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Sur les murs de Spacejunk et de Bayonne, Veks parachève les fantasmes de Darwin

7 décembre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Jusqu’au 14 janvier 2017, la galerie d’art contemporain de Bayonne accueille les montages surréalistes de cet artiste pop art, à la fois une révélation de plus dans le lieu mais aussi l’une des plus belles nourritures culturelles de cette fin d’année, absolument incontournable.

Veks Van Hillik a le prototype du jeune homme qui a bien évolué avec son époque, bonnet de marin sur la tête, collier de barbe de quelques jours, bras recouverts de tatouages, et taches de peinture sur les mains.

Avec la chance d’être né au moment où les fresques murales qui fascinent les passants sont réalisables sans obliger son auteur à garder un oeil sur une mauvaise surprise policière, il revendique dans ses créations l’étendard d’une génération Y, qui aurait absorbé les images de l’enfance pour les détourner avec un brin de douce nostalgie et de facétie.

Les revendications picturales narratives de ses aînés n’ont pas survécu à cette constellation d’artistes à laquelle il appartient, bidouilleurs d’icônes, dynamiteurs autodidactes des lignes droites classiques allant de Caravage à Ingres, pinceau et bombe de peinture à la main.

veks-van-hillik-spacejunk-bayonne-2016-street-art-5Puisque le vieux slogan « un autre monde est possible » doit se résigner à une portion congrue de nos rêves, Veks Van Hillik avance vers une stupéfaction instinctive, où les hippocampes adoptent la mollesse du crocodile Haribo, où les grenouilles sourient de leurs têtes de lapins, et où les cachalots menaçants arborent des queues de poissons rouges japonais.

« Je ne sais jamais quand ça marche », confie-t-il devant ses recompositions, « cela passe d’abord par des plombes à essayer plein de trucs sur une feuille de papier, au crayon », où il convoque les mondes anciens des planches anatomiques mais tient à distance toute direction trop conceptuelle, à la façon d’un Frankenstein sans idée du mal, intuitif, vidé des rêves de Dieu et nourri des fantasmes de Darwin.

Le résultat s’appuie généralement sur une fixette de poisson, « à la base, je suis un grand pécheur », sourit-il, ça lui parle, le cheval est arrivé par la suite, puis le lapin, il regarde les fantômes sautillants qu’il a déposés sur une toile, nés d’une résidence au Vietnam en fin d’année dernière, « c’est hyper dur d’expliquer l’origine de ça, de défendre le seul plaisir de l’oeil autrement que par son appropriation espérée par ceux qui verront ça ».

Ca a fait signature depuis peu, sa signature s’est « débloquée » depuis deux ans, et il doit désormais faire attention à la montre gousset du lapin de Lewis Carroll pour répondre présent dans les plus grandes galeries street art d’un monde qui s’est agrandi pour l’accueillir.

veks-van-hillik-spacejunk-bayonne-2016-street-art-2Il continue de mettre un zèbre dans un bocal carré, d’imaginer un poisson (encore) avec des écailles d’Iron Man, ou de ranger de nouvelles pièces improbables dans son cabinet de curiosités, installé pour l’occasion à Spacejunk, qui feront sens quand sa main le lui indiquera.

La fascination que produit son travail ne serait pas aussi forte si ces mondes hybrides n’étaient, pour chacun d’entre eux, proposés avec un talent graphique qui les recouvre de notre admiration.

veks-van-hillik-spacejunk-bayonne-2016-street-art-4Sa venue à Bayonne a été accompagnée d’une commande de fresque sur un mur proche de la rue Ste Catherine : devant son poisson phare qui s’élève sur une bonne vingtaine de mètres, les bouches ouvertes d’étonnement des badauds précèdent le réflexe d’une photo smartphone, seule manière d’imaginer participer à la magie de la surprise.

La peinture est à peine sèche que Veks détourne déjà son regard, « j’ai toujours du mal à revoir mon travail, il faut que je ré-attaque immédiatement une nouvelle peinture », confidence faite sans remarquer une pointe de jalousie devant ce dernier montage hybride, inconscient celui-là, entre son talent et sa capacité de travail prodigieuse.

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Crédit photo : Veks, pour Spacejunk Bayonne

 


Darwin Theorem de Veks Van Hillik

Exposition du 2 décembre au 14 janvier 2017
Galerie Spacejunk, 35 rue Ste Catherine, Bayonne
tous les jours de 11h à 19h

Renseignement sur la page Facebook de Spacejunk Bayonne

Site internet de Veks


 


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