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Au Festival Punto de Vista et à la Cuidadela, deux beaux moments d’amour à Pampelune

16 février 2015 > > Un commentaire

Avec le Festival Punto de Vista et l’exposition Eslava à la Cuidadela, Pampelune aurait mérité ce week-end d’être nommée Capitale de l’amour en Pays Basque pour ce week-end de la St Valentin.

Il n’y a pas que le rio Argia, qui traverse Pampelune, qui peut être le seul à porter des torrents d’amour dans la capitale navarraise, ou le seul San Fermin capable de provoquer des moments comme cela.

Avec sa programmation thématique « Autour des basques », le Festival Punto de Vista de documentaires qui vient de s’achever a fait vibrer le public du Balluarte après la projection spéciale du film Euskadi (1983) du réalisateur géorgien Otar Iosseliani samedi après-midi.

Et à quelques mètres de là, dans l’univers calcaire de ses fortifications, l’exposition consacrée au sculpteur local Jesus Alberto Eslava (jusqu’au 1er mars 2015) n’avait pas d’autre message à porter également de son côté.

Compte-rendu d’une après-midi navarraise où il fut concevable, quelques heures seulement, d’oublier la pluie qui menaçait de la glacer.


Punto de Vista : une carte d’amour à deux directions en présence d’Otar Iosseliani

pampelune-punto-de-vista-2Otar Iosseliani est un grand nom du cinéma qui a de nombreuses fois retenti dans les plus grands festivals internationaux du monde entier, de Venise (primé à trois reprises) à Berlin (un Prix) ou Cannes (deux fois sélectionné).

Celui qui, dès ses premiers films, a incarné un apport nouveau depuis son pays natal, la Géorgie, a immédiatement connu la censure ou la mise à l’écart, avant qu’un exil en France, à partir de 1982, ne devienne sa seule possibilité contre l’obligation de renoncer au cinéma.

C’est à ce moment-là de sa vie qu’Otar Iosseliani, proche jusqu’alors d’un descendant ressenti d’un Jacques Tati, commit ce film hybride, Euskadi, supposé être un reportage pour FR3 sur la vie pastorale en Pays Basque.

Quatre décennies plus tard, il vaut essentiellement pour le regard qu’il pose sur sa propre douleur d’exilé, et pour ce destin croisé que lui assurent les historiens, relevant chez ces deux peuples des similitudes linguistiques à même de les rapprocher.

pampelune-punto-de-vista-3Le directeur du Festival Punto de Vista, Oskar Alegria, l’aura bien compris, qui aura introduit la programmation de ce film en expliquant au public présent combien il devait être considéré comme « le message d’amour d’un cinéaste géorgien pour le Pays Basque ».

Le retour qu’il offrit à Otar Iosseliani avait opté pour de la grande générosité, en permettant au cinéaste de retrouver la veille ceux qu’il avait filmés, en 1982, du côté d’Helette ou de Pagolle, au moment de sa pastorale.

A 81 ans, l’homme n’est toujours guère bavard, d’ordinaire, laissant les images exprimer ses émotions plus sûrement que ses propres mots.

Deux enfants lui remettant un makila d’honneur pour son geste cinématographique achevèrent de rompre ses digues, lui permettant à ce moment-là de déclarer une nouvelle fois combien « les Géorgiens et les Basques, nous sommes pareils…. Nous partageons un même amour les uns pour les autres. ».

Euskadi, réalisé par Otar Iosseliani, est visible en 3 parties à partir du premier lien ci-dessous


 A la Cuidadela, un sculpteur navarrais, Jesus Alberto Eslava, qui embrasse le fer

jesus-de-alva-ciudadela-5Depuis les travaux monumentaux de Jorge Oteiza et Eduardo Chillida, on connait l’amour des Basques pour la torsion des métaux.

jesus-de-alva-ciudadela-3A cette liste intime, le parc d’exposition permanente des fortifications de Pampelune, la Cuidadela, a permis d’y rajouter un nom peut-être moins connu, celui du natif local de Jesus Alberto Eslava.

Exposées jusqu’au 1er mars prochain, une quarantaine de ses oeuvres montre à quel point cette méconnaissance serait un ratage, tant le sculpteur navarrais, aujourd’hui âgé de 85 ans, déploie un talent rare pour alléger totalement les matières travaillées, et les déployer dans une légèreté amoureuse sidérante.

Ces oeuvres portent les noms de Vénus dansante, d’embrassade (Abrazo), de victoires et d’amitiés, jusqu’à cette sculpture baptisée Judo qui caresse plus le ballet des corps que l’affrontement des êtres.

jesus-de-alva-ciudadela-1

De la nature guerrière de l’acier malmené par les hommes depuis la découverte du feu, son travail est guidé par la douceur à restituer, dans des élans de sentiments qui emplissent les yeux et les âmes d’une chaleureuse invitation à se rapprocher.

Sans crainte des chocs ou des déséquilibres qui pourraient en résulter.


Commentaires

Une réponse à Au Festival Punto de Vista et à la Cuidadela, deux beaux moments d’amour à Pampelune

  1. […] Au Festival Punto de Vista et à la Cuidadela, deux beaux moments d’amour à Pampelune : Agenda des évènements culturels, dossiers et articles sur la culture au Pays basque  […]

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