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Polygorn, l’art désormais consommé de vous faire hurler leur nom et de graver « fuck post-rock » sur votre sac US

11 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le groupe Polygorn affichant couleur locale a démontré ce week-end à Bayonne une maitrise enthousiasmante de leurs compos, désormais puissamment lustrées par deux ans de scène, d’affolantes boucles electro et du pur combo rock ayant eu la bonne idée de ne jamais se conjuguer avec le mot « entre », mais d’avoir opté pour les avoir invités tous les deux dans le même bolide sonore.

Entre le concert donné samedi soir au Magnéto de Bayonne et la sortie de leur premier LP éponyme, presque deux ans se sont écoulés dans la vie du groupe Polygorn, signé chez Moi Moï Records, socle d’un dénominateur commun à associer à ces années bien passées dans le même gastexte (« bar de jeunes », en basque) du côté de Ciboure.

L’écoute des 9 titres avait fixé une double ambition, celle de livrer un disque très bidouillé electro, gorgé de distorsions analogiques et de boucles Korg, que l’on pourrait écouter aussi bien chez soi les pieds sur le frigo qu’en négligeant les limitations de vitesse sur l’autoroute, puis d’autre part, d’en saisir les morceaux qui claqueraient sur scène, locale dans un premier temps, quand la vérité d’un groupe déterminé s’installe à vos côtés ou vous lâche comme une tong chinoise au premier déhanchement.

Presque deux ans entre la galette virtuelle livrée sur Bandcamp, à écouter le premier morceau d’intro Peter Monkey en saluant le culot d’une entrée lourde de basse à la Joy Division pour dérouler ensuite un entêtement pour fans de Tangerine Dream, bougies et chapeaux de cowboy en moins, et une bonne dose salutaire de désinvolture agressive en plus.

Au vu de leurs prestations récentes (Festilasai à Biarritz en juillet, Pop Terrasse#2 à Anglet), et désormais ce week-end au WunderBar à Bordeaux puis à Bayonne, sur invitation de La Souche Rock, Txomin « Panda Valium », Peio « Elorn » et les deux anciens membres d’Elefunkman, Igor et Pollux, ont clairement franchi un palier supplémentaire, qui leur permet de dépasser le niveau de proposition post rock intéressante à celui du groupe à suivre, dont chaque rendez-vous proposé oscillera entre un barouf à vous décoller le sternum avec soin et méthode, à des nappes musicales ondulantes et puissantes, pour lesquelles, traversant votre corps, vous ne souhaiteriez pas être filmé à votre insu puis posté sur les réseaux sociaux.

polygorn-groupe-post-rock-moi-moi-records-magneto-bayonne-6Au Magneto de Bayonne, où le curseur très fort et rock s’est positionné sur la nature caverneuse de l’endroit, il faut avoir gardé en tête les déferlements électriques ordonnés de Papaya pour saisir ce que presque deux ans de concerts montrent de leurs refus de se répéter, sans céder pour autant à l’improvisation, comme un groupe qui monterait sur scène pour reprendre ce qu’il considère comme un écheveau désormais complété (jusqu’à cette fois-ci).

Il y avait de l’Evergreen des BJM dans l’insistance de la guitare de Pollux, tandis que la basse d’Igor n’avait jamais autant sonné comme le complément des bidouillages incessants de Txomin, possédé comme un gars qui a décidé une fois encore de bien marquer sa différence avec les joliesses des Synapson.

polygorn-groupe-post-rock-moi-moi-records-magneto-bayonne-4Le gars peut bien se planter quelques instants dans le ressac d’une boucle electro qui ne lui convient pas, pas ce soir, et le groupe patiente, sans lâcher l’intensité, avant d’être libéré d’un doigt du Txomin et d’une nouvelle envolée électrisante de Pollux, secondé au poil de tempo près par Peio à la batterie.

On a pu craindre que le retour des zigouiguis analogiques et autres claviers brandisse son oriflamme électronique sur les coutures éventrées de nos perfectos usés : cette manière pour Polygorn de ricaner en marquant « fuck post-rock » sur nos sacs US vaut le sourire de la fille qu’on cherchait du regard.

Ces gars seraient de New York que l’on sortirait en hurlant que l’on a tout compris de la musique, que, sans la nécessité du moindre texte, on est d’accord avec le protocole du voyage, qu’on comprend pourquoi ce morceau s’appelle Mollococco, et qu’on a même compris le design BD-nébuleux de leur pochette d’album.

Dans quelques semaines, les feuilles tomberont au Pays Basque sans un regard pour les capitales qui ne les ont ni fait naitre ni encore accueillis, et certaines deviendront pages blanches pour de nouveaux titres, à même de donner leur second LP.

On est prêt et impatient de l’écouter. Même s’ils le sortent en cassette audio.

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polygorn-album-lpPolygorn, par Polygorn
Album à écouter intégralement sur Bandcamp


 


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