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‘Sur les pas des disparus d’Argentine’ : au Pays Basque, un livre-DVD pour ne pas oublier

3 avril 2015 > > Soyez le premier à réagir !

En février 2015 est sorti le livre-DVD Sur les pas des disparus d’Argentine, enquête et témoignages écrits et filmés, signés Gaby Etchebarne et Audrey Hoc, ce samedi à Biarritz, lundi à Sare.

Gaby Etchebarne est l’auteure du livre Sur les pas des disparus d’Argentine, qui est sorti aux éditions Karthala, accompagné d’un documentaire en DVD réalisé par la cinéaste basque Audrey Hoc.

La première a vécu et travaillé avec deux d’entre elles, les anciennes religieuses françaises Cathy et Léonie, qui font partie des trente milles personnes disparues sous la dictature de Videla, de 1976 à 1983.

« Coupables » d’avoir défendu les plus pauvres et d’avoir aidé les Mères de Mai à chercher leurs proches, ces deux soeurs défroquées (en opposition à l’Eglise, qui choisit le camp de la dictature) sont allées jusqu’au bout de leur engagement.

Jusqu’à cette journée de décembre 1977, où elles furent conduites à l’Esma, cette école militaire qui abrita le plus grand centre de torture du régime.

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Une activité subversive, aux yeux des militaires. Seul le corps de Léonie a été retrouvé et identifié en août 2005.

disparus-argentine-gaby-8« Le travail mené est celui d’une enquête », confie Gaby Etchebarne, dans ce retour sur les lieux de captivité, elle partage d’avoir été très touchée, là-bas, et est rentrée bouleversée.

Il lui a fallu écrire, pour trouver un arrangement avec cette mort qui rôde toujours dans son coeur.

En compagnie d’Audrey Hoc, cette infatigable octogénaire a au moins fait cela, ne pas renoncer à ce travail de mémoire.

Retrouver les traces de leurs pas, parcourir les quartiers où elles ont partagé la vie des défavorisés, les lieux où elles ont souffert des horreurs de l’arrestation, de la prison et de la torture, avant d’être jetées, vivantes, dans l’immensité de l’océan.

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Gaby Etchebarne

Les deux femmes seront ce samedi 4 avril à la librairie Eki de Biarritz, à partir de 18h, pour la projection du documentaire et la signature du livre.

Elles seront également présentes lundi 6 Avril au Biltzar de Sare, et le 17 avril, à 18h30, à la librairie Elkar de Bayonne.

Gaby le répétera encore une fois : « j’ai gardé foi dans l’humanité, l’amour est toujours le plus fort : un jour ou l’autre, il peut vaincre la barbarie ».


Le chemin de croix sous la dictature argentine

disparus-argentine-gaby-11Les personnes dérangeantes pour la dictature de Videla n’ignoraient rien de leur sort, une fois franchie la porte de l’Esma. Des jours de torture à la gégène, des coups sans fin.

Sur les 30 000 disparus de la dictature entre 1976 et 1983, 5 000 hommes, femmes, vieillards, enfants y ont été détenus. Et on compte seulement une dizaine de survivants.

Chaque mercredi, le rituel des « vols de la mort » était le même.

A la nuit tombée, sur l’aéroport proche de l’Esma, une trentaine de personnes cagoulées avançaient en titubant vers un avion de la navale. Le médecin de l’Ecole leur administrait une dose de Penthotal, accompagné d’un prêtre, quand l’Église, à cette époque, pensait que c’était « la mort la plus chrétienne possible ».

L’Église qui prêtait ses domaines, voire une de ses îles, pour cacher les victimes de tortures quand venait dans le pays une mission d’enquête internationale.

Dans l’avion qui décollait, une seconde dose de sédatif assommait les encagoulés et l’équipage dénudait les corps. Direction sud-est, là où les eaux boueuses du Rio del Plata se fondent dans la haute mer.

A 3 000 mètres d’altitude, les détenus drogués étaient balancés dans le vide. Les courants marins emportaient les lambeaux des cadavres déchiquetés par la déflagration corporelle.

Tout, ou presque, disparaissait alors.disparus-argentine-gaby-12Ce qui revenait quand même sur le rivage était attendu par les militaires quelques jours plus tard, et était enfoui dans des fosses communes.

L’Ange blond, aujourd’hui en prison

disparus-argentine-gaby-4« Les disparus ? Quels disparus ? Mais où sont-ils… Ils n’existent pas ! » dira, triomphant, le général Videla, chef de la junte.

Le procès des tortionnaires argentins a pris du temps, avec l’impossibilité de dénoncer un assassinat sans le corps qui lui correspond. Pas de corps identifiés ? Donc, pas de « vols de la mort », pas d’homicides, pas d’assassins.

Il aura fallu convoquer des témoins, une fois passée la peur toujours existante des militaires dans ce pays. Et regarder en face l’Ange Blond, le capitaine Alfredo Astiz, bras armé de cette barbarie.

disparus-argentine-gaby-5Au moment du verdict qui l’a condamné à la prison à vie, le 8 avril 2010, il s’est levé. A ostensiblement mis sur sa veste une boutonnière aux couleurs de l’Argentine. « Si c’était à refaire, je le referai sans hésiter » sont ses dernières paroles entendues au tribunal.


disparus-argentine-gaby-9Sur les pas des disparus d’Argentine, livre DVD de Gaby Etchebarne et Audrey Hoc
Préface de Gabi Mouesca.

Editions Karthala, publié le 20 février 2015
180 pages, prix de vente 20 €

Ce samedi 4 avril à la librairie Eki de Biarritz, à partir de 18h, pour la projection du documentaire et la signature du livre.
Ce lundi 6 Avril au Biltzar de Sare.
Le 17 avril, à 18h30, à la librairie Elkar de Bayonne.


 

 


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