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T2 Trainspotting : 20 ans après, l’amitié ou la mort comme terminus mélancolique

1 mars 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Sur les écrans depuis ce mercredi, la suite du 1er opus porte dans son récit et sa facture l’acceptation que le temps a passé et qu’il ne sera plus jamais le même : à laisser ses personnages choisir la fin de leurs routes, Danny Boyle signe un beau film comme une offrande sans esbroufes à ses admirateurs inconditionnels.

L’écrivain écossais Irvin Welsh, à l’origine du film Trainspotting adapté en 1996 par Dany Boyle, avait choisi de reprendre contact 10 ans plus tard par un nouveau roman, Porno,  avec les vies de Mark Renton, Sick Boy, Begbie et Spud, protagonistes d’une furieuse et hallucinatoire plongée dans les affres de la drogue et les dislocations pop dance de l’époque.

C’est à une période plus longue de 20 ans que le cinéaste effectue un même retour sur les terres d’Ecosse, retrouvant des presque quinquagénaires après l’arnaque effectuée par Mark à la fin du premier opus, disparu avec leur pactole commun de 16.000 livres, leur credo « Choose life » transformant cette opportunité de refaire leurs vies en une trahison individuelle.

Le film débute donc sur un instantané de leurs vies, avec un Begbie toujours aussi psychopathe après 20 ans de taule, un Sick Boy encore embarqué dans des arnaques misérables, et un Spud se demandant si la solution pour ses proches (son ancienne petite amie et son fils) ne devrait pas opter pour une dernière sortie de route, un sac plastique asphyxiant autour du visage.

Les 20 ans qui ont passé ont donc une allure de désastres individuels, au milieu desquels Mark débarque sans crier gare, sans illusion non plus sur le risque réel de revoir ceux à qui, pour deux d’entre eux au moins, il a volé leurs vies autant que leurs parts.

L’attente était forcément grande pour les fans inconditionnels du premier Trainspotting, repère punk et trash d’une génération nourrie aux tubes anglais et à Iggy Pop, et après lequel l’esthétique du cinéma n’a plus jamais été pareille.

Le T2 admet cela, et plus encore, en reconnaissant que le temps a passé et qu’il ne sera plus jamais le même. Les personnages ont vieilli, et faibli, et le film accepte cette impossibilité de tricher avec un second opus qui aurait pris la même forme d’un déferlement clipesque.

Les personnages du passé interviennent sous la forme de cameos régulièrement posés à l’écran, sans compassion superflue pour ne pas donner à voir ce qui a été perdu, et reste désormais à reconstruire.

La dope a cessé d’être l’objectif commun, la grande question est de savoir, par l’arrivée de Mark, ce qui doit être récupéré.

L’argent pour Begbie, la vengeance pour Sick Boy, et une forme de célébration de ce passé pour celui qui est le personnage réellement central du T2, Spud, attelé à décrocher définitivement de la drogue par la rédaction de billets souvenirs sur ce qu’ils furent, et qui pourrait encore faire fierté.

Le film glisse alors vers un terminus mélancolique inattendu, débarrassé de toute nostalgie : il n’y a pas de seconde jeunesse au bout de la ligne, pas plus qu’un monde dans lequel ils auraient une place accueillante.

La mort ou une forme d’amitié à reconstruire sur les ruines du passé nourrit la construction d’un film à la recherche lui aussi d’une acceptation du temps, face à des spectateurs qui ont également vieilli de ces mêmes 20 années.

A admettre l’impossibilité de l’esbroufe, Danny Boyle construit une oeuvre assagie, où les musiques tonitruantes du T1 sont désormais remixées et ralenties dans ce T2, sans qu’il puisse être établi qu’elles soient moins intéressantes.

Film de retrouvailles lucides sur ce qui ne reviendra plus, ce T2 Trainspotting est parfois un peu étroit pour y faire rentrer toutes les attentes des spectateurs : il est suffisamment vaste tout de même pour saluer l’inutilité d’un T3.


T2 Trainspotting

Réalisé par Danny Boyle (Angleterre – 1h 57min), avec Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller, Robert Carlyle, …

Programmé sur la côte basque en VF et VO au Select St Jean de Luz et à MonCiné Anglet


 


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