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Pier Pol Berzaitz, avec l’Orchestre de Bayonne : « chanter en basque reste un acte militant »

17 février 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Vendredi soir à Boucau et dimanche à Hendaye, Pier Pol Berzaitz présentera son répertoire de chansons basques sous un angle inédit : des arrangements signés Joël Mérah du conservatoire de Bayonne et un accompagnement de l’Orchestre Régional de la Côte Basque, doté pour l’occasion d’une formation aux accents folk.

Une longue route a été suivie par le chanteur souletin Pier Pol Berzaitz depuis ses primes montages de Musculdy en 1951, et ses premières notes de musique dans la petite chapelle St Antoine, jusqu’à cette salle de l’Appolo Boucau ce vendredi 17 février 2017, puis dimanche 19 février à l’église St Vincent d’Hendaye, pour deux concerts où une sélection de ses chansons seront données avec, derrière lui, des musiciens de l’Orchestre Régional de Bayonne Côte Basque (ORBCB), pour une commande de l’Institut Culturel basque.

Son itinéraire a découvert dans les années 70 les grands poètes basques du Sud tels que Mikel Laboa ou Joxean Artze, « les chanter a été une évidence dans la période franquiste », avant que ses propres textes ne trouvent place dans son répertoire, largement diffusé depuis, en particulier avec cinq pastorales données dans ses vallées natales.

Des thèmes universels l’ont nourri, qui permettent à Pier Pol Berzaitz de clamer son amour à sa terre basque et d’offrir à certaines chansons une dimension intemporelle comme son fameux Baratze Bat à découvrir ce week-end  comme « une belle journée aux harmonies des oiseaux » sous un jour nouveau.

Les mélodies mises en orchestration pour l’occasion par la douzaine de musiciens de l’ORBCB ont été mises en portée par un solide compagnon de route, Joël Mérah, guitariste, compositeur et arrangeur au Conservatoire de Bayonne, déjà en renfort en 2008 sur un album de Berzaitz.

L’accent a été orienté vers une orchestration mixte, par un vent de fraîcheur d’instruments classiques (cordes, cuivres, percussions et piano) et d’un groupe folk composé uniquement de professeurs du Conservatoire bayonnais.

Dans les heures de répétition où tout ce qui a été écrit et imaginé doit prendre son envol musical, les arrangements offrent à l’évidence un relief puissant et moderne à certaines chansons anciennes du poète, toujours portées par la voix profonde et grave de Pier Pol Berzaitz, chants en euskara venus du fond de l’âme séculaire et soutenus par la douceur de la guitare de Mérah et des musiciens aguerris autour de lui.

La beauté monte dans la salle encore vide de l’Appolo, en même temps que ce sentiment qu’être là, dans cette configuration, est à la fois un honneur et une responsabilité que peu de chanteurs basques ont eu la possibilité de se voir offrir.

« Chanter en basque reste un acte militant » pour Pier Pol Berzaitz, qui entend continuer de répondre à ceux qui lui reprochent encore (parfois) de ne chanter qu’en euskara, alors que lui, en tant que spectateur, ne se pose pas cette question lorsque le fado se chante bien en portugais, et qu’il va bien voir des concerts de rock anglais au Zénith de Pau, sans en comprendre le moindre mot.

« Un beau chemin, une langue qui jaillit sur la place, dans le monde, comme disait Etxepare », avait-il confié en 2012 dans un entretien pour Eke, « c’est une chose que je n’ai pas vécu étant petit, alors je prends cela comme une petite victoire ».

A la salle Appolo de Boucau ou à l’Église St Vincent d’Hendaye, chaque spectateur se verra remettre un petit livret avec les textes traduits, une offrande bienvenue pour les non-bascophones qui pourront y découvrir le sens de vers consacrés à l’amour, au bonheur et même à l’écologie.

Je voudrais t’offrir un jardin,
Avec mes rêves les plus secrets,
Aujourd’hui, les fleurs vêtues de leurs plus beaux effets
Dansent de mille couleurs dans les cœurs

De la nuit sombre et profonde,
Je me réveille refroidi
Le cœur si triste,
En manque de toi.

Dans son répertoire proposé durant deux soirs sur la côte basque, Pier Pol Berzaitz a choisi certains  textes du poète Arnaud d’Oihenart, l’une des rares plumes du XVIIème siècle à écrire en basque sans être ecclésiastique.

Le compositeur souletin confie que ces textes l’ont tout de suite séduit, car « ils lui rappelaient comment parlait sa mère et sa grand-mère. D’autres chansons permettent également de découvrir les vers de Xabier Lete, poète contemporain qui laissa avant sa mort un recueil à Pier Pol Berzaitz, qui ne manquera pas de lui rendre hommage aujourd’hui.

Cette hauteur souhaitée pour ces deux rendez-vous exceptionnels s’entendra dès l’ouverture, par une première composition ample de dix minutes, Eguna ametsa da bi gauen artean, ré-orchestrée par Joël Mérah, pour atteindre la dimension méditative, quasi religieuse, d’une pièce qui devrait faire date dans la musicologie basque.

Durant l’heure et demie de programmes proposés, la moindre des surprises ne sera pas d’entendre également la voix du chanteur souletin se poser sur deux compositions traditionnelles irlandaises.

Sur la scène de l’Appolo, les deux hommes se regardent, les musiciens se calent autant que leurs notes, s’envolant comme les êtres convoqués de Baratze Bat :

Aujourd’hui est au beau jour
Mille oiseaux chantant
Approche ma reine
Je te tends les bras


 


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