Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Patrick Chappert-Gaujal, ticket d’entrée de nouveaux mondes avec ce que le nôtre a rejeté par la mer

16 janvier 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Avec l’âme d’un aventurier glaneur, une curiosité singulière et tendre pour les objets, Patrick  Chappert-Gaujal, artiste plasticien et sculpteur originaire de l’Aude, a choisi la Crypte Saint-Eugénie de Biarritz (jusqu’au 29 janvier 2017) pour une exposition propice à la méditation et au voyage dans le temps et l’espace.

Les déchets marins qui jonchent habituellement les plages ont trouvé, aux côtés de toutes sortes de matériaux de récupération, un nouveau foyer jusqu’au 29 janvier 2019. Invitation à une poésie bucolique dans un lieu de culte splendide, calme : parfait en somme, pour s’évader.

Patrick  Chappert-Gaujal ramasse, collectionne et assemble une multitude de choses pour, dans une démarche baudelairienne, transformer la boue en or, l’ancien monde de détritus en de nouveaux, magnifiés.

Et les principes de son ré-assemblage marque nettement sa différence avec ce qui a pu être vu ailleurs, le lieu renouvelant dans le même mouvement son attirance pour les recompositeurs, comme le Sarladais Fernando Costa, exposé ici il y a un an.

Ainsi, un bout de bois rejeté par la mer, une pierre usée par l’érosion ramassée à même le sable, ou encore un vieux morceau de carte topographique dénichée dans un vieil atlas, sont tout ce qu’il faut à cet artiste passionné par la cartographie pour entamer un processus de création.

Agencés et soudés, ils sont ensuite recouverts de peinture dans des gestes que l’on devine frénétiques mais non moins ordonnés. Une harmonie se dessine, toute sa magie est là.

On ne sait comment, mais soudainement, une image continentale émerge de l’ombre. Les détritus de la mer deviennent un délice pour les yeux et un ticket d’entrée pour un monde coloré plein de surprises, parfois d’étonnements.

Un autre point de vue accouche dans l’esprit d’un spectateur à l’oeil patient : il se retrouve transporté, dans un silence religieux, vers des contrées côtières faites de bric et de broc.

Dans une série d’allers-retours, on se concentre successivement sur des petites parties des oeuvres puis sur l’ensemble et ainsi de suite, un véritable va-et-vient fait de zooms sur tel ou tel objet. Et le jeu peut durer longtemps.

Chappert casse les formes et les reconstruit. Pas de monotonie tout au long du parcours puisque se succèdent des peintures, des sculptures, des caissons lumineux et des dessins, de tailles variables.

Les formes, elles aussi, ne sont pas monocordes : tantôt rectangulaires, tantôt circulaires, les supports sont parfois bien plus complexes et archaïques, ce qui laisse libre court à l’interprétation pour un observateur contemplatif.

Regarder de plus près et plisser les yeux sont deux efforts nécessaires pour réaliser que l’objet du plaisir n’est parfois qu’une fraction du cadeau offert à l’oeil.

Mais le temps passe, et un son vient interrompre la confusion naissante entre le sujet et l’objet.

La cloche de l’église Saint-Eugénie retentit quelques dizaines de mètres plus haut, et les témoins de Chappert, alors emprisonnés dans la crypte, se surprennent d’avoir déjà passé une heure à décrypter des pièces dont le secret est encore impénétrable.

Si certaines mauvaises langues pourraient taxer l’artiste de syllogomanie (accumulation compulsive d’objets sans les utiliser), d’autres verraient en lui un collectionneur effréné, au pire un fétichiste sain cherchant à attirer l’attention sur l’état des océans.

La réponse appartient à tous les visiteurs de l’expo de la crypte Ste Eugénie, jusqu’au 29 janvier 2017 (entrée libre, ouvert tous les jours – sauf le mardi – de 14h à 18h30).


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.