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Sarrionandia au rythme de Gose : la sensation musicale du Pays basque

29 octobre 2014 > > 2 commentaires

Des poèmes de l’écrivain basque Joseba Sarrionandia mis en musique par le groupe Gose et illustrés par les artistes Iñigo Arregi et Juan Luis Goikolea, c’est sans doute l’un des grands événements de l’automne musical au Pays Basque.

L’album Gosariak, qui vient de sortir, devrait se placer facilement en tête des ventes du prochain Salon du livre et du disque basques de Durango, dont la 49e édition aura lieu du 5 au 8 décembre.

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Crédit photo : Saioa Cabañas “Gauilunak

Joseba-SarrionandiaDe Mikel Laboa à Ken Zazpi en passant par Ruper Ordorika, nombreux sont les musiciens basques qui ont mis en musique des poèmes de Joseba Sarrionandia, l’un des plus grands poètes  et écrivains de langue basque. Pour chacune de ces collaborations, il s’agissait de la mise en musique de quelques poèmes créés dans la plupart des cas avant et indépendamment de la musique : cette fois-ci, les poèmes, la musique et les illustrations ont vu le jour ensemble, fruit d’une collaboration directe et étroite entre les artistes.

En 2012, Gose cherchait à contacter le poète Sarrionandia, qui vit dans le plus grand secret depuis sa fuite d’une prison en 1985, pour lui demander d’écrire les paroles d’une chanson pour l’album qu’ils étaient en train d’enregistrer.

Ce qui ne fut pas pas possible tout de suite trouva une autre issue plus heureuse quand, à l’issue d’un concert au Salon de Durango de cette même année, le trio de Gose reçut un message de Sarrionandia : plutôt que d’écrire les paroles d’une seule chanson, il formulait le désir d’écrire les paroles d’un album entier avec eux.

Le projet Gosariak vit ainsi le jour, le sculpteur Iñigo Arregi et le peintre Luis Goikolea se joignant au projet en s’occupant des illustrations du livret et du coffret.

Après un long processus de création, l’album vient de sortir. Autoproduit, il offre une belle symbiose entre la poésie, la musique et les arts plastiques.

Un album de grande beauté et d’une grande force, où tantôt des rythmes dansants et collants, tantôt des rythmes plus lents et doux accompagnent les paroles de Sarrionandia, d’une qualité littéraire, d’une beauté et d’une humanité souvent exceptionnelles.

L’album s’ouvre sur la chanson Errua (Culpabilité) – « Ne m’enlevez pas la culpabilité (…) puisque sans la culpabilité je n’ai rien, c’est comme si je n’aurais jamais rien fait » -, et se clôture avec Belengo albistiek (Nouvelles de Bethléem) : basée sur la mélodie d’une chanson traditionnelle basque de Noël, il remplace le Bethléem de l’époque romaine par le Bethléem d’aujourd’hui, en racontant l’assaut de l’armée israélienne contre une maison où se trouvent une jeune femme et son nouveau-né.

Neuf autres titres complètent l’album. Des chansons souvent engagées portant un regard critique sur notre société, comme Zoroetxeko harresia (Le mur de l’asile), consacrée à un centre psychiatrique de Mondragon – “Où se trouve l’asile ici, de notre côté ou du vôtre ?” -, Anaren hiri arraroa (La ville étrange d’Ana), consacrée à la prostitution, ou Non dago gure askatasuna ? (Où se trouve notre liberté ?), consacrée aux prisonniers basques.

Dans Banku atrakatzaileak, dont le titre peut être traduit aussi bien par « Gangsters de banques » ou par « Banques gangster », Sarrionandia s’en prend avec humour aux corrompus : « Les gangsters, nous sommes à bout de souffle, parce que nous ne pouvons pas concourir avec les banquiers (…). Ce sont les banques qui font les plus grands assauts (…). Avant de mourir de faim, il faudrait peut-être mieux commencer par fonder une caisse d’épargnes« .

D’autres chansons, comme Alegrantziaren aldeko konjura (La conjuration en faveur de la joie), appellent à vivre la vie avec joie: « Ni les diamants, ni les perles, ni l’or : il n’y a de mieux que la joie ».

gose-1Notre préféré est peut-être Txalupa (Embarcation) : « Ikusten da porturik ? Ez dugu ikusten, baina imajinatzen dugu. / Imaginatzen dugu eta haruntz goaz arraunean.” (On voit un port? Nous n’en voyons pas, mais nous l’imaginons. Nous l’imaginons et nous ramons vers là). Et continuons de ramer, même si les voiles se sont déchirées, le bateau détruit, l’ancre perdue, et aucune terre n’est en vue. Continuons de ramer, en imaginant le port que l’on n’aperçoit pas.

Depuis sa création en 2004, le groupe Gose a bousculé la scène musicale basque en combinant l’accordéon diatonique (trikitixa, instrument traditionnel basque), le rock et la musique électronique.

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Crédit photo : david herranz

Dix ans plus tard, le trio formé par Ines Osinaga, Ion Zubiaga et Iñaki Bengoa fera de même en combinant sa musique avec la poésie de Sarrionandia.

Gose est à l’affiche du festival BIME ce vendredi 31 octobre au Bilbao Exhibition Centre et, le 20 novembre, le trio d’Arrasate se produit à Casablanca (Maroc).

Joseba Sarrionandia, un auteur basque aussi prestigieux que… invisible

sarri sarriDe l’avis de beaucoup de lecteurs et de critiques littéraires, il faut sans doute considérer Joseba Sarrionandia comme l’un des plus grands poètes et écrivains de langue basque, malgré une vie dans le plus grand secret depuis 1985, et sa fuite d’une prison près de San Sebastian/Donostia en juillet 1985.

Alors condamné à 20 ans de prison pour apparteance à l’ETA, ce professeur de basque et écrivain déjà reconnu avait échappé à la vigilance de ses gardiens, en s’enfuyant dans des haut-parleurs après un concert du chanteur basque Imanol Larzabal.

En 1985, date du début de sa clandestinité, la fuite spectaculaire de Joseba Sarrionandia inspira au groupe basque Kortatu son titre le plus célèbre, ‘Sarri, Sarri’, toujours entonné de partout au Pays Basque.


Commentaires

2 réponses à Sarrionandia au rythme de Gose : la sensation musicale du Pays basque

  1. […] Des poèmes de l’écrivain basque Joseba Sarrionandia mis en musique par le groupe Gose et illustrés par les artistes Iñigo Arregi et Juan Luis Goikolea, c’est sans doute l’un des grands événements de l’automne musical au Pays Basque.  […]

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