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‘Comme un avion’ : un anti-Delivrance, au milieu des sorties cinéma du 17 juin

17 juin 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Dans la semaine cinéma du 17 juin 2015, le dernier-né des Studios Pixar, deux films recommandés (Comme un avion et Loin de la foule déchaînée) et quatre sorties repérées.

Il a été unanimement décrété comme « génial » par ses premiers spectateurs au Festival de Cannes : le Vice et Versa des Studios Pixar sort malgré la concurrence du film turc, Mustang, coup de coeur des exploitants art et essai (les fous…), et deux autres propositions repérées par les salles de la côte basque Valley of Love de Guillaume Nicloux, et l’Echappée Belle, d’Emilie Cherpitel.

Mais parce que, surtout à Bayonne, on a besoin d’un peu de détente en ce moment, on vous parle dans Eklektika de deux films actuellement sur les écrans à Bayonne ou Biarritz : Loin de la foule déchaînée, de Thomas Vinterberg, et Comme un avion, de Bruno Podalydès, chroniqués par Murielle Barthe.

Bonne séance à tous.


Comme un avion

sorties-10-juin-4Réalisé par Bruno Podalydès, avec Bruno Podalydès, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain – 1h45 – A L’Atalante de Bayonne, au Royal de Biarritz, à MonCiné d’Anglet et au Sélect de St Jean de Luz.

Michel, la cinquantaine, est infographiste. Passionné par l’aéropostale, il se rêve en Jean Mermoz quand il prend son scooter. Et pourtant, lui-même n’a jamais piloté d’avion… Un jour, Michel tombe en arrêt devant des photos de kayak : on dirait le fuselage d’un avion. C’est le coup de foudre. 

Léger comme une plume, mais aussi profond avec de jolies idées visuelles et et de délicieuses plaisanteries, Comme un avion surprend tout en étant familier.

sorties-17-juin-10Son voyage sur un avion sans ailes « relativement très instable » n’est pas tant de décoller que de flotter en aval sur une rivière pittoresque à la campagne, et pas nécessairement dans le contrôle. Laisser le courant faire son travail.

Comme un anti-Délivrance, ce film terrifiant de violence « rurale » de Boorman en 1972, les rencontres faites au fil de l’eau sont l’objet de quelques mésaventures plutôt amusantes, joyeuses voire érotiques.

Un jeu de symétries réparties tout au long du film est une touche intéressante : la composition de Michel et sa femme Rachelle (Sandrine Kimberlain) dans la salle de bains, chacun vu dans un miroir séparé. Symétrie ensuite reprise entre Michel et Laetitia (Agnes Jaoui en veuve joyeuse), divisés par une feuille, et Michel et Mila (Vimala Pons), divisés par un morceau de carton.

sorties-17-juin-7De la légèreté encore, dans une conversation après l’amour avec Lætitia et dans la manière de séduire les femmes. Il n’y a jamais le sentiment de transgression extra-conjugale.

Au lieu de cela, c’est le sentiment que la liberté individuelle est non seulement nécessaire, mais aussi saine pour la croissance personnelle et le bonheur. Et une très jolie scène avec une nappe qui sèche sur un fil, comme dans un film italien des années 50.

Il est sans doute possible pour chacun de trouver son propre ruisseau non loin de chez soi. Et le fait que Michel revienne toujours à la même auberge pour se libérer de la monotonie de sa propre vie est une suggestion insolente de Podalydès : la vie a une façon de se répéter, même si on pensait faire quelque chose de radicalement différent.


Loin de la foule déchaînée

loin-de-la-foule-dechainee-affiche-2Réalisé par Thomas Vinterberg, avec Carey Mulligan, Matthias Schoenaerts, Michael Sheen – 1h59 en VO – A L’Atalante de Bayonne.

Dans la campagne anglaise de l’époque victorienne, une jeune héritière, Bathsheba Everdeene doit diriger la ferme léguée par son oncle. Femme belle et libre, elle veut s’assumer seule et sans mari, ce qui n’est pas au goût de tous à commencer par ses ouvriers. 

Loin de la foule déchaînée se déroule peut être en 1860 dans un « Wessex » de fiction, mais cette adaptation par Thomas Vinterberg du roman de Thomas Hardy jette une lumière sur les propres préoccupations des femmes.

carey_mulliganBethsabée Everdene (Carey Mulligan) n’a pas besoin d’hommes pour la protéger. Elle est trop habituée à être seule, trop sauvage (elle l’a toujours été) et trop indépendante pour des prétendants potentiels.

Tout le monde semble pâle en comparaison. « Si je voulais un mari, ce serait quelqu’un qui puisse me dompter et vous ne serez jamais capable de le faire », dit-elle à l’un d’eux.

Les hommes pataugent dans son sillage. « Il est difficile pour une femme de définir des sentiments dans une langue faite par les hommes pour exprimer principalement les leurs ».

La version du roman par Vinterberg est luxuriante et magnifique, elle est étonnamment classique dans son approche, à coup d’éclairages crépusculaires et de mise en scène magnifiquement composée des ouvriers agricoles dans les champs.

Cependant, il y a parfois trop peu de la charge émotionnelle brûlante trouvée dans le roman de Thomas Hardy, ou dans les drames familiaux de Vinterberg, Festen et La chasse.

carey_mulligan-martin-sheen

Mélodrame capiteux, cette version de Loin de la foule déchaînée ne provoque pas toujours les émotions attendues. Pas plus qu’il n’offre de nouvelles perspectives radicales.

Mais pour les non cinéphiles, ou les plus jeunes qui n’ont pas vu les autres versions ciné et télévisées, le film vaut tout de même le déplacement.


Mustang

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Réalisé par Deniz Gamze Ergüven, avec Günes Nezihe Sensoy, Doga Zeynep Doguslu, Elit Iscan – 1h37 en VO – A L’Atalante de Bayonne.

Le début de l’été, dans un village reculé de Turquie. Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.

Cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, qui détournent les limites qui leur sont imposées : un premier long-métrage, qui examine un passage à l’âge adulte forcé, explorant à travers ses personnages adolescents autant d’élans vers l’émancipation. Un coup de cœur des exploitants art et essai à Cannes, on vous en parle très vite.


Vice Versa

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Réalisé par les Studios Pixar (Pete Docter) – 1h34 en VF – Au Sélect de St Jean de Luz.

L’esprit d’une gamine dont les émotions sont chamboulées par le déménagement de ses parents à San Francisco, l’arrivée dans une nouvelle école et l’approche de l’adolescence (le remplacement d’un doudou imaginaire par un petit ami fantasmé illustrant par exemple la perte de l’innocence).

Présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2015, le résultat est une pure merveille d’inventions visuelles, de sensibilité et de justesse psychologique. Il y aurait du génie dans ce Pixar-là. On y passe du rire aux larmes… et vice versa.


Valley of Love

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Réalisé par Guillaume Nicloux, avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner – 1h32 – A L’Atalante de Bayonne, et au Royal de Biarritz.

Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans la Vallée de la mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu’ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant. Malgré l’absurdité de la situation, ils décident de suivre la programme initiatique imaginé par Michael…

A Cannes, il y a eu du sport entre ses défenseurs, qui ont salué le sens du minimalisme et du mysticisme, et ses contrariants, agacés jusqu’à l’ennui par un fatras pseudo-religieux.

Et un écueil, de taille : avec sa montagne de chair bien connue, le Gérard, devenu persona non grata pour beaucoup.


L’échappée Belle

sorties-17-juin-1Réalisé par Emilie Cherpitel, avec Clotilde Hesme, Florian Lemaire, Clotilde Courau – 1h16 –  Au Royal de Biarritz.

5 heures du matin, à une terrasse de café, Léon s’assoit à la table d’Eva et lui demande un chocolat chaud. Il a 11 ans et ne connaît pas ses parents. Elle a 35 ans et pas d’enfant. Elle est libre, fantasque et mène une vie de privilégiée. Il est malin, sage et vit dans un foyer. Ils ne vont plus se quitter.

Grâce à la mise en scène, chic et légère, à l’authenticité du jeune Florian Lemaire et, surtout, à Clotilde Hesme, fantasque et altière, cela passerait aussi bien qu’un bonbon acidulé. Ce n’est pas l’avis de tout le monde, votre avis est dans la salle.


 

 


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