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La zarzuela du boys band de Rojas y Rodríguez embrase le public du Temps d’Aimer

17 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Hier mercredi soir au Temps d’Aimer la Danse de Biarritz, le spectacle Titanium de Rojas y Rodríguez a provoqué un tsunami d’applaudissements, sans parvenir tout de même à contenir toutes les interrogations devant ce show très Ricky Martin proposé.

De mémoire d’organisateurs du Temps d’Aimer de Biarritz (à leur 25ème édition), on n’avait pas encore vu une telle standing ovation hier soir à la Gare du Midi pour le spectacle Titanium des chorégraphes Rojas y Rodríguez, « un show de notre temps acclamé sur les scènes du monde entier, présenté pour la première fois en France ».

Un bon millier de personnes debout, avec une unanimité qui fera date dans cette édition qui semble battre tous ses records de fréquentation.

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Crédit Photo : Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

Mais le spectacle par lui-même doit interroger,  même inscrit dans la volonté d’une programmation très éclectique que nous propose chaque automne son directeur, le chorégraphe Thierry Malandain.

Car ce Titanium est redoutable pour son efficacité scénique et sa dimension de pure entertainement, rodé dans le monde entier, dans un casino de Las Vegas ou de Melbourne par exemple (il faudrait tout de même avertir les costumiers de Rojas y Rodríguez que les épaulettes en boutons d’argent, depuis la mort de Michael Jackson, on pourrait s’en passer).

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Crédit Photo : Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

A mi-chemin constant entre nos souvenirs des chorégraphies du boys band façon To Be 3 ou de Madonna et une gageure parfois tenue de mêler flamenco et hip hop, on avait pourtant la possibilité (isolé dans la foule en liesse) de contester « la célébration sans artifice de l’évidence de racines communes entre ces deux genres, nés sur les trottoirs des rues », comme l’indique leur livret.

La technicité réellement exceptionnelle des 11 danseurs n’est pas en cause, mais les grosses ficelles de Titanium qui ouvrent le spectacle forment un premier avertissement : le langage de la danse ici est réduit à sa dimension de mouvements et de tableaux, l’émotion ou la moindre poésie d’écriture chorégraphique étant les deux grandes absentes du show « un, dos, tres !! » proposé.

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Crédit Photo : Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

L’heure et demie du spectacle sert finalement à démontrer avec autorité la possible conciliation entre la gestuelle du flamenco et les figures du hip hop, dans une sauce liante de danses et de projections d’images de show télévisé (dans lequel chacun de ses professionnels aurait été brillant).

Cela passe donc par des affrontements répétés entre les deux styles, à la façon d’un duel entre les Montaigu et les Capulet, des musiciens sur le plateau se chargeant d’alourdir des rythmiques permettant aux uns et aux autres de marquer leurs pas, chacun dans son registre.

Avant que tout ce petit monde ne se retrouve relié par des sensations partagées et inter-changées, un We are the World étant craint un instant qui aurait célébré cette affirmation.

Crédit Photo : Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

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Crédit Photo : Stéphane Bellocq – http://www.regardencoin.com

Certes, ils sont beaux, éclatants de vitalité, mais le moment où il faut trembler arrive, quand le public, pourtant friand de chorégraphies plus délicates, se retrouve à applaudir l’exploit d’une scène traversée en saltos arrières par un danseur : un numéro de gymnastique pure ponctué de « whaoouhh » dans les rangées, à faire froid dans le dos de chorégraphes présents ce soir-là avec eux.

titanium-biarritz-10Au bout du compte, et avant que le public ne se lève pour faire trembler les murs de la salle, l’impression finale n’est pas désagréable, qui permet de se remettre en tête la recette de la zarzuela espagnole : une sauteuse, et dedans, tout ce qui fait l’identité gastronomique d’une région (tomates, poissons, crustacés, poivrons, safran, et vous pouvez y rajouter des pommes de terre ou des croûtons aillés, certains y rajoutent aussi des poireaux et du choux, mais cela semble abusif).

La finesse finale dépend de l’équilibre respecté, et de la qualité obligatoirement exceptionnelle des produits mélangés.

Hier soir, il n’a pas été possible d’isoler dans le spectacle ne serait-ce que l’ombre du semi-dieu flamenco Israel Galvan (programmé en 2012) ou de la compagnie hip hop Dernière Minute de Pierre Rigal, l’an passé.

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Israel Galvan

Titanium n’est ni flamenco ni hip hop, mais un alliage étincelant hip-flamenco-hop, et Rojas y Rodríguez ont solidement fait le travail annoncé : emballer avec générosité un public peu à peu conquis.

Nul scandale pourtant : ce que la programmation de Thierry Malandain a permis encore une fois dans ce Temps d’Aimer, c’est d’avoir pris le risque d’une contre-proposition, à même de renforcer la réputation d’un Festival où seuls perdent ceux qui ne s’y risquent pas.


stephane-bellocq-biarritzToutes les photos (magnifiques) du Temps d’Aimer de Biarritz (et autres) par Stéphane Bellocq sont à retrouver sur son site : http://www.regardencoin.com


 


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