Avec l’humour du nord en plus. À commencer par le titre ironique Happy Valley. Dans cette région, dans les années 2000, des rapports montraient qu’on y enregistrait un taux de suicide des jeunes supérieur à la moyenne nationale ainsi qu’une mortalité causée par la drogue plus importante qu’ailleurs. C’est également l’endroit où il est dit que le soleil ne parvient pas à toucher le creux de la vallée.

En toile de fond, deux décennies de dommages dans une famille et une communauté. Plutôt que de jouer avec des dénouements inattendus, les scripts sont déjà établis, creusés plus profond et plus douloureusement chaque semaine dans les personnages et les situations. Les éléments de suspense – enlèvements, réseaux de drogue – sont le cadre pour l’examen médico-légal des relations : entre les parents et les enfants, les ex-conjoints et les collègues.

L’intrigue s’articule autour de Catherine Cawood, 47 ans, divorcée et deux enfants, qui la fonction de sergent de police dans la région des vallées du Yorkshire. Avant même le générique d’ouverture, on est fixé (et cloué devant l’écran).

Happy-Valley 2« Je suis Catherine » dit-elle à l’homme menaçant d’auto-immolation. « Je suis divorcée, je vis avec ma sœur, qui est une ancienne héroïnomane. J’ai deux enfants … une morte, et un qui ne me parle pas  … et un petit-fils. »

Alors qu’elle semble finalement reprendre le dessus sur le suicide de sa fille huit ans plus tôt, elle apprend que l’homme qu’elle juge responsable de ce suicide, Tommy Lee Royce, sort de prison ayant été condamné pour d’autres faits. Elle devient rapidement obsédée par l’idée de le confronter, ignorant qu’il est impliqué dans une organisation criminelle projetant l’enlèvement d’une jeune femme pour en tirer une rançon.

L’actrice Sarah Lancashire est sur la bonne voie d’une très grand reconnaissance internationale, après avoir eu un  BAFTA en 2014 pour sa performance dans Le Dernier Tango à Halifax, également écrit par Sally Wainwright. Certains gros plans de Sarah Lancashire  – en particulier son visage ensanglanté après avoir été frappée par son ennemi juré  – ont provoqué des plaintes auprès de l’Ofcom (équivalent du CSA). Mais la violence peut être justifiée par le thème récurrent de la série : la violence physique et mentale, subie par les femmes.

L’écriture de Wainwright se veut difficile, dérangeante et provocatrice. Oui ça l’est, mais quand c’est montré avec talent, c’est passionnant.


‘The Code’, les bons ingrédients du thriller en place

Réalisé par Shawn Seet, Australie 2014
6 épisodes de 56 mn

fipa-crash-uneThe Code se montre capable de renverser beaucoup de préjugés (les plages, le soleil, les surfeurs blonds et les voyageurs en sac à dos). Ces dernières années, la télé australienne a fait des efforts pour montrer son coté plus ironique ou plus sombre. Rake pour l’humour, mais aussi The Slap, Secret and Lies, Janet King, The Killing Field et Wentworth pour le drame.

Et surtout cette série est prometteuse. Avec comme bonus supplémentaire, le visage célèbre des antipodes : Xena la princesse guerrière – ou Lucy Lawless – jouant l’un des personnages principaux. Avec à ses cotés, deux pointures de la télé australienne : Dan Spielman et Ashley Zukerman.

Le premier épisode s’ouvre sur une scène violente. Un accident de voiture dans l’arrière-pays, tout cela en courtes rafales, images horribles et la voix d’une fille qui crie « Cours! »
Puis la scène se déplace dans les bâtiments du Gouvernement à Canberra, où un politicien et sa blonde assistante complotent la fuite de photos pour humilier un rival. Nous sommes loin des plages de surfeurs. Pendant ce temps, le journaliste, qui a reçu les photos compromettantes de l’homme politique, apprend les nouvelles de l’accident et la disparition de la passagère. Il décide d’enquêter.

the codeCette histoire fait écho à la terrible affaire de Peter Falconio (un touriste anglais disparu dans le bush australien pour ne jamais être retrouvé) tout en étant aussi mystérieuse dans son propre droit. Qui a écrasé qui et pourquoi ? Était-ce délibéré? Pourquoi cette société viserait deux adolescents pendant une promenade dans la nuit? Et comment les intrigues dans les bureaux gouvernementaux ont un lien avec l’histoire?

Certes cette série présente quelques défauts et se surchargent d’effets spéciaux, l’écran de la TV grouille soudainement de graphiques qui défilent, sifflent et clignotent. Mais The Code remplit son contrat. C’est un bon thriller qui mêle les ingrédients nécessaires, la théorie du complot, le mystère, la violence, les relations entre natifs et australiens blancs, la politique, les actualités, internet et le reste.


Les Témoins, du « déjà vu » de qualité

Réalisé par Hervé Hadmar – France 2014
6 épisodes de 52 mn

temoinsLes Témoins vont, sans le cacher, piocher du coté des séries nordiques et scandinaves pour nous présenter une série classique dans sa réalisation et sa facture. Une héroïne flic, belle, forte avec bien entendu quelques problèmes dans sa vie personnelle. Un autre flic, plus âgé, le toujours séduisant Thierry Lhermitte, qui lui aussi est un être tourmenté.

Nous sommes au Tréport, en Normandie. Des morts qu’on déterre et qu’on installe dans des maisons témoins. À chaque fois, une femme, un homme et une adolescente qui ne se connaissaient pas forment « une nouvelle famille ». Au milieu des corps, des meubles proprets et des photos de familles idéalisées, Sandra Winckler, jeune flic chargée de l’affaire, découvre la photo de Paul Maisonneuve : une légende de la PJ de Lille qui va devoir revenir aux affaires. Qui enlève et installe ces corps ? Pourquoi ? Comment ?

temoinsLa série est tournée dans le Nord, avec les falaises et la mer pour décor, sous un temps et un environnement  aussi froids que les corps déterrés.

Difficile après les premiers épisodes de se faire une idée. Le scénario est bien bâti, intéressant mais il manque « un je ne sais quoi ». Quelque chose qui nous tenterait assez pour continuer l’aventure avec eux. Le facteur nouveauté est absent ; l’impression de « déjà vu » reste hélas dans les esprits. Par curiosité ou par ennui, on suivra la série en espérant un retournement de situation, un fait suffisamment choquant pour nous persuader que Sandra Winckler peut mieux faire que Sarah Lund (The Killing).

À regarder si vous n’avez jamais vu de séries parfum scandi-noir.


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