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‘Point de Croix’, de Vincent Brisson : ses visages comme des « quelque chose » où plonger son regard

22 septembre 2015 > > 2 commentaires

Jusqu’au mercredi 30 septembre, le chorégraphe et metteur en scène Vincent Brisson expose ses photos au Kalostrape de Bayonne, son « Point de croix » dressant une chaleureuse galerie de portraits réalisés entre New York et les danseurs du Malandain Ballet Biarritz.

Il n’y a pas de préparation type pour correctement appréhender sa première exposition, et, pour Point de Croix, l’auteur des photographies exposées au Kalostrape de Bayonne (au 22 Rue Marengo), Vincent Brisson, confie avoir eu du mal à « analyser » ça.

« L’endroit est sympa comme tout, j’y étais en train de manger un bout quand j’ai vu les gens s’arrêter, ou pas, devant les photos », raconte-t-il, et de confier une sorte d’effarement mêlé au doute d’une éventuelle imposture d’avoir osé poser cette partie de sa création extra-ordinaire sur les murs.

vincent-brisson-pointcroix5L’homme ne vient effectivement pas de cette planète argentique, mais d’un monde du spectacle, celui de la danse et des comédies musicales, comme chorégraphe et metteur en scène, où l’appréhension du lever du rideau a été digérée, « je sais mieux faire ça », il en maitrise le comment et le pourquoi.

A cheval entre deux mondes séparés par le passé et par l’océan Atlantique, entre Toulouse (où il apprit la danse), le Canada (en formation professionnelle de Danse de Montreal), et New York (où il approfondit son travail de recherche sur l’essence des comédies musicales américaines au Broadway Dance Center), Vincent n’aurait sans doute pas imaginé rajouter le titre « photographe » à son impressionnant CV, s’il n’avait des amis qui surent traduire pour lui cette envie non formalisée intérieurement.

Les clichés produits pour l’expo portent cette histoire, celle d’un frenchy qui, à chaque instant, perçoit New York comme « une scène où il se passe toujours quelque chose ».

L’appareil dans ses mains a permis de mieux le remarquer, et de le fixer, encore fallait-il franchir le pas vers le sujet devant lui, pour obtenir l’autorisation d’une photo.

« Cela a été assez simple, finalement », confie-t-il, « j’allais voir les gens en leur demandant de poser, et en leur promettant de leur envoyer une copie de la photo à chaque fois, ce que j’ai toujours fait ».

Une collection a pris corps, et s’il a délibérément décidé d’en tirer des petits formats « pas trop grands, pas trop gueulards pour une première expo », l’ensemble porte des instants de vie, comme ces débuts d’histoires qui forment le coeur d’un livre comme La part manquante de Christian Bobin.

vincent-brisson-pointcroix3Des regards, des ombres qui passent, et le visiteur de son exposition aura la possibilité de compléter ce qu’il a juste pressenti, lui, comme « des quelque choses ».

Son regard s’est porté sur des gueules de NYC, sur ses ombres aussi, et il y a aggloméré des portraits faits de danseurs du Malandain Ballet Biarritz, comme Fabio Lopez ou Frederik Deberdt.

Il les a mis en scène, pour l’occasion, avec l’intuition de savoir faire cela plus facilement, et les clichés portent précieusement une chaleur et une audace esthétique remarquables.

vincent-brisson-bayonneVincent continuera malgré tout de se ranger dans la catégorie des dilettantes, quand actuellement en pleine écriture d’une opérette, Aimons-nous sous l’évier, qui sera jouée le 31 Octobre 2015 au théâtre Quintaou d’Anglet, pour trois chanteurs et un pianiste, avant de poursuivre sa route loin de la côte basque.

Puis le titre de l’exposition globale n’a pas mis longtemps à jaillir de lui.

« Point de croix, c’est cette envie de contrarier le poids d’une faute en nous, d’une peur permanente de la punition » quand la liberté et l’amour pourraient nous être de meilleur conseil.

« Et puis cela fait un peu slogan anti-manif catho, comme on en a entendu de trop pendant les rassemblements au mariage gay », s’esclaffe-t-il.

vincent-brisson-pointcroix4Alors que l’exposition est visible au Kalostrape jusqu’au mercredi 30 septembre, le soir du vernissage, le 11 septembre dernier, restera un très bon souvenir, aimable et joyeux comme il le désirait, « les gens étaient contents, un verre à la main », en écoutant une playlist faite pour l’occasion, entre Billie Holiday et du blue grass façon Blind Willie Johnson.

Il se souvient d’être éloigné de ses amis, un instant, pour regarder les visages exposés, « j’ai repensé à tous ces gens-là », et il a alors pris le temps de comprendre qu’il venait d’exposer pour la première fois.

Il a peut-être repensé à ce titre de recueil de photos d’Edouard Boubat, accompagné des textes de Christian Bobin, encore lui, en prenant tout le sens du titre : Donne-moi quelque chose qui ne meure pas.vincent-brisson-pointcroix6


 


Commentaires

2 réponses à ‘Point de Croix’, de Vincent Brisson : ses visages comme des « quelque chose » où plonger son regard

  1. kath dit :

    pourriez vous donner les adresses. merci pour tout

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