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‘Shoah, les Oubliés de l’Histoire’ [Fipa 2015] : le travail remarquable d’une réalisatrice bayonnaise

27 janvier 2015 > > Soyez le premier à réagir !

En ce jour de commémoration du 70ème anniversaire de la découverte du camp d’extermination d’Auschwitz, retour sur le travail documentaire remarquable d’une réalisatrice bayonnaise, Véronique Lagoarde-Ségot.

Son nom n’est pas inconnu pour tous ceux qui breitling replica suivent la carrière impressionnante de cette ancienne monteuse du BTS Audiovisuel de Bayonne, Véronique Lagoarde-Ségot, déjà à l’oeuvre pour le montage de l’impressionnant documentaire israélo-palestinien Cinq caméras brisés, écrit et réalisé par Emad Burnat et Guy Davidi, sorti en salles en 2011, avant d’être nominé pour les Oscars en 2013.

Pour son premier film en solo, elle a donné corps à un remarquable travail d’investigations et de recoupements d’archives cinématographiques sur les « oubliés russes de la Shoah », vu et chroniqué par Michèle Solle pour Eklektika.

Passée sa « surprise » d’avoir été sélectionnée au récent Festival FIPA de Biarritz, Véronique Lagoarde-Ségot a désormais toutes les raisons de penser que son itinéraire est méritant et reconnu.

Son documentaire de 52 minutes, co-produit par ARTE, ne devrait plus tarder à être rendu visible par tous : en cette journée historique de commémoration des 70 ans de la découverte du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau par l’Armée rouge, comprendre l’absence de Poutine à cette journée mémorielle peut passer par son excellent ‘Shoah, les Oubliés de l’Histoire’.

L’histoire :

shoah-2La guerre de la manipulation des images par la confrontation des archives soviétiques et allemandes tournées sur le front de l’Est. D’un côté, des images de propagande inédites pour renforcer le moral du peuple qui mettent en scène avec talent les horreurs commises par l’ennemi et l’héroïsme des combattants ; de l’autre, la froide restitution de la machine d’extermination. Mais, côté soviétique, l’identité des victimes est occultée : elles sont russes. Les Juifs sont les oubliés de l’Histoire.

« Que nous montrent les images ? », par Michèle Solle, FIPA 2015

Une démonstration glaçante autant que magistrale des manipulations dont nous pouvons et avons pu  être l’objet ici et maintenant, et hier dans le monde. Les juifs , en 1917, sont devenus des citoyens russes, et les synagogues nationalisées.

En 1941, Hitler attaque  la Russie, qui mandate des cinéastes pour couvrir la guerre. Avec des ordres clairs…. Ainsi, lorsque la traque des juifs par les nazis commence, qu’ils sont tués par milliers sur place ( 7000 à Kertch), nus  et dépouillés de leurs biens, le mot JUIF n’est jamais prononcé, on ne parle que de « citoyens russes ». C’est que le Reich écrase tout et qu’il s’agit de raviver l’esprit patriotique : il faut filmer la douleur (sans en nommer sa provenance).

Lorsque dans les pays baltes, en 1941 , on se raconte un complot judéo bolchévik et que la population accueille les nazis avec des fleurs, les juifs seront persécutés par les milices locales.

massacre de Babi YarEn 42, le massacre de Babi Yar, 33000 juifs tués par balle devant un ravin contribue à  nettoyer l’Ukraine. Plus aucun juif n’y subsiste sauf en ghettos, réserves de travailleurs forcés.

En 43, les actus demandent des images épiques de partisans courageux, les juifs y figurant redeviennent de simples citoyens russes.

camp de Maïdanek 2En 43 : les nazis entreprennent un vaste opération de destructions de preuves et brûlent les corps abandonnés dans les fosses ou ailleurs. Les procès de Kharkov et Krasnoiarsk, un an avant celui de Nuremberg, contre les nazis ne font état que de crimes envers des citoyens russes. Et les fosses communes enseveliront toutes les cadavres mélangés.

Plus fort ! Lorsque les photographes russes découvriront le camp de Maïdanek un an avant celui de Buchenwald, ils seront invités à reconstituer des scènes. Certains refuseront.

camp-de-MaïdanekMême chose à Auschwitz, où arrivés sans matériel, les cinéastes russes ne peuvent témoigner suffisamment. C’est 3 mois après, en engageant des voisins polonais costumés en prisonniers juifs, que les images seront faites…..No comment !

Après la guerre, l’antisémitisme régnera en Russie, mais c’est une autre histoire.


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