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« Ride the wild Surf ! » d’Alain Gardinier : plongée dans les eaux parfois troubles de surfeurs mythologiques des sixties

25 mai 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le journaliste et romancier Alain Gardinier vient de publier aux éditions Atlantica un regard subjectif et tendre sur dix surfeurs extra-ordinaires des années 60, tous marqués par une insatiable soif de liberté liée à ce mode de vie, mais également par les dérives et autres faits divers picaresques qu’ils ont pu engendrer aussi.

L’histoire de Jack Murphy, qui ouvre le nouveau libre d’Alain Gardinier, Ride the Wild surf ! (éditions Atlantica, publié le 20 mai 2016), aurait dû être celle d’un gars à qui tout souriait, depuis son enfance à Los Angeles (né en 1938), passée entre le Pittsburgh Symphony Orchestra comme violoniste à 15 ans et le surf, qu’il pratique en champion à partir de 1963.

wild-2Celui que l’on ne tardera pas à surnommer Murph the Surf a débarqué à 18 ans sur les plages de Floride, son existence devient celle, bronzée, d’un athlète, bourreau bronzé des coeurs, « le type qu’il faut connaitre » dans le coin, jusqu’aux Beatles avec qui il se lie d’amitié en 1964.

Dans le Miami des sixties, les petits boulots ne suffisent pas malgré tout pour assurer la vie de rêve à laquelle il aspire, et Murph s’acoquine avec deux potes pour voler les plus belles maisons de la côte.

Sa vie commence à flamber, mais la Cadillac blanche rutilante ne lui vaut pas que des envieux, la police commençant à s’intéresser de très près à sa petite bande.

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Murphy et sa petite amie Bonnie Sutera, à leur première arrestation

Une retraite prudente du côté de New York sera le théâtre de ce que l’histoire de ce pays retiendra comme « le vol du siècle », une nuit passée au American Museum of Natural History après que Murph et ses acolytes se soient rendu compte d’un système de sécurité défaillant et de la facilité déconcertante d’entrer dans une fenêtre de toilettes toujours ouverte.

Le vol de trois des pierres précieuses les plus grosses et les plus spectaculaires au monde fait le titre de la presse, mais les 3 gars se font repérer deux jours plus tard dans leur hôtel, à force de faire la fête dans un hôtel voisin, à grands coups de champagne et pourboires colossaux.

Trois ans de prison les attendent mais les enquêteurs devront d’abord passer de nombreuses années à récupérer les « cailloux », les trois gars passant leurs temps à rendre chèvre ceux qui les poursuivent.

L’histoire ne s’arrête pas là, passant par des moments qui vont façonner la mythologie de Murph the Smurf, entre deux meurtres quelques années plus tard qui lui vaudront la prison à vie, puis sa reconversion en visiteur évangéliste auprès de prisonniers.

wild 7Mais en 1964, au moment où le chef des Pieds Nickelés bronzés et souriants doit sortir du commissariat menotté à un travesti face aux appareils photos de la presse qui l’attend, Jack lui glisse : « Bébé, quand on sera sur les marches, imagine que nous sommes deux stars qui arrivent à une première de film sur Hollywood Boulevard ».

Amassée devant, la foule hurle, la presse les surnomme « les Beach Boys » : libéré sous caution dans un premier temps, Murph repartira vers Miami pour retourner surfer, et annoncera son intention d’y ouvrir un night club du nom de l’une des pierres précieuses toujours recherchées, le Star of India.

wild-gardinier-2Le cas de Murph the Surf deviendra un film, cette histoire est résumée et relatée par l’écrivain et journaliste Alain Gardinier, passé maître depuis longtemps dans l’art de coucher sur des feuilles blanches ceux qui ont passé leurs vies sur des rouleaux (de mer).

Dans son nouvel ouvrage, 9 histoires extraordinaires aux destins étonnants, « qui conjuguent bravoure, folie, maturité, inconscience, naïveté et volonté ; certains ont sombré, d’autres sont plus que jamais debout mais tous ont surfé jusqu’au bout de la vie, leur vie ».

Tous ont souhaité lâcher à un moment donné de leurs existences ce qui plaisait aux autres, mais leur apparaissait trop insuffisant.

Du Doc Paskowitz qui n’a jamais manqué une déroulante en vivant avec sa femme et ses neuf enfants près d’un spot, aux deux jumeaux Berque de Contis, à l’eau des décennies durant sur la côte Atlantique, en attente de la bonne vague qui les amènerait en Amérique dans leur rafiot de quatre mètres (sans boussole), tribulations picaresques et existentielles de deux anticonformistes à la recherche de la liberté (si elle existe) ;

gardinier-ride-wild-surf-1De Peter Troy considéré comme un surfeur pionnier pour avoir rejoint plus de 130 pays dans le monde dans le désir de repérer les bonnes vagues, à l’hawaïen Tom Stone défoncé à la coke malgré (ou à cause) un père policier, qui tissera une vie semée de faits divers avant que l’appel de la mer soit suffisant, qui le fasse vivre ensuite de la fabrication de planches extraordinaires et de cours donnés sur la signification culturelle du surf  :

sous la plume d’Alain Gardinier, les récits révèlent en creux une insatiable soif de liberté liée à ce mode de vie intégral, sa philosophie et tout ce qu’elle porte alors comme témoignages de ces années charnières de contre-culture contestataire.

A la manière du célèbre cambrioleur dandy Bruno Sulak décrit dans toute sa splendeur mais aussi sa complexité par Philippe Jaenada, Gardinier rassemble les informations connues, et les mêle aux anecdotes qui les enrichissent et les incarnent.

Au fil des pages, notre planète devient plus maritime que terrestre, l’exploration littéraire bouscule les géographies mais aussi les limites des drogues, vécues comme des voyages souvent sans retour.

gardinier-ride-wild-surf-13Entre ses antécédents surf et punk rock et sous l’étendard toujours brandi d’un Born to be wild planche au pied, Gardinier laisse souvent échapper une sincère tendresse pour des personnages hors du commun qu’il n’est peut-être plus certain de recroiser aujourd’hui encore.

Enrichi de très nombreuses archives photos, son livre n’est pas à recommander aux tenants actuels des principes de précaution en toutes circonstances : pour les autres, surfeurs ou non, son Ride the wild surf ! est incontournable avant d’aller rejoindre les longues lignes de vagues de l’été.


wild-gardinier-2Ride the wild surf ! d’Alain Gardinier
Publié le 20 mai 2016, éditions Atlantica
Prix : 21 euros.


 


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