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Parque Lenin, d’Itziar Leemans : un nouveau grand nom pour le cinéma basque

7 avril 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Pour son premier film tourné à Cuba, la réalisatrice luzienne Itziar Leemans a déjà les honneurs d’un Festival majeur en Suisse, première confirmation d’une trajectoire cinématographique qui ne s’arrêtera pas là.

Le mardi 21 avril, la réalisatrice basque Itziar Leemans et son acolyte mexicain, Carlos Alberto Medellín Miñón, auront l’honneur de s’avancer vers le public de Visions du Réel, l’un des plus importants Festivals internationaux de documentaires au monde, sur les bords du lac Léman, à Nyon.

C’est donc en Suisse que les deux co-réalisateurs de leur premier film, Parque Lenin, entament ce qui pourrait bien être une longue et fructueuse tournée de présentation de cette œuvre forte, centrée autour d’une fratrie cubaine, tournée en 2014 à La Havane.
itziar-carlosItziar et Carlos se sont rencontrés là-bas, à San Antonio de la los Banos, à la prestigieuse école internationale de cinéma et de télévision EICTV, un appareil photo chacun dans la main, lui venant du Mexique et elle, née à St Jean de Luz en 1983, après une première étape décisive en maitrise d’Histoire de l’art à Toulouse.

Sur place, à Cuba, un premier travail photographique d’Itziar Leemans lui avait permis de rencontrer le silencieux Antoin, son frère Yesuan et la petite soeur Karla, encore adolescente.

parque-lenin-9Elle est revenue comme réalisatrice, au moment où la fratrie amorçait sa dispersion : leur dernier souvenir commun est celui d’une après-midi passée au Parque Lenin, cet endroit où la jeunesse de La Havane se retrouve au soleil, pour quelques heures d’insouciance.

Un temps de joie, soigneusement laissé à l’écart de l’explication pourtant nécessaire du grand frère pour annoncer son départ, dès le lendemain, pour aller étudier l’opéra en France, du côté de la froide Savoie.

parque-lenin-4Déchirure visible, muette, laissée seule face à un silence pesant, et l’obligation de faire sans plus d’explications que cela.

Tandis qu’Antoin progresse difficilement dans la campagne enneigée, son frère et sa soeur reprennent leurs existences ordinaires, les yeux dans le flou.

Durant les 75 minutes que dure Parque Lenin, aucune voix-off ne sera mise en oeuvre pour que soit accélérée la dramaturgie qui nourrit ce documentaire millimétré et puissamment romanesque.

parque-lenin-8Le choix extrêmement mature des cadres, magnifiques, amplifie l’immersion, tandis que le montage des séquences en parallèle se révèle ambitieux et généreux, pour ce qu’il nous laisse d’espace pour la compréhension de ce qui se joue, là, devant nos yeux.

Par cette toute petite cellule familiale affluent les deux choix de vie esquissés aujourd’hui à Cuba, celui qui prend le parti de quitter l’île pour s’accomplir, et celui qui a déterminé que ce geste-là serait une trahison, encore plus qu’une erreur.

parque-lenin-6Il ne serait s’agit que de cela, dans Parque Lenin, que ses spectateurs auraient déjà eu suffisamment de raison d’applaudir ce documentaire pour ses qualités formelles, et l’assurance avec lequel il guide son récit.

Mais le final surprend bien au-delà de ça, s’arrête dans votre gorge, et enthousiasme tout ce qui, en vous, continue de reconnaitre au cinéma la possibilité de révéler l’invisible : Parque Lenin est le récit d’une déchirure implacable, pas d’un choix, et toute la beauté ici mise en oeuvre n’y pourra rien, aucun regard en arrière n’est possible.

parque-lenin-10Le générique de fin, où peut être lu le nom prestigieux du réalisateur mexicain Carlos Reygadas (qui a offert sa salle de montage au duo, avant de les féliciter en premier), peut alors vous surprendre dans un état de mélancolie et de joie, de convictions cinématographiques confortées, surtout, et de deux noms à retenir, tout de suite, avant que tous les autres ne s’y mettent.

Avec son ami Carlos, la luzienne Itziar Leemans s’est inscrit dans le meilleur de la veine documentaire, à un niveau qui pourrait lui valoir d’être sélectionnée plus près de nous, au prochain Festival international de Donostia/San Sebastian, le Zinemaldia, en septembre prochain.

L’occasion serait belle pour sa famille et ses proches de revoir celle qui leur manque, dans son activité actuelle de directrice photographie pour la télévision mexicaine.

Et, pour tous les autres, de pouvoir affirmer qu’Itziar, actuellement en préparation de son premier long-métrage de fiction, est effectivement l’une des plus belles révélations cinématographiques de sa terre basque.


Bande annonce de Parque Lenin


Parque Lenin, Carlos Mignon, Itziar Leemans | 75′ | 2015 | Mexique

Tous les clichés photos noir et blanc tirés du travail photo d’Itziar Leemans,

à retrouver sur http://itziarleemans.wix.com/photo#!photos.


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