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Dans la Rioja basque : réfléchir l’extra-ordinaire [Le beau pour le bon, 3/3]

9 janvier 2015 > > Un commentaire

Pour ce dossier « Dans la Rioja basque, le beau pour le bon » en trois volets, dernière étape dans le petit village de Villabuena de Álava, où une architecture résolument moderne se marie harmonieusement à une réflexion consciente de ses racines.

Avec ses 60.000 hectares de vignoble, qui en font la plus vieille et de la plus importante AOC espagnole, la Rioja baigne sa partie basque, dite Alavesa, de températures tempérées grâce à la sierra de Cantabria qui la borde et freine le vent venant du nord, laissant au fleuve Ebro le soin de lui apporter une influence particulièrement adaptée à la culture de la vigne.

C’est sur cette terre aride et rocailleuse qu’est cultivé le raisin viura, que l’on retrouve également dans le vignoble du Languedoc-Roussillon, où il participe notamment aux vins blancs doux naturels comme le rivesaltes.

L’observation de ses jeunes feuilles, jaunes à bordure rouge, très bullées, a guidé le projet architectural du même nom dans le petit village basque de Buenavilla de Alava, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Pampelune.

C’est en 2010 qu’ont donc ouvert les portes de l’Hôtel Viura, à 10 mn à peine des célèbres caves Ysios et Marqués de Riscal.

Ici, le parti pris d’une architecture éclatée en forme de bouquet a pris le contrepied des deux références de la zone, en délaissant le bois et l’aluminium pour s’intégrer de façon plus minérale dans un village traditionnel, juste à côté de l’église San Andrès.

Imaginé par l’architecte Beatriz Pérez Echezarreta pour la société Designhouses, l’assemblage de cubes de béton a fait l’objet de longues discussions initiales avec la municipalité, pour en partager deux convergences.

Tout d’abord s’inscrire totalement dans l’environnement, en ne dévorant pas son aspect : son implantation au creux de la commune, sans dépasser la hauteur des bâtisses voisines, lui permet d’exister comme dans un écrin, qu’une traversée trop rapide du village ne permet pas de déceler.

viura-pays-basque-4Et ensuite respecter sa tradition de viticulteurs, en intégrant les éléments visuels de toutes ses étapes de fabrication : au gré des déambulations dans les 33 chambres proposées, la décoration s’est donc enrichie de multiples assemblages de bardages de tonneaux et de tonalités sobres, portées par du ciment oxygéné, à même de réagir par ses couleurs aux changements de saisons et d’heures de la journée.

viura-5viura-3A cette architecture audacieuse et ultra-moderne a été scellée la volonté de faire du lieu un hommage silencieux et épuré de son histoire, en y préservant l’excavation caverneuse permettant de rejoindre le lieu de la dime, la Casa Diezmos, où le clergé local percevait une partie de la récolte de la vigne au 17ème siècle.

viura_210610_07-940x625Dans le lieu préservé a été conçue une vinothèque exceptionnelle, offrant plus de 200 vins locaux qui l’a fait être distingué, cette année, par le Prix d’excellence du syndicat de tourisme de la Rioja. L’y entreposer entre ses lourds murs de pierre ne fournit pas qu’un décor, puisque ce choix de cave naturelle a aussi été motivé par la possibilité, induite, de renoncer à toute espèce d’installations frigorifiques pour le conserver.

Mais c’est sans doute dans sa volonté de prolonger l’intérieur vers l’extérieur, par de grandes ouvertures et des terrasses privées sur le village et la Sierra, qu’est à trouver la raison qui incita le New York Times à lui décerner, en 2012, le titre de « deuxième plus bel hôtel du monde dans une région viticole ».

Aux cathédrales voisines a donc été préféré un remarquable temple du vin, autant harmonieux qu’accessible : ici, les tarifs des chambres ne dépassent pas 150 euros (à comparer à ceux bien plus élevés de la construction de Gehry), du fait d’un investissement global inférieur au million d’euros.

viura-pays-basque-5Parfait exemple de ce que l’architecture la plus moderne peut apporter à un terroir sans le dénaturer, le lieu possède les charmes du vignoble qu’il honore, par sa note visuelle attrayante, sa robe corsée et sa finale originale.

Mais cette recherche esthétique n’a pas fait non plus l’impasse sur ce que l’architecture peut porter de meilleur, car l’hôtel Viura est également un pionnier de la protection de l’environnement et du développement durable.

Dans une région qui, tout au long des courbes de l’Ebro, produit une excellente huile d’olive, ce sont leurs noyaux rejetés qui sont utilisés comme combustible pour alimenter une chaudière à biomasse pour son chauffage. Un engagement de l’hôtel, qui a été récompensé dès son ouverture par la note A de l’« Energy Performance Certificate ».


Liens internet pour prolonger cet article :

Hotel Viura de Villabuena de Alava

La société Designhouses


 


Commentaires

Une réponse à Dans la Rioja basque : réfléchir l’extra-ordinaire [Le beau pour le bon, 3/3]

  1. AboutBC dit :

    Magnifica serie de artículos.
    Es un placer ver como se habla de esa parte de El País de los Vascos identificándola claramente.
    Eskerrik asko….

    PD: hay que darse otra vuelta descubriendo los secretos de as pequeñas bodegas familiares 😉

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