Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

‘Poil de carotte’ par Fabio Lopez : genèse d’un ballet dans les pas d’un orphelin

14 janvier 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Avant sa première représentation en septembre prochain pour le festival Le Temps d’Aimer la danse de Biarritz, le jeune chorégraphe ouvre les portes de la genèse de son prochain ballet, ‘Poil de Carotte’, actuellement en création.

A l’exception peut-être des plus jeunes, tout le monde connaît Poil de carotte, le roman autobiographique de Jules Renard, et sa plongée dans l’histoire d’une enfance mal aimée.

poil-de-carotte-fabio-2

Photo : Luna Campet

Marqué par le livre, et sa version théâtrale puis cinématographique en 1932, le danseur et chorégraphe Fabio Lopez décide d’adapter l’œuvre sur une musique contemporaine du compositeur et organiste Thierry Escaich.

En pleine création, Fabio Lopez livre à Eklektika la genèse de ce ballet qu’on pourra découvrir lors de l’édition 2016 du festival Le Temps d’Aimer la danse, à Biarritz.

Photo : Olivier Houeix

D’ici là, des répétitions, du travail, des émotions partagées, feront de Poil de carotte un ballet créé localement, à voir en avant-première, à Biarritz, en septembre.

Un ballet qui défend avec force et intégrité le langage académique de la danse et conte la douleur pour la rendre à la beauté, sans céder à l’obligation de plaire comme seul objectif. Essentiel, donc, pour chacun.

poil-de-carotte-fabio-9

Photo : Luna Campet

Fabio Lopez le dit, « comme l’aurait consacré la formule apocryphe de Flaubert, Poil de Carotte c’est aussi (un peu) moi… ».


Entre désir d’amour et blessure à mort

poil-de-carotte-fabio-1

Photo : Olivier Houeix

Poil de carotte est un petit garçon roux, mal aimé, qui subit la haine maternelle et les humiliations des siens. Son regard sur les adultes est impitoyable, sa perception du monde, lucide, à force d’être abimée.

Cocasse, dramatique, l’œuvre de Jules Renard rejoint la férocité du conte, loin des histoires édulcorées pour la jeunesse. Elle ne prend pas l’enfant pour un simple objet fragile et lui narre sa propre cruauté, même légitime. Elle parle d’un enfant seul, autonome, résident de lui-même à part entière.

poil-de-carotte-fabio-4

Photo : Olivier Houeix

Pour se venger de cette violence, il forge sa malice et maltraite les animaux, leur innocence, un pas de deux illustrant une telle scène entre désir d’amour et blessure à mort dans le ballet de Fabio Lopez

Cinq danseurs se partagent les rôles : Poil de carotte, Mathilde, la taupe, madame Lepic, le professeur, jusqu’aux animaux maltraités. Un pied dans la violence et l’autre dans la grâce.

Inspiré par l’ambiguïté du personnage, saisi par les contrastes entre cette enfance sévère et la surprotection de la jeunesse actuelle, Fabio Lopez recherche nos failles éducatives et le manque d’autonomie, d’initiation, en quête d’un probable équilibre.

poil-de-carotte-fabio-3

Photo : Olivier Houeix

Sensibiliser, montrer le réel aux enfants et la réflexion qui va avec, aller au-delà de l’émotionnel pour activer la connaissance de soi, font partie des buts ultimes de ce ballet.

L’autre élément fort de cette création est sa musique, arrangée par le compositeur français de renommée internationale, Thierry Escaich, élément indissociable de la dramaturgie du ballet,  que le  chorégraphe construit avec le compositeur lors de  séances de travail au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP).

Le résultat est là, pour l’heure, dans cet extrait de la répétition publique de Poil de carotte, le 21 décembre dernier à Biarritz.


Fabio Lopez, en quelques repères et projets en cours

poil-de-carotte-fabio-6

Photo : Luna Campet

Ancien danseur du Malandain Ballet Biarritz, jeune chorégraphe de 29 ans, Fabio Lopez créé la compagnie Illicite en 2015.

Fort de plusieurs chorégraphies réalisées ici, à Milan ou en Russie avec le ballet d’Oleg Petrov (Inès, Les Larmes d’Eros, Fellini rêve…),  c’est néanmoins la première création que le chorégraphe donnera « à la maison », avec sa propre compagnie.

Outre les aides et le soutien apportés notamment par le Centre Chorégraphique National, la compagnie a eu recours à un site participatif pour mener à bien le projet, avec succès.

En particulier pour des créations néo/classiques, très peu soutenus en France, Fabio Lopez défend passionnément et tout autant que son mentor, Thierry Malandain, cette danse riche, à la puissance narrative sans pareille et qui permet de naviguer d’une terre intarissable à l’autre, de La Belle au bois dormant au rusé et malheureux Poil de carottes.

Sans résidence fixe pour le moment, Fabio Lopez avoue que créer une compagnie de nos jours relève de beaucoup de courage, mais que cela reste le cadre nécessaire pour trouver un temps de recherche chorégraphique.

Photo : Luna Campet

Il sera à Milan en fin de semaine pour voir danser sa création, Inès, par deux danseurs de la Scala, pour lesquels il doit aussi créer un prélude.

Un projet encore primitif verrait un échange en 2017 entre la Russie et Biarritz lors de la création de La Belle aux bois Dormant, prochaine histoire dans laquelle Fabio s’apprête à plonger corps et âme.

Un projet pédagogique est également en cours avec le jeune Ballet d’Aquitaine, intitulé Ca me manque l’amour, sur la musique de Strauss.

Et enfin, une courte pièce devrait voir le jour, commandée par la ville de Biarritz dans le cadre du colloque Nabokov le 30 avril prochain.


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.