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Sébastien Tellier à l’Atabal, en espérant ses Paradis intacts

29 octobre 2014 > > Un commentaire

Sébastien Tellier sera sur la scène de l’Atabal de Biarritz ce samedi 1er novembre, l’occasion de constater ce que cet artiste aussi brillant (musicalement) que étincelant (surdose freaks) choisira de nous offrir.

Car le paradoxe est entièrement contenu dans le bonhomme, planqué derrière ses lunettes noires et une barbe qu’il n’abandonnera pas plus facilement. Une bonne dizaine d’années après son premier album (L’incroyable Vérité, suivi de sept autres, dont cet Aventura, tout frais), Docteur Tellier s’est fabriqué un personnage de dandy désinvolte, dont les frasques sont toujours plus commentées que ses créations musicales. Alors que tout le monde peut le ressentir : Mister Sébastien est infiniment plus touchant et convaincant.

sebastien-tellier-1

seb-daftSans doute la distance qu’il impose dans cette mise en scène l’empêche complètement d’accéder à ce statut de chanteur populaire, lui qui aurait dû accéder aux mêmes Paradis Perdus que Christophe (le seul artiste auquel il pourrait être identifiable), et qui avoue une admiration sans borne ni jalousie pour le duo de Daft Punk.

Entre l’abus des frasques et les textes, un sens de la mélodie indéniable (ré-écoutez son Divine et essayez de ne pas danser) et un risque du kitsch qu’il a tardé à botter en touche, Mister Sébastien a fait de cet Aventura le retour sur terre qu’on espérait pour lui.

l_aventura_de_s__bastien_tellierA la plaisanterie improbable d’un précédent My God is blue, en 2012, où l’homme s’est mué en gourou pour midinettes et petits malins (Meetic a fait de sa Ritournelle son jingle, il n’y a vu qu’une fierté de provoquer une copulation galactique), son nouvel album possède le potentiel créatif et musical pour réconcilier les deux pôles du gars.

Un bonhomme salutairement à part dans le paysage, et un songwriter impeccable, loin de tergiverser sur la quantité nécessaire de travail pour sortir ce Ma Calypso de toute beauté.

Ou ce Aller vers le soleil, sorte de BO de film sans film, qui provoquera longtemps un filet de bave envieuse à ceux qui, sans le même talent, ne sont plus confondus avec un autre (quand lui reste bien trop méconnu de ceux pour qui il écrit).

L’époque où il se contentait de constater que « les mecs pointus savent que je suis un mec cool, les autres me prennent pour un fou » ne devrait plus lui suffire.

sebastien-tellier-3Sébastien Tellier, c’est un écorché vif, qui s’est longtemps douché à la vodka une cigarette dans le nez et un acide sur la langue. Trop longtemps sans doute pour s’être rendu compte que son image cesserait de le protéger, mais pourrait aussi contrarier son projet légitime : « on vit dans un monde où les gens essayent de créer le morceau le plus tonitruant possible. Ça me fait plaisir de proposer une alternative« , explique-t-il à celui qui fera l’effort de l’écouter. Et de le croire sur paroles, celles de ses chansons.

Même son label Universal se paume dans le jeu de miroirs, qui vous envoie pour la promo du concert une collection de clichés de Tellier façon catalogue de La Redoute collection Automne Hiver, à faire débander un Pollack chargé au blanc.

Ils ont tout faux à maintenir le freaks, quand lui est parti sur autre chose : repenser son itinéraire, reprendre les chemins de ses propres arrangements, sur une base musicale de sonorités brésiliennes, son lieu de retrait aux mondes fuis.

Il en a extirpé une complexité de mélodie qui lui va bien, c’est à dire difficile à doser mais légère au final. Un cocktail au bord des lèvres qui fredonnent, et des âmes qui tressaillent.

crédit-photo-Luke-PradalSamedi soir à l’Atabal, il prendra la direction de l’arrière-scène, après avoir fini une des bières de la journée.

Et il choisira de nous offrir son côté Dr Tellier ou Mister Sébastien.

Sur scène, il se révelera à ceux qui ne l’imaginaient pas aussi proche avec le public, aussi désireux d’envoyer la sauce sur le globe à facette.

Il nous envoûtera avec ses mélodies, ou nous embarquera dans des considérations sans queue ni tête apparente, extirpées d’une enfance où il rêvait que, plus grand, il serait un chanteur de charme.

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Tous les renseignements sur le site de l’Atabal de Biarritz



Commentaires

Une réponse à Sébastien Tellier à l’Atabal, en espérant ses Paradis intacts

  1. […] à la poursuite d’un temps perdu qui forme le cœur de son nouvel album, Sébastien Tellier a slalomé entre d’impeccables interprétations de ses titres et des moments de dérapages […]

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