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‘Sukkwan Island’ par David Vann : un roman qui reste dans le sternum

26 février 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Un livre recommandé via l’envoi d’un texte par mail, on a lu, on a décidé de le publier, parce que c’est écrit pour être partagé, merci à Sylvie Pédalo pour cette contribution (recommencez).

Pour fixer son regard et s’arrêter sur ce livre, on peut parler de fake breitling watches sa couverture, de cette petite main dans une grande, d’un enfant dont on sent déjà que la vie n’est qu’une possibilité, près d’un adulte qui ne sait la saisir, la main, la vie, et qui ne sait probablement plus y faire. Ni pour l’un ni pour l’autre.

Ou alors, on peut se rappeler, pour certains, que Sukkwan Island a reçu le Prix Médicis étranger en 2010.

Pour d’autres, qu’il s’agit initialement d’un ouvrage publié dans la collection TOTEM (sous-titrée « une autre littérature américaine) aux éditions Gallmeister, huit euros cinquante TTC.

A ceux qui possèdent un protège-dents, je proposerai de le chausser.

A tous, je souhaite une bonne lecture.

« Que devient ton poing quand tu tends les doigts », nous avertit Christophe Miossec.

L’histoire :

Un huis clos obsédant dans les paysages lunaires du large de l’Alaska, où un pauvre type (Jim), antihéros magnifique, mauvais mari, mauvais père, mauvais coucheur, décide de jouer les Robinson sur une île glaciale pour se prouver qu’il en a encore, sauf qu’il y entraîne son fils de 13 ans (Roy) et que ça tourne au carnage. Dès les premières lignes, la tragédie se devine, on la respire, on l’endure, on l’espère ; elle sera implacable.

Quand on s’embarque pour cette île du sud de l’Alaska à la suite de Roy et de son père Jim, on est aussitôt saisi par un malaise.

Et dès lors, les souvenirs qui nous rejoignent comptent plus d’images tirées du film DELIVRANCE de John Boorman, que de l’adaptation « Hollywood chewing-gum  » que Sean Penn fit du pourtant remarquable INTO THE WILD (VOYAGE AU BOUT DE LA SOLITUDE) de Jon Krakauer.

Mais ce qu’il faudra admettre, et au pas de course, c’est que nous sommes dans un roman de David Vann.

Que la dédicace à son père en quatrième de couverture ne relevait probablement pas de l’innocente et courtoise formalité de circonstance pour une première publication.

Que l’élégante et graphique superposition blanc-bleue de mains doigts tendus, sur l’édition initiale, reproduite sur la couverture blanche, n’est là que pour détourner notre attention du violent coup de poing qui nous attend.

Que nous le recevrons en pleine face.

Et qu’il nous faudra achever la lecture de ce court récit, chancelant, la mâchoire endolorie et le centre de gravité oscillant.

sukkwan_island


ugo-bienvenuSi le Sukkwan Island de David Vann s’est imposé au monde avec une telle autorité, ce n’est pas par hasard : ce livre est une grenade atomique.

Rien qui n’ait fait peur à Ugo Bienvenu, un jeune crack chevelu de « l’animation expérimentale », qui s’est emparé de l’oeuvre pour en faire un roman graphique.

C’était osé, ont pensé ceux qui l’ont lu, mais c’est bien fait.

Non seulement son crayon noir et prodige est parfaitement en phase avec l’atmosphère vénéneuse, les paysages d’apocalypse, les phrases taillées à la serpe de Vann, triées sur le volet, mais il les sublime, les élargit encore, leur offre une nouvelle vie.

Son graphic novel n’est pas « mieux » que le texte original, il est simplement « plus », il trace une épaisseur nouvelle, offre d’autres sensations, à travers sa relecture à la fois fidèle et innovante.


Sukkwan Island, de David Vann
Editions Gallmeister
Parution le 05 janvier 2010, 200 pages

Sukkwan Island, d’après le roman de David Vann
roman graphique de Ugo Bienvenu
Collection Denoël Graphic
224 pages, paru le 23 octobre 2014


 


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