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‘Ravel en Pays basque’ : sur les doigts d’une seule main (gauche) d’Olivier Chauzu

9 octobre 2015 > > Un commentaire

Ce vendredi au Théâtre Quintaou d’Anglet, l’Orchestre Régional Bayonne Côte basque donnera à guichets fermés son « Ravel en Pays Basque », la présence du pianiste virtuose Olivier Chauzu n’est sans doute pas étranger à ce premier succès de la saison.

Le pianiste Olivier Chauzu a pris sa place sur la scène du Théâtre Quintaou d’Anglet, avec « ses potes » de l’Orchestre Régional Bayonne Côte Basque, pour la répétition du programme Ravel en Pays Basque qui sera donné ce vendredi 8 octobre pour démarrer leur saison.

orbcb-ravel-2Titulaire d’une classe au Conservatoire de Bayonne, il confie n’avoir pas joué depuis longtemps ce concerto, qui le verra attirer tous les regards de la salle, en fin de première partie, et juste avant le Boléro et La Valse, deux autres pièces majeures du célèbre compositeur.

Chemise violette, jeans délavé et chaussures de tennis brésiliennes, l’homme porte une décontraction qui ne s’embarrasse pas pour l’heure de la réputation qui est la sienne : être reconnu dans le monde entier comme l’un des meilleurs pianistes au monde, capable en particulier de donner l’intégrale des oeuvres du compositeur de ce soir.

orbcb-ravel-1Il sourit et rajoute, « on ne révise pas Ravel, les mains se souviennent, et l’oreille est aux commandes ».

Les mains, c’est presque trop dire, quand ce Concerto pour la main gauche, pour piano et orchestre, laissera sa droite posée sur sa cuisse, durant les 20 minutes offertes au public.

Le temps nécessaire pour que l’orchestre l’enveloppe d’une mélodie sombre, tragique, qui doit porter les rêves brisés d’un compositeur, sur le front de la Guerre 14-18.

orbcb-ravel-3Le crescendo dramatique se verra imposer le silence, au moment où sa main gauche prendra sa respiration sur le clavier.

Intérieurement, Olivier Chauzu reprendra corps avec l’histoire de ce concerto, écrit en 1929 pour ce pianiste autrichien Paul Wittgenstein qui revint amputé de la Grande Guerre.

« C’est un travail d’orfèvre, précis et intense », explique-t-il, « et c’est sa perfection qui la fait durer ainsi depuis près d’un siècle, que le Concerto résume dans tout ce qu’il a eu de terrible ».

orbcb-ravel-4Cette proximité émotionnelle avec l’oeuvre de Ravel, « l’un des plus grands compositeurs de tous les temps, au même niveau que Mozart, Beethoven ou Stravinski », lui a valu des compliments vibrants de ses pairs, dont Le Monde se fit l’écho il y a quelques années par ce salut de « l’une des plus émouvantes interprétations qui soient, par son intériorité, sa maîtrise du temps, des rythmes et des couleurs ».

Des compliments, mais aussi des appels du pied, pour qu’il devienne le joyau de prestigieux orchestres de réputation mondiale, loin de ce Sud-Ouest auquel son histoire personnelle est liée.

« Les racines, c’est bien, mais c’est surtout nécessaire pour les arbres », s’esclaffe-t-il, « et je ne me serais pas fixé ici s’il n’y avait eu cet Orchestre », en balayant du regard les musiciens autour de lui.

orbcb-ravel-8Il évoque l’énergie d’un groupe qui se révéle à chaque concert, quand les répétitions comme celles-ci, après les heures de cours de la journée, lui font pourtant voir les fatigues ordinaires qui pèsent, il murmure son sentiment d’être « leur invité privilégié ».

La complicité avec le chef d’orchestre invité, Benjamin Levy, a participé de sa joie, « on a respiré en même temps, aux mêmes phrases musicales », il a perçu une admiration mutuelle pour Ravel, il espérait ça, naturellement.

orbcb-ravel-6La répétition est finie, Olivier espère que « le concert se passera bien », s’étonne pourtant quand lui est rappelé que les musiciens l’ont applaudi, pendant cette soirée, son « Vous êtes sûr ? Bah, c’est parce qu’on est potes » étant incapable de convaincre les gens autour de lui.

« Tu as joué plus de notes avec ta seule main gauche que nous avec nos instruments », insiste pourtant l’un d’eux, sa grande carcasse part dans un grand rire, « allez, allez… on va prendre un pot quelque part ? ».

orbcb-ravel-7Les sourires se partagent, la nuit se prolongera autour de la seule interrogation  qui vaille, à cette heure : tenter de comprendre pourquoi Ciboure, le village natal de Ravel, en fait aussi peu pour rappeler à tous la naissance sur le sol basque de l’un des plus grands génies de la musique classique.


 


Commentaires

Une réponse à ‘Ravel en Pays basque’ : sur les doigts d’une seule main (gauche) d’Olivier Chauzu

  1. Anonyme dit :

    Un superbe article!
    Merci Eklektika.

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