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Culture et Pays Basque (I) : ce que 2017 va modifier (avec le voeu d’un « mini-Zénith » pour Bayonne)

29 décembre 2016 Soyez le premier à réagir !

Petit tour de revue de l’actualité culturelle attendue pour cette nouvelle année, de la mise en place de l’EPCI Pays basque au 1er janvier jusqu’au désir ré-affirmé d’une nouvelle salle de spectacles pour Bayonne, à qui est consacré ce premier volet d’un dossier Eklektika d’Hendaye à Mauléon.

En matière de culture, les années à élections présidentielles, comme celle-ci à venir, nouvelle mais chargée de ce fardeau, sont traditionnellement à compléter de la mention « annus horribilis ».

Politiques publiques en stand by, valses de cartons des grands serviteurs de l’Etat, et reconductions rapides des actions menées en attendant les audits et autres chaises musicales : au delà de la focalisation politique et médiatique qui accompagnera l’année 2017 jusqu’aux et après les scrutins du 23 avril et 7 mai prochains, écarquiller les yeux en grand ne permettra pas de voir les candidats chercher à se distinguer sur cet aspect essentiel du « vivre ensemble ».

Mairie de Bayonne

Au Pays Basque, cette année 2017 va en rajouter à cette complication, en se réveillant au sein d’un unique EPCI (Établissement Public de Coopération Inter-communale) qui fondra les 10 existants d’Hendaye à Mauléon, pour parvenir au rang de seconde agglomération de la Nouvelle Aquitaine, et l’une des plus importantes de France, avec 300.000 habitants.

Les disparités de ces entités seront réunies autour de missions communautaires concernant le développement économique, l’aménagement de l’espace communautaire, l’habitat, la politique de la ville et de l’enseignement des langues basque et gasconne, mais sa compétence culturelle reste « en cours d’études ».

De la côte basque aux contreforts souletins, l’usage publique sera donc de déterminer ce qui, dans les pratiques culturelles engagées, sera reconduit ou abandonné, remis en question ou repoussé aux calendes improbables.

Si les grands opérateurs bénéficient naturellement d’un soutien d’airain, chaque commune redéploiera ses priorités sur son prime territoire, sans le soutien en investissement que pouvait apporter l’ACBA (Agglo Côte Basque Adour, autour de Bayonne), et sans certitudes parfois sur l’effacement communautaire de ses compétences culturelles, notamment en matière de soutien au spectacle vivant vers le jeune public (Communauté d’agglomération Sud Pays basque, autour de St Jean de Luz, et Communauté de communes d’Amikuze, autour de St Palais).

Rapide tour d’horizon de ce qui va être mis en jeu dans les grandes villes du Pays Basque en 2017, une actualité permanente que suivra Eklektika en plusieurs chapitres, ici on commence par la capitale labourdine de Bayonne,

et bonne nouvelle année à tous.


Sur la côte basque, le magazine « A l’Affiche » disparait


Ephéméride depuis le début des années 2000 de tout ce qui était programmé sur les 3 communes de Bayonne, Anglet et Biarritz, le dernier numéro bi-mensuel de A l’affiche (N°97) s’arrête au 31 décembre.

Créé historiquement par Bayonne pour permettre dans le même temps une meilleure coordination des grands événements de la côte, distribué dans tous les lieux culturels et en boite aux lettres, le magazine compilait ce qui était déjà identifié (programmes de la Scène Nationale Sud Aquitain, de l’Atabal, de l’Orchestre Régional Côte Basque, expos et festivals d’Anglet, etc…), mais également toute une galaxie de petites propositions qui sont menacées de disparaitre des radars des curieux.

Par son agenda numérique, Eklektika cherche (à la hauteur de ses moyens) d’en montrer l’essentiel, et les semaines qui arrivent permettront de savoir s’il sera nécessaire de rechercher site municipal par site municipal, lieu par lieu, pour en avoir une vision complète et actualisée, ou si l’initiative sera prise d’imaginer un usage dématérialisé global, une fois déterminée son échelle géographique et culturelle.

Du côté de Bayonne, cette disparition a été anticipée, avec la création d’un guide papier baptisé « Rencontres », et lancé à partir de ce mois de janvier (consultable en ligne) :

les 44 pages du feuillet de format portefeuille valorisent ses atouts internes, de la Scène Nationale à ses musées, et étendu au nouveau club de structures « protégées » par une convention pluri-annuelle (voir ci-dessous).


Bayonne renforce ses acteurs majeurs, et rêve d’un « mini-Zénith » pour Lauga


Le premier rendez-vous culturel de l’année bayonnaise a une double importance pour la Ville, avec le Concert du Nouvel An à la salle Lauga.

Entrée traditionnelle dans sa nouvelle année, l’occasion est maintenue de promouvoir l’excellence de son Conservatoire et de l’Orchestre Régional Côte Basque, pour un spectacle musical réunissant entre autres l’accordéoniste Philippe de Ezcurra, le chanteur basque Beñat Achiary, et la violoniste Marina Beheretche, sous la conduite du merveilleux chef d’orchestre Benjamin Levy.

Concert du Nouvel An, Lauga Bayonne

Mais c’est le choix du lieu, la salle Lauga, qui dessine de nouvelles perspectives, avec la volonté du maire de Bayonne de réhabiliter cette salle omnisports, convertie à l’occasion en accueil de spectacles (de feu-les Translatines aux deux pastorales récentes qui y ont été jouées).

Un budget maitrisable permettrait de la redisposer au coup par coup comme un « mini-Zénith » permettant d’accueillir des spectacles ou tours de chants devant une jauge de 1.500 à 2.000 spectateurs possibles : un serpent de mer persistant, qui avait beaucoup alimenté les rêves de son prédécesseur Jean Grenet, fils de celui qui l’avait ouverte en février 1970, Henri Grenet.

L’affluence et l’acoustique seront donc observées avec autant d’attention que les tangos, valses, musique klezmer et airs d’opéra qui y seront données le samedi 7 janvier à 20h30 et le dimanche 8 janvier à 17h.

Et l’annonce d’une nouvelle salle de concert, de petite jauge, dans la Cité des Arts à Bayonne, fournira aussi l’occasion d’augmenter les possibilités du spectacle musical sur la ville, en particulier dans le champ du classique : son ouverture est prévue pour fin 2017.

Théâtre de Bayonne

Acteur majeur de son rayonnement, la Scène Nationale Sud Aquitain, installée dans des étages de la mairie de Bayonne, a vu son directeur adjoint Roger Goyeneche prendre la direction des Affaires culturelles de la Ville depuis le 1er novembre dernier : passé le calendrier du premier trimestre 2017, trois pages du magazine Rencontres sont donc logiquement consacrées à son actualité théâtre, jazz et danse.

Le Conservatoire Maurice Ravel, le Musée basque, le musée Bonnat Helleu (toujours fermé, mais dont la ré-ouverture reste fixée en 2019) et celui d’Histoire naturelle de la Plaine d’Ansot s’y retrouvent, pas loin de l’actualité de l’espace d’exposition municipal du DIDAM, de l’Ecole d’Art et de la Médiathèque.

Quatre opérateurs bénéficient d’un éclairage insistant, montrant l’attachement officiel de Bayonne à leurs propositions désormais soutenues par engagement pluri-annuel : le cabaret Luna Negra, la salle de musiques amplifiées du Magneto, le Cinéma L’Atalante et L’Autre Cinéma, et l’espace d’art contemporain Spacejunk.


Les souhaits pour 2017 du « Club des 4 »


L’Autre Cinéma, rive droite de Bayonne

Tous les regards seront dirigés vers la rive droite de l’Adour, où cette année doit voir l’ouverture de la Maison du Cinéma (ou de l’Autre Atalante, choix encore imprécis pour son nom), qui verra la salle historique de l’Atalante être fermée, au profit de l’aménagement d’un troisième écran en regroupement de ceux de L’Autre Cinéma.

Les travaux ayant pris plusieurs mois de retard (en raison de nouvelles études anti-sismiques sur le lieu, vous explique-t-on à l’accueil des salles), 2017 verra les deux écrans du quai de Lesseps fermer à priori en avril pour une durée de quatre mois, le temps d’accoler les deux bâtiments.

Cette perte inéluctable de fréquentation et de poids sur l’exploitation art et essai du bassin de vie devrait s’interrompre donc à la rentrée de septembre 2017.

Cabaret La Luna Negra, Bayonne

La vacance du lieu historique du quartier St Esprit devrait donner lieu à un appel d’offres de la Ville pour y maintenir un projet culturel « structurant », une proposition que pourrait continuer de regarder avec beaucoup d’intérêt le cabaret de la Luna Negra, parfois à l’étroit dans ses ambitions en centre ville.

C’est dans ce quartier aussi que l’espace d’art contemporain Spacejunk entreprendra de fêter le 10ème anniversaire de son implantation, par l’organisation de temps forts ambitieux à partir du mois de juin.

Espace Spacejunk, Bayonne

De son côté, la salle de musiques amplifiées du Magneto continuera d’égrener ses concerts à 5 euros, pour présenter l’éventail le plus large possible de tout ce qui permet de se secouer la tête dans tous les sens, un verre de bière à la main.

Salle du Magneto, Bayonne

Pour le collectif des 4 Fantastik qui l’a ouvert en octobre 2013, cette nouvelle année devrait lui permettre de voir cette cave rock réaménagée en termes de sécurité et d’étanchéité, après avoir été renforcée l’an passée par l’implantation de la Rock School  de Bayonne, tenue par l’association de la Loco.

La santé financières de ses programmateurs sera elle aussi un chantier à ouvrir et à confirmer : un appel à contribution participative devrait également constituer un repère important de l’association La Souche Rock qui y officie.


Dans le reste du calendrier 2017 de Bayonne


Edition 2016 de Confluences

Après une première édition en octobre 2016, le festival des Confluences (« Les nouveaux rendez-vous de Bayonne ») a clairement vocation à être le fer de lance de la politique culturelle municipale, dans un calendrier où ne ré-apparaitront pas des manifestations disparues dans un passé récent.

C’est donc dès le 23 février (et jusqu’au 26 février) que sera proposée sa seconde édition, orientée cette fois ci sur « Goût de la ville, ville du goût », pour quatre jours de rencontres autour de lectures et interventions d’écrivains, d’architectes et urbanistes, afin de célébrer « les plaisirs de la cité ».

Galerie du Microcosme, Bayonne

Les nuages inquiétants au-dessus de la galerie indépendante du Microcosme, l’attraction puissante mais hors de ses murs de la compagnie Hecho en Casa (valant bon de sortie imaginable), l’amplification de la Fête de la Musique, et la reconduction du festival Haizebegi devraient également rythmer cette nouvelle année.


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