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Raul Paz à Ondres, pour la musique du Cuba d’aujourd’hui

31 mars 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Après son retour à Cuba, Raul Paz est à Ondres samedi 4 avril avec Ven ven, un opus d’amour à son pays d’avant la levée du blocus américain en cours.

Le garçon a dans ses bagages un niveau de célébrité à l’international auquel peu de jeunes musiciens cubains osaient imaginer accéder un jour, et ce n’est certainement pas grâce à du marketing bien ficelé que Raul Paz s’est installé comme un artiste référence pour son pays.

Nadie sabe est le deuxième titre de son nouvel (et dixième) album, Ven Ven, « personne ne sait… on ne sait pas d’où viendra le bonheur…. ou pas ».

Un réflexe de contrepoint, comme une mise au point douce et rythmée de tout ce que l’île a véhiculé de « pas vrai », qu’il faut aller chercher dans le regard extérieur porté sur ce pays, mais également sur « les conneries faites ici », et encore en voie de l’être.

raul-paz-ondres-3Lui qui en a été exilé pendant près d’une vingtaine d’années, pour des « conneries d’étudiant » sur Paris, a quitté une maison natale qui en avait fait son enfant chéri.

Il lui a fallu attendre et espérer, puis y revenir, en 2008.

Après des salles pleines en France (et dans toute l’Europe), il a senti que la première de ses deux maisons l’attendait encore, avec fidélité, et confiance.

Son nouvel album porte ça, 11 titres qu’il a nourris de cette joie, de cet espoir, même quand « certaines choses pas drôles doivent être dites », et entendues.

raul-paz-ondres-4Il a pris le temps de regarder le pays, le sien, une sensation qu’il n’avait pas éprouvée depuis trop longtemps, pour comprendre ce qu’il est devenu.

Et sentir que, autour de lui, il y a de la place dans la musique pour autre chose que cet héritage paternaliste, ou ces clichés européens, à la peau encore dure.

En juin dernier, pour la sortie du disque, il lui a fallu accepter de poser pour Paris Match, venu sur place, qui lui a bien entendu demandé de prendre la pose dans une vieille Cadillac.

raul-paz-ondres-2Il l’a fait, mais a gardé ses convictions pour lui : pour Cuba, la musique, c’est plus simple que tout ce bazar, c’est un mode d’existence.

Et il assume en avoir assez de cette ingérence de tout le monde, « les gros Américains, ils arrivent partout, avec leur solution démocratique universelle qui, il faut l’admettre, ne fonctionne pas partout, justement ».

Il rêve d’un Cuba à même de marier ses différences et ses désaccords, « beaucoup de choses peuvent être arrangées, et il y a aussi beaucoup à gagner, les solutions sont entre nos mains ».

Samedi soir, à la Capranie d’Ondres, il viendra présenter cette espérance, cette idée que, sans toutes les sonorités que peut porter la musique cubaine aujourd’hui, le monde serait bien ennuyeux.

raul paz 4Quelques années auparavant, il chantait déjà :

Nada mejor que volver a casa, volver, volver, duele entender el tiempo y el porque
(«Rien de tel que de rentrer à la maison, rentrer, rentrer, comprendre le temps et le pourquoi est une chose douloureuse»).

Un hommage à son père décédé en 2000, devant lequel interdiction lui fut faite à l’époque de se rendre à son chevet.

raul-paz-ondres-1Alors, aujourd’hui, sa musique porte un besoin d’être reconnue, dans ses deux maisons, « comme un fils a besoin que son père lui dise qu’il est fier de lui ».

De là-haut, son vieux a son idée, le fils doit ressentir ça, mais il garde ça pour lui, nadie sabe


 


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