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Sur la côte basque, les films qui sont de sortie (et ceux qui manquent, comme « Premier contact » de Villeneuve)

11 janvier 2017 Soyez le premier à réagir !

Petit passage en revue des principales sorties de ce mercredi 11 janvier 2017, de « Dalida » à « Ouvert la nuit » d’Edouard Baer et « Birth of a nation » : l’absence ponctuelle dans nos salles préférées du Japonais « Harmonium » et prolongée de « Premier contact » de Denis Villeneuve forment des voeux insistants pour leurs programmations.

Ce mercredi 11 janvier 2017 a toutes les allures d’une première vraie rentrée des cinémas pour cette nouvelle année, avec le déferlement sur 900 salles du biopic Dalida de Liza Azuelos, dont il conviendra de penser que le film, produit par Jérôme « Pathé » Seydoux, cochera toutes les cases déjà connues de la diva égyptienne.

En évitant soigneusement les aspérités qui vous feraient renoncer à acheter les compilations de hits ressorties pour l’occasion, qui figurent en bon ordre dans l’obligation donnée aux scénaristes, la star adulée en a perdu son exquis strabisme, bien plus célèbre que son vrai nom par ailleurs (Iolanda Cristina Gigliotti).

Un premier avertissement valant prudence, avant de se présenter face à cette entreprise de remodelage nostalgico-blister (et y croiser Robert et Tata Josette).

Un autre biopic emprunte une logique identique, Born to be blue de Robert Budreau s’adressant aux fans inconditionnels de ce génie du jazz, l’acteur Ethan Hawke étant chargé de souffler dans la trompette les frissons du « dingue, on dirait lui ! », en y aménageant un minimum de « dingue, je n’savais pas ! », qui suffit habituellement à susciter un intérêt sincère.

Salué par la critique cinéma, sans pour autant s’inscrire dans ces quelques rares films de la dernière décennie qui en ont dépassé les attentes, les amateurs du genre commémoratif auront à garder une attention toute particulière sur la merveille de mise en scène atteinte par Pablo Larrain dans Neruda, sorti la semaine passée.

Né dans l’intention de porter une nouvelle nouvelle lecture de l’histoire afro-américaine (après les récents 12 years a slave, Django Unchained et Lincoln), le projet de The Birth of a Nation de l’acteur peu connu Nate Parker a essuyé un premier raté, qui aurait consisté à le voir archi-Oscarisé, ce vieux rêve du cinéma présent dans l’ADN de tous les projets de cet ordre.

Une polémique sur l’auteur et son scénariste, rattrapés par une histoire de viol en 2001 quand le climax du film repose aussi sur celui d’une femme noire, a brutalement éteint les ambitions bankables du récit de ce pasteur noir se transformant en Spartacus black au 18ème siècle, sans pour autant effacer l’attrait que peut représenter ce récit par lui-même.

Un passé criminel, et une sortie de prison : on n’est pas dans la réalité du Japonais Koji Fukada mais dans le récit fictionnel de Harmonium, chronique familiale où le nouveau (re)venu, un ami du père, commence à prendre une grande place comme ami dans cette maison policée.

Le venin orientant peu à peu la dramaturgie vers un Théorème de Pasolini version nipponne devrait bénéficier d’un titre dithyrambique de Télérama ce mercredi (« constamment palpitant, au bord du fantastique ») pour imaginer trouver une place dans les salles de la côte basque, qui ont mis en sourdine pour l’instant cet Harmonium


> réaction à l’article d’une lectrice assidue et contributrice d’Eklektika, Sévan l’Hostis : « le film Harmonium sera programmé à L’Atalante de Bayonne à partir du 25 janvier 2017″, et merci beaucoup pour cette info


Les deux principaux cinémas art et essai de l’Atalante Bayonne et du Royal Biarritz ont focalisé sur le même film, ce Ouvert la nuit de Edouard Baer, l’inarrêtable comique lunaire reprenant la caméra après une décennie à faire oublier ses débuts avec Akoibon et La Bostella, admis officiellement tous les deux dans la catégorie des films qu’on n’a pas regretté d’aller voir, mais sans s’en souvenir plus que ça.

Le mécanisme narratif est reconduit ici, qui demande au réalisateur Edouard Baer de mettre l’acteur Baer Edouard au centre de toutes les images, et de lancer un récit débridé et fantasque valant même admiration souriante que lors de ses passages télés pour lequel il est un très bon client.

Reste la difficulté de nous le faire apprécier une heure et demie durant, l’homme à deux casquettes risquant de se transformer dans cet ami foutraque qui débarque chez vous pour une soirée, et la vampirise sur ses seuls délires : ceux de vos amis qui prendraient la porte pour faire autre chose de leurs désirs pourraient s’en trouver excusés, sans être vilipendés.

Des critiques plus nourries doivent par contre pleuvoir sur l’absence en version originale dans ces même salles de Premier contact (Arrival) du Québecois Denis Villeneuve, sorti le 7 décembre 2016 dernier.

Portant la même qualité d’un vrai-faux rendez-vous avec les attendus d’un film de science fiction comme Interstellar (2014), l’intrigue porte sur la façon d’aborder une communication possible avec 12 gigantesques cacahouètes venues se poser sur la terre en autant d’endroits de la planète.

La présence du solide Jeremy Renner et de l’inquiétant Forest Whitaker, dans un environnement rempli jusqu’à la gueule de brutes militaires et de combinaisons spatiales pour approcher les intrus, aurait suffi d’habitude à nourrir un invraisemblable guerrier à grands coups de scènes 3D.

Choisissant, comme Christopher Nolan avant lui, de considérer que le cinéma a plus besoin de scénario que d’effets spéciaux, Denis Villeneuve continue d’imposer une patte éclectique sur le cinéma, passant avec une facilité déconcertante de l’adaptation théâtrale au Liban de Incendies (2010) à l’univers de narco-traficants (Sicario, 2015) ou d’un serial killer (Prisoners, 2013).

L’homme n’est pas là où on l’attend, et comme dans Interstellar, c’est d’une femme que surgit une lumière inattendue (Amy Adams, jolie révélation), soulevant sa boite de Pandore pour aborder en moins de deux heures le poids des doutes et de ses douleurs enfouies dans les mots choisis pour aborder l’autre.

Comme dans l’autre (très beau) film Manchester by the Sea, la question centrale est de placer la possibilité de renaitre de ses cendres dans sa confrontation avec la perte d’un être cher, comme le dévoile très finalement Premier contact.

On en ressort bouleversé, la scène d’ouverture nous l’ayant fait craindre instantanément, et la sortie de la salle ne permet de retrouver le sourire qu’en croisant les fans hard-core du genre, passablement énervés, et se promettant eux aussi de ne jamais oublier le nom de Denis Villeneuve.

Un film qui a toute sa place dans une programmation art et essai, chaque nouvelle année portant son lot de voeux que l’on espère pouvoir partager sans trop trainer : son nouveau projet, Blade Runner 2049, prévu pour la fin de l’année (avec Ryan Gosling), devrait rassembler tout le monde.

Message du Directeur de MonCiné Anglet : « Premier Contact a été programmé en VF et en VO à Monciné »
> Réponse d’Eklektika : « alors il est temps de saluer le travail de programmation du meilleur multiplexe de la région, auquel nous ne vouons pas une attention suffisamment régulière, merci pour votre commentaire »


Dans les salles

Born to be blue, de Robert Budreau (Etats Unis – 1h37), avec Ethan Hawke, Carmen Ejogo, Callum Keith Rennie,..  – En VO au Royal Biarritz.

Birth of a nation, de Nate Parker (Etats Unis, 2h), avec Nate Parker, Armie Hammer, Mark Boone Junior, … – En VO au Select St Jean de Luz

Ouvert la nuit, d’Edouard Baer (France – 1h37), avec Edouard Baer, Sabrina Ouazani, Audrey Tautou, … – Au Royal Biarritz, au Select St Jean de Luz, et à L’Atalante Bayonne


(pas encore) Dans nos salles préférées


Harmonium, de Kôji Fukada (Japon, 1h58), avec Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui, Kanji Furutachi, … » programmé à L’Atalante de Bayonne à partir du 25 janvier 2017″

Premier contact (Arrival), de Denis Villeneuve (Etats Unis/Quebec), avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker, …


 


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