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Audiovisuel public : le “Changement”, pas pour maintenant [Et Pierre Carles, depuis 2010]

10 octobre 2013 > > Soyez le premier à réagir !

C’est un peu le souci récurrent avec le retour des socialistes au pouvoir, c’est ce sentiment d’agacement devant les promesses non tenues, certes différentes de celles de la droite, mais dont la virevolte fait de l’internaute un témoin constant, sans avoir à passer par une analyse média pour le constater facilement.

C’est pour cela (aussi) que l’on aime Internet, cette tour de Babel d’informations qui conserve la plupart des déclarations faites, permet de les dater, de constater leurs oppositions, et de les leur renvoyer comme des boomerangs (inoffensifs, certes, mais…).

Sans parler globalement des 60 promesses de François Hollande et en essayant de ne pas évoquer la triste figure de Manuel Valls (plus tard, plus tard), la question de l’audiovisuel public, et de France Télévisions, illustre une pensée unique, à la fois culturelle et industrielle, qui vous ferait douter de votre choix le 6 mai dernier devant l’urne présidentielle.

Le constat est connu : France Télévisions est soumis à des difficultés financières lourdes (comptes « à l’équilibre » en 2011, 2012 mais 100 millions d’euros de déficit prévus pour 2013), dont la traduction à l’antenne fut, ici en Pays Basque, la mise en congés sans remplacements, à la Toussaint et bientôt à Noël, d’une rédaction locale comme celle de France 3 Euskal Herri.

Pourtant, jurait ses grands dieux la nouvelle Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, « le travail que je mène sur le service public ne peut se limiter à une réflexion strictement budgétaire », comme déclaré le 25 août dernier.

Le 5 décembre dernier, elle défendait pourtant ces arrêts d’éditions locales de France 3 comme « le moyen d’éviter le recours à l’emploi précaire (pigistes et intermittents) en remplacement des journalistes et des techniciens en congé », sans revenir plus longuement sur sa promesse de « préserver ce système d’intermittents », le 20 mai dernier.

Pour autant, la grande question qui a été tranchée sans que l’on vous demande votre avis est la rectification possible de la suppression de la fin de la pub après 20h, comme décidé par Nicolas Sarkozy le 7 janvier 2008, au plus grand bonheur de ses relations d’affaires, en particulier chez Bouygues TF1.

Faut-il rappeler que l’ex Premier de France fut l’avocat de Martin Bouygues lors de l’attribution de la concession en 1987 au géant du béton, en échange d’un cahier des charges « culturel » censé vous décider à laisser votre gamin toute la journée devant TF1 plutôt que de l’amener à l’école.

Avec 99 des 100 meilleures audiences réalisées en 2011 par la 1ère chaîne, on pourrait imaginer que les Français ne boudent pas plus que cela les coupures de pubs réglementées, et que, avec « le changement », l’heure des cadeaux était passée, pour un bénéfice immédiat pour les finances du groupe France Télévisions.

Il n’en est rien, et cela ne chagrinera que les fans de « Plus belle la vie ».

L’hypothèse du retour de la pub fut tout d’abord émise le 17 juillet 2012 par Aurélie Filippetti (« Nous explorons plusieurs pistes dont le rétablissement de la publicité et un effort d’économie de la part de France Télévisions »). Confortée par le Ministre du Budget Jérôme Cahuzac le 24 août (« la recommandation au gouvernement sera bien évidemment de rétablir cette publicité »). Puis abandonnée alors que nos serviettes de bain étaient encore pleines de sable, c’est à dire dès le lendemain.

Le groupe TF1 ne verra donc pas le gouvernement socialiste toucher à son socle financier privilégié, et ne devrait pas non plus voir les nouveaux impétrants demander des comptes face à ce fameux « cahier des charges culturel » censé compenser la concession au privé d’un réseau national d’audiovisuel vieux de 50 ans, et le droit d’émettre sur un espace public.

La vision d’un documentaire comme FIN DE CONCESSION réalisé en 2010 par Pierre Carles permet de constater ces effets de langages pré-pouvoir, assez tonitruants dans la bouche de celui qui n’est pas encore Ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et sans aucune concrétisation aujourd’hui.

On y voit notamment cet extrait (désormais affligeant) où le seulement-député assène un « C’est le moment de taper sur TF1 ! » qui ravit le réalisateur, sans parvenir toutefois à le convaincre par son « quand on sera de retour, nous, ce qu’on fera, bien entendu », etc…


Extrait Fin De Concession 2010, Pierre Carles (et Montebourg)

La collusion des élites politiques, des médias et des puissants groupes financiers a encore de beaux jours à vivre, quand ce sujet ne semble profiter qu’aux journaux people, comme lorsque le presque-futur-président-de-gauche-raisonnable DSK se promenait de mondanités en mondanités, sourire aux lèvres, avec, alors à son bras, l’égérie de TF1, Anne Sinclair.

L’architecture industrielle de la télévision en France ne s’en plaindra pas, parfaitement à l’aise dans ces jeux de dupes.

Pouvoir, influences, coups tordus, arrangements discrets, machiavélisme visible, connu mais répété : en fait, tous les ingrédients de la nouvelle saga de Dallas que TF1 a acquise pour le début 2013, les larmes aux yeux.

 


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