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Des Ponts photographiques entre les hommes et les éléphants

6 novembre 2014 > > Soyez le premier à réagir !

Mercredi soir, Cédric Pasquini, photographe Bayonnais membre de l’association les Ponts Photographiques, a organisé une rencontre avec les photographes et photojournalistes Frédérique Lensaigne et Klaus Reiseinger.

Après avoir couvert les grands événements de la Perestroïka à la chute de l’empire soviétique, la photoreporter française Frédérique Lensaigne a dirigé le service photo de Reuters à Bruxelles, puis à Moscou, avant de devenir la rédactrice en chef de l’agence SYGMA.

Son confrère autrichien Klaus Reisinger a couvert une bonne partie des conflits de l’Europe de l’Est, ainsi que la guerre du Golfe, un parcours jalonné de nombreux Prix, notamment le Grand Prix du Festival du Scoop d’Angers, avec sa série sur le 11 septembre.

PontsProposée pour nous aider à comprendre leurs parcours, un film est projeté, musique lente et inquiétante, défilé d’images du continent africain, les mêmes types d’images défilent, l’exode, des prisonniers, des hommes, femmes, enfants, blessés, très vite on change de continent, et nous est donné à ressentir la chute de l’Union Soviétique.

conflitsUne forme de lassitude perceptible prend place sur le visage de Frédérique, la dure réalité de ce métier se mêlant à la difficulté technique de reproduction de ce qui a été photographié. Et ce sentiment que les conflits se ressemblent, le film reprend sur l’exode d’Irakiens vers la Turquie, l’arrivée au pouvoir des Islamistes fondamentalistes.

Nous sommes maintenant à Haïti, les Américains libèrent des milliers de prisonniers, encore un exode massif de population vers un nouveau continent, celui de la Liberté. Ils ont un seul but, construire un bateau et partir.

Cette répétition d’événements aura eu raison de nos photographes, qui ressentiront le besoin de vivre autre chose, face à une nature humaine sans pitié ni répit dans ses exigences de sang versé.

En 1999, ce sera en Birmanie que ces deux-là unissent leurs travaux pour la réalisation d’un documentaire sur le travail des éléphants.

elephants-compass-3National Geographic suit le mouvement, et l’année suivante, ils passent un an sur un bateau avec le peuple nomade maritime des Moken, première étape d’une immersion en Sibérie dans un élevage de cerfs.

Mais l’appel des pachydermes est plus fort que tout, c’est Klaus qui en décrit la raison.

Cet animal est énorme (même si plus petit que son cousin d’Afrique), explique-t-il, mais « nous sommes en face d’une bête de 3 mètres de haut ». Et c’est en se rapprochant de lui qu’on comprend, en fait, une ressemblance proche.

elephants-compass-2Son espérance de vie de 70 ans, les étapes de sa vie identique (sa jeunesse, sa sexualité, sa maturité et sa vieillesse) font qu’il est possible de s’identifier à lui, l’empathie les a gagnés, et son visage se charge de joie, même mâtinée d’une tristesse compréhensible par rapport à ce qui menace cette noble espèce.

Retour en Birmanie, où les éléphants domestiques ont un carnet de santé et un parcours de vie fléché, pour les photographier, « de beaucoup plus près », précise Klaus.

Et leurs parcours se déploient alors vers Thaïlande, le Sri Lanka ou l’Inde, les voyages et les photos s’accumulent.

Il faudra un coup du sort, « une parenthèse, un moment éphémère, c’est un hasard total », pour que Klaus, retiré du champ des horreurs, ne se retrouve le 11 septembre à New York pour un transit. Il se débrouille pour trouver un objectif, sa nature de photo-reporter reprend le dessus, et, là, ce soir-là à Bayonne, il s’excuse de la qualité insuffisantes des photos, quand le résultat est pourtant saisissant.

11-septMais il replonge vite après dans le monde des éléphants, en explicitant les difficultés techniques.

Difficile de demander à une bête de 3 mètres de ne pas bouger, la prise de vue est limitée, un seul angle possible, une chaleur étouffante, les moustiques, et le pourcentage faible de photos réussies, quand le budget est difficile à obtenir, avec quasiment comme seul interlocuteur National Géographique.

elephants-compass-4La projection se termine, les questions fusent car personne dans le public ne peut facilement distinguer ce qui, chez ces deux photoreporters ayant pris autant de risques réels au milieu de conflits, ont finalement choisi de vouer leur temps à des éléphants.

« Il faut être sado-maso pour faire ça, mais c’est génial! », partage Klaus, quand Frédérique explique concrètement, que, au-delà de l’image un peu romantique de ces pachydermes, l’attachement est réel, nourri d’émotions extrêmement complexes et particulières.

La Birmanie n’est pas un pays quelconque sur la mappemonde, ils en sont plus conscients que nous, bien entendu, mais un nouveau voyage dans une quinzaine de jours permettra au duo de prolonger ce travail d’observation.

Cette fois-ci, ils repartent avec un projet éducatif pour apprendre aux Birmans comment vivre avec les éléphants, comment construire son habitation, et quelle réaction avoir si un éléphant se trouve sur votre chemin.

expo-elephantsLa moitié des 10.000 éléphants de Birmanie vivent à l’état sauvage, et l’on peut en rencontrer à moins de 50 kilomètres de la capitale birmane, Naypyidaw, et Klaus ne laisse à personne d’autre le soin de dresser un parallèle saisissant : « c’est comme s’il y avait des éléphants dans la forêt de Fontainebleau, c’est fou, non ! ».

Ils y retourneront après avoir offert une belle soirée au public de cette rencontre photogrtaphique, avec, au coin de leurs têtes, cette phrase de Robert Capa : « Si ta photographie n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près. »

ponts-une


 

compassPlus de renseignements
sur le travail photographique de
Frédérique Lensaigne et Klaus Reisinger

sur leur site Compass Films

Plus d’informations également sur l’organisateur sur la page des Ponts Photographiques.


 


 


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