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« Esprit de lumière », rétro de Paul Rambié : toute une vie à observer sa propre peinture

19 décembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

La rétrospective des peintures de Paul Rambié, « Esprit de Lumières » est à voir sans aucune hésitation à Anglet jusqu’au 23 janvier 2016, rencontre avec son premier spectateur, l’artiste lui-même.

Paul Rambié est né il y a 96 ans à Boucau, tout près de cette ville d’Anglet qui le ré-accueille, 20 ans après, pour une seconde rétrospective de ses peintures, dont il est indiqué dans son invitation qu’elles « invitent à la contemplation et à la méditation ».

Sa vie aurait été différente s’il était né à New York, sa peinture aussi.

Paul Rambié vous regarde poser cette affirmation saugrenue. Détourne un peu la tête. Rentre en lui.

Son existence est inscrite ici, dans l’histoire de ce continent, loin des tempêtes artistiques déchainées de la Grosse Pomme, quand lui a connu les tremblements de terre de la Grande Guerre, et sa déportation en Allemagne.

Paul Rambié n’est pas défini par cela, sa peinture en a été logiquement marquée, mais le « à vie » ne s’impose pas.

Il peignait avant, il est revenu du noir et des horreurs avec l’impossibilité de s’y remettre, mais le soulagement a repris sa place, « ma vie est repris après être allé voir la Chapelle Sixtine de Michel Ange ».

Une forme certaine de spiritualité a pris sa place dans sa vie, « j’ai passé une saison avec Dieu, j’avais 28 ans », il se remémore cette année 1947, « et puis après, ça s’est arrêté, le courant n’était plus là ».

Il ne s’étend pas, ce genre de confidences ne devrait pas valoir explication de toute façon, et ne peut avoir la prétention de le définir, « depuis, j’ai acquis une grande paix intérieure », lâche-t-il juste, il replonge en lui.

« Cela peut me dépasser, ma peinture », murmure-t-il ensuite.

Il évoque quelque chose d’intraduisible, qui le fascine lui-même, ou que, parfois, il lui faut regarder avec stupéfaction, en redoutant de ne pouvoir établir un dialogue entre son âme et ce qu’il voit sur la toile.

« Avec le temps, j’ai accepté que tout cela m’échappe, les figures que je vois sont parfois des cris, des appels, je me sens comme leur serviteur, sans savoir ce qui se passe », il essaie de faire entendre que c’est sa vérité à lui, le moteur de ce qu’il offre dans l’expression « j’ai besoin de peindre ».

Ses oeuvres expressionnistes sont marquées par un sens du tragique assumé, qu’il a vu évoluer selon les états de sa vie.

paul-rambie-anglet-2« J’admets que ma peinture peut paraitre difficile, qu’elle porte mon existence cahin-caha, mais elle me permet de vivre aussi », une certitude plus grande que celle de savoir ce qu’il a posé sur son chemin personnel, « je ne suis pas sûr d’avoir réalisé la synthèse de ce qui pourrait faire oeuvre », il regarde ses toiles exposées dans les trois pièces de la galerie Beatrix Enea.

Et il cherche.paul-rambie-anglet-8

Dans ces paysages, dans ces figures, dans « toute cette misère du monde », dans « ce qu’on ne peut oublier ».

Il murmure, « là, il y a des détails que je découvre encore, des visages ou des figures qui ont pris leurs places, je ne sais toujours pas quel regard elles portent », son regard tente d’embrasser ces paysages concentriques qui se sont imposés récemment dans son inspiration.

Il a régulièrement exposé sur Paris, et dans le monde entier, aux États Unis, en Amérique Latine, en Italie ou en Grèce, il hésite à vous faire le confident d’un hasard à partager, comme ces oiseaux qui se sont perchés sur l’épaule de St François d’Assises.

Il sourit, assez magnifiquement, « je ne sais pas ce qu’il faut penser de ma peinture, mais je sais que beaucoup de gens ne voudraient pas de ça chez eux », son sourire perdure, « et après tout, pourquoi pas ? J’aime la franchise de ceux qui me l’ont dit ».

Les exigences qui font signature de Paul Rambié ne semblent n’ignorer que lui, de cette inscription nouvelle de notes stylisées de musique (« la découverte intime de Bach, ça vient de là ») à ces anges, drapés de rouge, avec qui il maintient le dialogue, une fois localisés sur sa peinture.

paul-rambie-anglet-11Il vous regarde, hésite, et prend le parti de vous faire confiance, là.

« Vous voyez, l’univers du métro… ? Tous ces visages qui défilent. L’humanité qui passe, sans s’exprimer, on sait que ces visages-là, on ne les reverra jamais plus… Ca doit avoir un rapport avec ma peinture, je pense, ils ne parlent pas mais ont tant de choses à dire… C’est extraordinaire… ».

Paul Rambié est exposé à la Villa Béatrix Enea et à la Galerie Georges-Pompidou d’Anglet jusqu’au 23 janvier 2016.


 


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