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Scène Nationale à Quintaou : « Anglet mérite le meilleur », mais la facture ne baisse pas pour les Angloys

3 septembre 2014 > > Un commentaire

Quel que soit l’angle avec lequel on aborde le dossier de la salle culturelle Quintaou d’Anglet, devenue cet été « Théâtre d’Anglet » depuis que sa nouvelle municipalité a décidé d’en confier la programmation à la Scène Nationale Sud Aquitain (SNSA), on ne peut en démêler les aspects enkystés de politique et de culture.

Les joutes municipales sont passées par là, qui ont fait de cette salle un enjeu de territoire, plus encore que de propositions théâtrales ou musicales : renvoyées à des chamailleries « très minoritaires » (par la voix de sa Présidente, Mme Dumas), les oppositions ça et là à l’intégration de la salle angloye dans le giron de la SNSA ont été appelées à mettre la sourdine devant le fait accompli, autant que devant l’incontestabilitité tarpéienne dont jouit aujourd’hui cette structure, 25 ans après avoir ouvert sa 1ère saison.

Pour autant, ce mardi 2 septembre, l’habituelle conférence de presse de rentrée de la SNSA n’a pas pu échapper aux règlements de comptes, en particulier financiers, quand elle avait pour objet la seule intention de dévoiler avec gourmandise les 130 représentations planifiées jusqu’à mai 2015.

Une heure durant, et sans se couper la parole, chaque animalus politicus put choisir de camper sur des positions qui n’exclurent ni l’entre-soi ni une forme polie de dogmatisme.

L’incapacité du nouveau Maire de la Ville, Claude Olive, fut pourtant patente de donner corps à ses promesses électorales, arc-boutées sur l’offre pour Anglet de « ce qui se fait de mieux en matière culturelle » à un coût public « deux fois inférieur » à ses prédécesseurs socialistes : il l’a confirmé ce mardi-là, la facture publique 2014/2015 sera strictement identique à l’an passé pour cette « saison transitoire » (760.000 €).

Au final, il fut donné une forme somme toute lassante de petit théâtre de choses, un terrain de jeux dont on sait quel lit ces arrangements bordent dans notre démocratie. Les 60 spectacles à venir porteront l’ambition de nous faire rire ou trembler devant la comédie humaine, cela ne sera pas déjà si mal. Il est temps que le rideau se lève.

quintaou-2Autour du nouveau Maire d’Anglet, Claude Olive, avaient pris place les caciques voisins, venus voler (à l’exception d’un seul) au secours de la victoire du Directeur de la Scène Nationale, Dominique Burucoa, tout à sa satisfaction de présenter une offre élargie à la quasi-totalité du territoire de la Côte Basque (St Jean de Luz, Bayonne, Boucau, et donc Anglet, Biarritz cultivant encore un ostracisme un peu précieux vis à vis de ce bel ensemble).

Maire de Bayonne et Président de l’Agglomération ACBA, Jean René Etchegaray vint saluer un aggionamiento culturel (un terme certes clérical, préféré au mot status quo, un peu trop sportif mais surtout encore très prématuré), afin de décrire l’obligation de « rester groupés » (sportif) « maintenant que les eaux politiques sont beaucoup plus calmes » (prématuré).

Les sourcils froncés furent le mode d’intonation choisi pour sa demande d’une meilleure prise en compte du besoin de donations par l’Etat (quand la Scène Nationale semble avoir atteint le plafond souhaité par le législateur de 500.000 euros annuels) ou du Conseil Général, faisant passer un frisson d’indignation dans une assemblée composée de trois journalistes et d’une dizaine de personnes venues faire la claque.

quintaou mondorgeA ses côtés, au moins spatialement, Guy Mondorge explicita sa carte de visite actuelle (une demie-feuille A4 lui permettant de décliner ses qualités d’ancien adjoint à la culture d’Anglet battu aux dernières élections, de Vice-Président du Conseil Général chargé de la Culture, et de membre actuel du Conseil d’Administration de la Scène Nationale) pour présenter une égale indignation (mais inversée) sur ces « propos politiques qui ont été entendus aujourd’hui’, et dans lesquels, précisa-t-il « je ne m’engagerai pas » (avant de s’y engager)
– lire sur son blog, « Claude Olive prend en otage la Scène Nationale« 

Saluant le travail méritoire de Dominique Burucoa depuis 25 ans (l’homme), il opta pour un ton très ferme pour expliciter son refus de voir Dominique Burucoa (le Directeur de la SNSA) être « le porteur unique de politiques culturelles de notre territoire« . Et prévenant que « le débat aura lieu, à un autre temps, dans des discussions anglo-angloyes« , une transition idéale pour que le nouveau Maire d’Anglet reprenne la main.

quintaou oliveQuelques constats simples et deux ou trois convictions fortes lui permirent d’étayer son sentiment qu’il fallait « donner la gestion du lieu à un opérateur public professionnel« , un processus en trois phases distinctes : la seconde consistant à donner à la SNSA la programmation prioritaire des lieux et la troisième en lui demandant d’envisager sa gestion complète à court terme (la première n’eut besoin d’aucune convocation de presse pour signifier à l’ancien Directeur du lieu, Jérôme Poties, de chercher tous les anagrammes possibles avec le mot « ailleurs« ).

« Oui, Anglet mérite le meilleur, oui les Angloys ont droit à ce qui se fait de mieux en matière culturelle » fut un peu théâtralisé, mais correctement maîtrisé, quand il confessa avoir travaillé avec Dominique Burucoa sur « les grandes lignes de la spécificité d’une saison pour Anglet« .

Et il avoua avoir compris qu’il avait fait « le bon choix » en découvrant il y a un an « Antigone de Giraudoux«  (Jean Anouilh étant décédé depuis suffisamment longtemps pour qu’il ne puisse être présent ce jour-là et s’étrangler devant cette usurpation).

quintaou burucoaLe nouveau programme est édité et disponible sur les deux Théâtres d’Anglet et de Bayonne, rappela le directeur de la SNSA. Dominique Burucoa déploya rapidement « une saison ouverte sur le monde, des spectacles de référence internationale, le meilleur de la création française, une présence forte de la création régionale et un travail de construction de la relation transfrontalière« , desquels il extirpa 8 créations coproduites par la SNSA dans les domaines du théâtre et de la danse.

Indifféremment dans les deux lieux, les billetteries et la souscription des abonnements sont possibles du mardi au vendredi de 10h à 14h et de 14h45 à 17h30 ; le samedi de 10h à 13h.

Deux numéros de téléphone (Bayonne, 05 59 59 07 27 ; Anglet, 05 59 58 73 00), et un site internet unique : www.scenenationale.fr


Commentaires

Une réponse à Scène Nationale à Quintaou : « Anglet mérite le meilleur », mais la facture ne baisse pas pour les Angloys

  1. Dominique dit :

    Il y a des concerts inoubliables , celui la en fait partie .. Un très grand merci pour ce moment

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